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Tendance

Une loi universelle qui révèle un autre A.I. : l’Amour Inconditionnel

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Imaginez-vous loin. Très loin. Dans un petit village hors du temps et presque des cartes. Vous résidez dans une bourgade aux allures dessinées par votre imagination. Là-bas vous connaissez chacun des habitants. Le cours des choses ? La vie de tous les jours avec ses hauts et ses bas.

Puis, comme une rupture dans le quotidien, arrive un homme marqué par la vie, un inconnu égaré, les yeux fuyants. De quoi intriguer. Vous allez à sa rencontre et le questionnez pour faire connaissance, voire l’aider. Il a vraiment l’air perdu ce pauvre étranger, sans identité. Enfin, pas si pauvre, car il porte des habits de marque et exhibe à son poignet une montre clinquante. Où va-t-il ? Il ne le sait même pas. Il semble agité, il parait imprévisible. Vous choisissez de vous asseoir avec lui et de parler longuement. Vous déduisez que cet homme est désemparé, même s’il n’en a pas forcément conscience. Il répond aux questions, parfois, mais pas toujours. Effectivement, il ne sait pas où il va. S’il fait encore – semble-t-il – la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal, on sent le personnage égocentrique. Plus embêtant, il paraît relativement belliqueux. Au fil de la discussion, il avoue étonnamment des crises de démence par le passé mais il assure avoir tourné la page, avoir progressé. L’homme perçoit le malaise qu’il provoque par les traits de sa personnalité. “Vous me pensez dangereux ? Vous me croyez un peu fou et inconscient ? Mais le rôle que je viens d’interpréter est à l’image de l’humanité !” s’écrie-t-il pour mieux en rire. Et il quitte les lieux après avoir joué son tour. Car si l’humanité n’est pas que cela, la Sagesse n’est pas sa principale qualité. Parole de striatum (partie du cerveau qui encode la motivation) !

Ce (simple) récit détonne. Et dans sa capacité à interroger sur ce qui oriente l’humanité il rappelle quelque peu Rabia al-Adawiyya (714-801)… et son histoire de l’aiguille perdue. Cette fois il est question de la nature même de l’être humain.

Un soir, on trouva Rabia dans la rue, en train de chercher quelque chose sur le sol face à sa maison. C’était une vieille femme qui voyait mal. Ses voisins vinrent donc l’aider. “Que cherches-tu Rabia ?” lui demandèrent-ils. “Je cherche une aiguille”, expliqua la dame âgée. Ils commencèrent à l’aider, mais la mission était aussi grande que la rue, trop vaste, d’autant plus que la nuit était tombante. “Tu ne sais pas à peu près où tu l’as perdue dans la rue ? Cela parait compliqué de la retrouver”, disent-ils à Rabia après plusieurs minutes de recherche. “Je l’ai perdue dans ma maison”, répond la femme. “Mais alors pourquoi nous fais-tu chercher dans la rue ?”, s’agace un voisin en se redressant. “Parce qu’ici il y a encore de la lumière et qu’il n’y en a pas à l’intérieur, chez moi il fait noir”, dit Rabia en poursuivant sa quête les genoux dans la terre. “Mais enfin Rabia, tu as perdu l’esprit ! Rentre chez toi et allume une lampe pour la retrouver ! On perd notre temps dehors, l’aiguille n’y est pas…”, lance un autre décontenancé. Et Rabia s’esclaffe… avant de dire : “Ah, vous êtes plus malins quand il s’agît de choses triviales ! Pourtant je vous vois tous les jours chercher en dehors ce que vous avez perdu à l’intérieur.

Le décor est planté. Horizontalement puis verticalement.

  • Et si nous partions en quête de sens ?
  • Et si nous prenions du temps pour le faire malgré les activités de la vie quotidienne parce que c’est plus important ?
  • Et si nous sortions de la puissance des habitudes ?
  • Et s’il ne s’agissait pas que de jouir d’un certain temps dans notre précieuse existence humaine mais d’apprendre quelques fondamentaux ?
  • Et si nous percevions le doute fondamental ?
  • Et si nous cherchions enfin au bon endroit ?
  • Et si nous le demandions ?
  • Et si nous produisions cette effort en faisant le pas de côté nécessaire mais rien de trop ?
  • Et si nous tentions de penser intuitivement une loi observable dans un Univers pourtant invisible à 95% ?
  • Et si nous rêvions d’une harmonie qui nous dépasse ?
  • Et si nous touchions un principe primordial ?
  • Et si celui-ci était susceptible de décrire de manière cohérente l’ensemble des interactions fondamentales ?
  • Et si par une expérience de pensée nous partions en toute simplicité (en écartant donc l’ego) en quête d’une Vérité absolue ?
  • Et si au delà de l’observation directe et de la rationalité dictée par la société on pouvait trouver un équilibre par le biais de lois scientifiques intelligibles ?
  • Et s’il était justement fondamental de s’élever au-dessus de sa condition de mortel tout en l’assumant ?
  • Et si essayer de comprendre un peu était tout simplement source d’enchantement ?
  • Et si la connaissance était un moyen et pas un but ?
  • Et s’il fallait passer par une désaliénation du matériel ?
  • Et s’il fallait associer le monde sensible au monde des idées ?
  • Et s’il fallait imaginer plutôt qu’observer ou déduire pour trouver ?
  • Et s’il fallait appréhender un vaste Tout ?
  • Et s’il fallait tout simplement prendre conscience ?
  • Et s’il fallait remettre le cœur au centre de tout ?
  • Et s’il fallait s’effacer et éprouver une unité primordiale ?
  • Et s’il fallait primordialement ÊTRE ?

Le fruit a-t-il conscience de la racine ?

Débutons par des observations, qui ne sont pas des vérités absolues ou des expressions d’aigreur. Elles s’espèrent simplement lucides et objectives. Nous vivons à priori dans une société globalement matérialiste dans laquelle le patrimoine, le paraître et/ou le pouvoir sont considérés comme fondamentaux dans la réalisation d’une vie d’être humain. Nous vivons ici dans une société agitée qui accorde souvent au moins autant d’importance au verbe avoir qu’au verbe être.

Une volonté (réflexe) d’avoir que nous pouvons qualifier de court-termiste (car à l’échelle d’une vie humaine qui ne pense qu’à sa propre survie), d’autant plus qu’elle semble nier la mort (“l’âme hors” dans la langue des oiseaux) et se décomposer devant sa perspective. Cette approche tend à déclasser la qualité d’être afin de donner la priorité aux moyens d’avoir. La socialisation – qui en d’autres temps était un moyen de survie décisif (la tribu) – en est un. Cette majoritaire quête individuelle oublie le cycle de vie et rêve même d’hybridation croissante de l’humain avec la machine puisque seule la matière existerait. L’idée obsessionnelle étant d’allonger la vie, toujours plus, tout en rêvant d’immortalité, tout en refusant que le “je” sorte du jeu. Et dans cette perspective il faudrait consciemment et inconsciemment toujours plus avoir.

Nous observons également une humanité qui sans autre raison que sa quête d’avoir – alimentée par le striatum (sous le cortex) – baigne stratégiquement dans des hiérarchies fumeuses et violentes au sein de son espèce à partir de critères jamais choisis comme le genre, la couleur, l’origine, l’âge, l’orientation sexuelle, ou encore le handicap… Des formes de classement et de déclassement incompatibles avec la liberté, l’égalité, ou la fraternité mais qui justifieraient le fait d’avoir plus, et plus qu’un autre. Les féroces pratiques humaines interrogent même si le statut social a toujours été un garant de meilleures chances de survie. Et que dire du traitement infligé par l’Homme à ce qui n’est pas l’Homme…

En outre nous constatons un taux d’absentéisme métaphysique important et une approche globalement ego-centrée qui réduit le monde et même l’Univers à un environnement relativement identifié, qui réduit tout événement à des causalités et qui réduit toute trame à un flux de temps perceptible. Une approche qui croit pouvoir trouver des explications à tout et sur tout, mais qui oublie les bases… et évite soigneusement les étapes propices aux grandes réflexions existentielles. Une approche qui se traduit par une fuite en avant pour toujours mieux s’étourdir (dopamine chérie) et ne pas se poser les vraies questions. Celles qui permettent une forme d’éveil véritable décorrélée d’une quête de “bien-être” personnel motivée par une ambition égoïste et/ou centrée. Souvenez-vous le sens du mot divertissement : ce qui détourne quelqu’un de l’essentiel. Et remarquez que le divertissement est devenu… une industrie. Une industrie massive galvanisée par la révolution numérique. Attention, il n’est pas question ici, dans ces lignes, de faire la morale, de donner la leçon, ou de critiquer. De toute manière, l’effet serait nul, et la démarche inutile.

Non, ici il s’agît de vous proposer un autre angle de vue, le pas de côté, celui qui donne une autre perspective, une autre grille de lecture qui ne se veut ni marginale ni rebelle. Il s’agît de mettre en lumière également l’attention et l’intention qui ouvrent une porte vers de nouvelles perspectives.

Des sagesses ancestrales aux sciences modernes en passant par la philosophie, un point commun s’offre, un point comme un. Nous sommes des fragments, nous sommes des cellules vivantes de l’Univers, comme notre corps compte des milliers de milliards de cellules qui forment les tissus et les organes. Et ce n’est pas un vague discours. Cela change tout. Véritablement. Avec le renfort d’Albert Einstein, Max Planck, Carl Gustav Jung, et bien d’autres, nous allons tenter modestement un décryptage.

Il mènera au bien “Être”, qui n’est pas le “bien-être”. Car disons-le, l’objectif ici n’est pas d’apprendre à se sentir juste mieux dans sa peau ou de trouver des recettes ponctuelles pour se procurer des doses de bonheur. Il s’agît d’aller (simplement) bien au delà, jusqu’au point comme un. Et ce n’est pas “suivez le guide”. Il n’y en a pas ici. La consigne est plutôt : persévérez… Percez et vous verrez.

Persévérez / Percez et vous verrez

Souvenons-nous de la légende arthurienne du Roi Pêcheur qui met en scène le chevalier Perceval. Parce qu’elle illustre par exemple une forme de renoncement trop courant. Ou une indifférence. Ou un aveuglement. Ou un oubli. Car une question et une démarche essentielle sont souvent mises de coté : pourquoi ?

Pas le “pourquoi” né d’une faim de curiosité dans la vie de tous les jours. Non, celui qui est trop souvent happé par le train du quotidien. Nous évoquons ici le “pourquoi” plus vaste et plus fondamental. Celui qui crée du lien et donne du sens.

Rappelez-vous l’épopée de Perceval (celui qui “perce le voile” de l’ignorance et de l’illusion), parti à l’aventure sur sa monture. Il arrive sur des terres sinistrées, dans un environnement qui semble sans vie. Comme si la nature souffrait de dépression. Les maisons ne semblent pas réellement habitées. Le chevalier aperçoit un vieil homme en train de pêcher dans une rivière relativement asséchée. Il se rend auprès de cet ancien qui se trouve être le Roi. Le souverain est un homme malade de ses blessures qu’il ne parvient à guérir. Un état qui rejaillit sur son royaume, sinistre. Le Roi déprimé se contente d’aller à la pêche alors qu’il sait qu’il n’en ramènera rien.

Malgré son état, en homme de qualité il offre à Perceval gîte pour la nuit et couvert en son château. Ce que le jeune homme accepte même si le chemin pour s’y rendre est ardu. En effet, il faut passer par une faille rocheuse (trop étroite pour qu’un ego vigoureux et incompatible avec une quête initiatique ou une évolution spirituelle ne s’y glisse). Si le château est magnifique et contraste avec le reste du royaume, ses habitants semblent malheureux. L’endroit n’est que silence et tristesse. L’heure du dîner arrive, Perceval en tant qu’invité d’honneur prend place à côté du Roi. Étonnamment, les nombreux mets sont raffinés, le vin est divin. Le repas contraste avec la déprime prégnante. Mais il n’apporte aucune joie auprès de la cour.

Surprise, un merveilleux et curieux cortège traverse la salle. Il est composé en sa tête d’un jeune homme blond, tout de blanc vêtu. Il tient une lance sur laquelle glisse un peu de sang. Suivent deux jeunes hommes tenant des chandeliers d’or. Derrière eux, une femme d’une incroyable beauté avec un plateau d’argent aussi remarquable que flamboyant, sur lequel se trouve une coupe d’or sertie de pierres précieuses. Cette coupe rayonne et diffuse les plus envoûtants reflets de lumière. Le cortège passe une fois, Perceval n’ose parler. Puis une deuxième fois. Puis à une troisième reprise. Le chevalier n’ose interroger le Roi pour comprendre la motivation de ce cortège atypique et inattendu. Pourtant, à chaque passage, les lamentations se font plus fortes à table et les pleurs plus nombreux. Mais non, notre héros bien qu’incommodé ne demande pas d’explication. Il choisit la facilité et ne cherche pas à comprendre le sens de tout cela. Après ce bien étrange dîner, Perceval rejoint sa chambre pour la nuit.

Le lendemain matin le chevalier découvre un château désert. Il retrouve son cheval dans l’écurie et quitte les lieux. Sur le chemin, une cavalière fonce vers lui et l’interpelle. “Tu es un mauvais chevalier ! Pourquoi n’as tu pas demandé au Roi ce qu’était ce cortège ? Cette simple question aurait provoqué sa guérison et redonné vie à notre cité ! Mais tu n’as rien fait, tu n’a porté aucun intérêt ! Va maintenant vivre tes aventures, mais que ta conscience ne trouve pas de repos tant que tu n’auras pas réparé ta mauvaise action !” Puis elle repart aussi promptement.

Désigné coupable par cette femme venue de nulle part, Perceval entend retourner au château du Roi Pêcheur afin de corriger son erreur, afin de porter attention à ce qui était sous ses yeux, faire preuve de compassion, et libérer le Roi de sa souffrance et le royaume de sa petite mort. Mais il se perd. Il ne retrouve pas le fameux château.

Plus tard, Perceval raconte cette histoire à la cour du Roi Arthur. Tous les chevaliers décident de partir au secours de ce royaume dévasté par la douleur de son Roi. Et c’est Perceval qui est le premier à le retrouver. De nouveau invité au dîner du château, il ne manque pas l’opportunité au passage du cortège et demande au Roi son sens. Ce simple “pourquoi ?” venant du cœur redonne comme par magie (car l’âme agît) la vitalité au souverain, au pays, aux siens.

Le Roi Pêcheur révèle à Perceval que la coupe est le Graal. Cet objet qui représente dans son interprétation moderne un objectif difficilement réalisable, mais qui apportera au monde de nouvelles connaissances ou permettra une application originale sur la matière. D’ailleurs on qualifie la théorie de grande unification (théorie du Tout) de “Graal des physiciens”. Le Graal, le Tout… retenez cela. L’essence de l’Homme est le questionnement dynamique. Encore faut-il qu’il soit motivé par un bonne intention et porté par une véritable attention.

Symboliquement, cette légende explique que, sans ouverture à une quête de sens et sans cœur, tout se déprime. Elle explique qu’on choisit de demander. Il faut aspirer à la Connaissance et à la compréhension de l’Amour Inconditionnel au delà des apparences trompeuses. Cette histoire invite à tendre vers la découverte de la quintessence. Car c’est sur ce chemin que chacun peut trouver sa place. Dans cette histoire du Roi Pêcheur, la cité périssait à cause d’une confortable indifférence, à cause d’une négligence en termes d’attention et d’intention. Et pourtant le Graal, ce trésor merveilleux, était juste là, à portée. Encore faut-il tendre vers lui. Par un “pourquoi” qui n’apporte pas une réponse construite sur une induction ou une déduction, mais qui vous montre la voie. Persévérez ! Percez et vous verrez !

C’est avec cet état d’esprit que je vous propose de partager un vaste “pourquoi ?” par l’intermédiaire de ce texte qui n’est pas une affirmation individuelle ou une démonstration mais une ouverture, une proposition au delà du discours philosophique. Ensemble persévérons même si aucune parole ici n’est frappée du sceau de la Vérité. Toutes les affirmations sont autant de conditionnels. C’est dit. Quoi qu’il en soit, enrichissons-nous mutuellement en ouvrant notre for intérieur. Car si la matière est la partie périssable de l’Homme, l’essentiel est ailleurs. Bien qu’intime cet essentiel ne demande que transmission. Car les Hommes bien que liés, ne transforment qu’eux-mêmes et par eux-mêmes. Il convient donc de se proposer avec cœur des éléments, des outils, de l’information, des pensées, du lien, afin de déblayer le chemin, même si tout cela n’est peut-être qu’un songe. Ici vous lisez un texte dynamique qui se transforme, qui tente de s’enrichir, qui évolue, qui tend à s’appuyer sur des philosophies, sciences physiques, mathématiques, sagesses, arts, sur de la cosmologie, de la sociologie, etc. Cette quête proposée ici avec des mots est un rapport actif au monde, et il vient d’une porte intérieure. Oui, c’est une dynamique intérieure qui s’offre, ce sont des pas qui s’enchaînent sur un chemin. Notre Connaissance n’est pas figée, elle est impermanente, alors pourquoi tenter de la présenter de manière invariable à force d’arguments ? Car au bout du bout, il ne s’agît pas d’avoir ni de savoir mais d’ÊTRE. Non, il ne s’agît pas de déduire mais d’être véritablement disponible, attentif, pour recevoir.

A cet instant de ma rédaction, mon bureau vibre par la magie de la Toccata et fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach. Cette œuvre qui touche au sublime, nous sommes nombreux dans une génération à l’avoir connue, enfant, par le biais d’un dessin animé nommé “Il était une fois”. Alors…

Il était une fois l’Univers (auquel nous appartenons)

L’immense majorité de l’immense l’Univers demeure invisible à nos yeux. Il est composé à 95% de matière noire et d’énergie noire (“noire” parce qu’invisible). Et aujourd’hui la science ne sait pas trop de quoi il est question. Sauf que nous percevons leur présence par leurs effets gravitationnels sur la matière ordinaire (les 5% restants qui sont visibles) ou l’Univers dans son ensemble.

Comprendre cette énergie et cette matière omniprésente bien qu’invisibles à nos yeux, c’est comprendre le destin de l’Univers et trouver du sens… en partie la quintessence. Notamment, l’énergie noire qui représente à elle seule 70% du contenu énergétique de l’Univers. Oui, il y a du sens là-dedans et certainement de grands secrets existentiels. La matière noire crée du lien dans l’Univers, sans elle il ne serait que chaos, sans elle l’Univers serait inhabitable. La matière noire traverse et façonne les planètes et les étoiles. La matière noire est le ciment de l’Univers.

Depuis 1929 et les observations d’Edwin Hubble, on sait que l’Univers est en expansion. On suppose (la question est encore ouverte) qu’il part d’un Big Bang il y a 13.8 milliards d’années. En fait, tout partirait d’un point : “l’atome primitif” qui se lance dans expansion effrénée sous l’action de l’énergie noire.

La question de l’origine de l’Univers reste ouverte, car si les chercheurs arrivent à “remonter le temps” dans leurs observations à 10-43 seconde après le Big Bang, le t=0 reste inaccessible. Les équations présentent alors une singularité (comme avec tout trou noir), c’est à dire que la température et l’intensité deviennent infinies ! C’est le “mur de Planck”, les équations s’effondrent car il faudrait que la théorie de la gravitation s’unisse à la physique quantique pour aller plus près du zéro. La densité, la température deviennent telles qu’on ne peut plus calculer. Pire, les ébauches jusqu’ici d’unification de la relativité générale et de la physique quantique qui permettraient d’atteindre l’instant zéro… déplacent l’instant zéro. Et puis penser l’origine de l’Univers… c’est aussi penser l’avant… donc l’absence de l’Univers. Il faut donc penser le néant alors qu’on ne peut pas le penser sans lui accorder un statut qu’il ne peut avoir puisque c’est le néant… Compliqué. Nous sommes à la limite de l’aporie (contradiction insoluble dans un raisonnement). C’est pourquoi certains préfèrent parler de “non manifesté” plutôt que de néant.

Donc s’il y a une origine de l’Univers mais pas d’instant zéro, c’est qu’il y a forcément quelque chose d’autre. L’instant zéro serait donc une transition, un rebond, une semence, ou une transcendance. Ou tout aussi possiblement il n’y a ni début, ni fin. Car la notion de flux de temps est plus que discutable… puisque humaine (nous y reviendrons). Et enfin qui nous dit qu’il n’y a qu’un seul Univers ? Je vous renvoie vers la théorie des multivers qui pourrait expliquer aussi l’existence des trous noirs, ou à votre intuition. Ou encore à des sagesses ancestrales qui évoquaient (à des périodes où l’on ne connaissait même pas la notion de galaxie) des milliards d’univers liés par paires dans Un grand Tout. Ce qui voudrait dire que notre Univers a un jumeau, comme le positron est l’antiparticule de l’électron. Beaucoup de questions restent donc ouvertes. Et le Big Bang pourrait représenter les limites actuelles de la construction théorique.

C’est donc à partir de 10-43 seconde après le Big Bang que la science constate le début de l’expansion accélérée de notre Univers à partir d’un unique et minuscule point: on l’appelle “l’inflation cosmique.” Depuis 1998, on sait que cette expansion est de plus en plus rapide. Tout part donc d’un petit point qui reste un objet et qui n’est pas une enveloppe.

Ceci est fondamental ! Toute l’histoire se construit à partir d’un petit point, un atome primitif (répondant aux principes de la mécanique quantique), qui reste un objet (plein) et qui n’est pas une enveloppe (avec du vide). Notre Univers est un objet, pas une enveloppe : nous ne sommes pas DANS un Univers, nous faisons PARTIE de notre Univers. Et il est quantique par nature. Et jamais vide.

Ajoutez à cela que l’Univers – que nous constatons – est homogène (de même nature, uniforme) et isotrope (qui présente les mêmes propriétés dans toutes les directions), et bien le cocktail est relevé ! Car cela veut dire qu’ici chaque chose (donc chacun d’entre nous pour revenir à des considérations humaines) est liée, interconnectée, possède intrinsèquement les mêmes informations fondamentales, et est mue par la même énergie vitale. A savoir pour beaucoup la fameuse énergie noire qui permet l’expansion de l’Univers et qui le rend habitable malgré le chaos ambiant.

Rappelez-vous, l’expansion accélérée de notre Univers est provoquée par l’énergie noire via une gravité répulsive. Mais on ne sait pas ce qu’est cette énergie noire, invisible. Si ce n’est un vide qui ne l’est pas énergétiquement. Elle est partout dans l’espace et ne se dilue pas malgré l’expansion. “Elle est présente entre les galaxies. Elle est présente dans cette pièce. Nous pensons que dans tout lieu, où il a du “vide”, il y a inévitablement un peu de cette énergie noire” , expliquait Adam Riess,  astrophysicien et cosmologiste qui fait partie de ceux qui ont mis en évidence en 1998 le phénomène d’accélération de l’expansion de l’Univers.

L’astrophysicien français David Elbaz établit un analogie intéressante. Un arbre comme le chêne est composé des mêmes proportions que l’Univers. L’énergie noire correspond au tronc (70% du poids du chêne), la matière noire aux branches (25% du poids), la matière ordinaire aux feuilles, c’est à dire les 5% restants. En tant qu’être humain nous ne voyons et connaissons que les feuilles du chêne Univers… la matière ordinaire. C’est bien peu. Si on détache une feuille de l’arbre, elle meurt. De la même manière, si on détache la matière ordinaire de la matière noire, elle meurt. Si on prend deux feuilles séparées d’une certaine distance, lorsque la branche grandit, ces deux feuilles s’éloignent. Si on prend une feuille deux fois plus loin, avec la croissance de la branche, elle s’éloigne deux fois plus vite parce que chaque morceau de branche grandit d’une même entité. Et si vous prenez le tronc, il pousse le tout à s’agrandir plus vite, cela… telle l’énergie noire. “Donc l’arbre suit la règle de Hubble. Il suffisait de prendre un arbre comme le chêne pour tout comprendre sur l’Univers !” constate le scientifique du CEA.

“Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, assurait Hermès Trismégiste il y a plus de deux mille ans. Et comme toutes les choses sont sorties d’une, à travers la pensée de l’Unique, de même toutes choses sont nées de cette chose unique, par adaptation.” Intéressante concordance. Et ce n’est que le début…

Toutefois, faisons une mise au point : l’Homme n’est pas central dans l’Univers et encore moins une finalité. Il n’est ni auteur ni chef d’orchestre. Il est une forme d’existence endogène au sein d’un ou plusieurs Univers avec une forme de conscience inaboutie. Pour preuve l’anthropocentrisme qui est surtout l’expression de l’orgueil d’une espèce dotée d’ego et qui justifie ainsi le fait de tout accaparer en meute aux dépens des co-habitants de la planète. Sans y trouver paix, joie ou bonheur par ailleurs.

Au passage, il est amusant de constater que dans les considérations générales – comme dans les représentations artistiques – l’Univers est synonyme d’étoiles, de calme, de vide, de paix, alors que le chaos tend à y régner… L’Univers s’oppose à ce que nous percevons spontanément avec nos sens de Sapiens. Le vide que nous croyons voir est saturé, ultra plein de matière et d’antimatière.

Quoi qu’il en soit, on peut affirmer qu’il manque un concept universel à la cosmologie qui permette une théorie homogène et une juste perception de l’Univers. Des surprises sont à venir dans notre perception de l’Espace aux interactions invisibles mais réelles, hors des notions dissociées d’espace et de temps.

Notre conscience

Il est bien compliqué de définir le mot “conscience” puisque l’exercice revient ici à demander à une conscience de s’auto-définir… Ce qui est purement subjectif. D’autant plus que la conscience est une affaire intime qui touche au sensible. Et puis nous avons là une notion centrale pour nombre de disciplines (neurosciences, philosophie, psychologie, sciences sociales ou encore les spiritualités). Difficile donc de se baser sur une définition incontestablement satisfaisante.

On dira ici pour tenter de faire simple et surtout s’offrir un postulat que communément on peut entendre la conscience comme un ensemble par rapport à une intériorité : un ensemble comprenant la conscience du monde (et de l’Univers), la conscience de soi, et la conscience de soi dans le monde (et l’Univers). Cela étant possible par le biais d’outils que sont nos cinq sens et par une forme d’éveil (qui n’est pas réservée à l’humain par ailleurs mais au domaine du vivant).

On précisera que toute perception n’est pas brute mais conditionnée par l’héritage de l’évolution, l’éducation, l’état psychique, l’humeur du moment, les apprentissages, le parcours de vie, etc. Donc une kyrielle de facteurs qui sont autant de filtres dans la conscience du monde, la conscience de soi, et la conscience de soi dans le monde. Sans oublier le travail permanent de notre cerveau qui est à 98% inconscient. Cela pour nous donner une version simplifiée de ce que nous pensons être la réalité sans percevoir qu’il s’agît juste d’interprétations ou d’affabulations. Le cerveau s’emploie à nous donner ce qui à l’étoffe d’une histoire authentique qui s’écrit en permanence dans un trame causale. Le rêve étant son pendant car même s’il est lié à la conscience il donne lui ce qui à l’étoffe d’une histoire imaginée, sans contrainte d’apparence de réalité ni causalité. Le cerveau génère également (quand il ne dysfonctionne pas) les motivations et mécanismes de survie au sein même du récit qu’il produit.

Autre point, il faut comprendre la conscience d’une manière assez large car elle n’est pas le fruit d’une cognition qualitativement de haut niveau, contrairement à une idée répandue, mais plutôt une expérience. D’ailleurs, chez l’humain, la conscience de soi pourrait se limiter à la perception par le cerveau des battements du cœur… Ce qui n’est pas anodin non plus puisque les organes se synchronisent par rapport au rythme cardiaque. Le cœur est le chef d’orchestre du corps, il est la clé, et il est le lien, comme nous le verrons.

Enfin, posséder une conscience n’est pas une propriété humaine. Et nombre d’observations comportementales montrent par ailleurs qu’une multitude d’espèces développent une “théorie de l’esprit”.

Tout ceci étant précisé, au sein de l’expérience de conscience il y a la petite étincelle qui peut être comprise et pensée comme synonyme de vie intérieure en interaction avec l’extérieur au delà du processus de métacognition cher à l’humain (c’est à dire penser sur ses propres pensées, avoir un retour réflexif sur soi-même).

En latin classique “conscientia” signifie “connaissance en commun” ou “avec une connaissance”. Une connaissance en commun, une richesse immatérielle universelle qui est là, partagée, accessible par interaction, par connexion. Une Connaissance qui n’est pas à découvrir dans un grand livre déjà écrit par d’autres, mais qui s’offre dans un terreau commun.

Voilà en tout cas qui peut renvoyer à l’approche holistique de civilisations ancestrales ou au monisme (physicaliste, idéaliste, dualiste ou neutre), ce principe philosophique avec plusieurs nuances qui dans sa version moderne soutient le postulat d’unicité de la substance qui compose l’Univers. Ce qui est constaté scientifiquement depuis Albert Einstein. Ne nous lassons pas de le dire : l’Univers est un objet et pas une enveloppe. Il n’y a pas de vide, tout est plein. Nous ne sommes pas dans un Univers, nous sommes partie intégrante d’au moins un Univers, d’un Tout.

Ce que le pré-socratique Parménide (-VIe siècle avant J.-C.) pressentait avec une philosophie de l’harmonie universelle. L’homme sage doit trouver sa place dans le Cosmos, faire partie du Tout Universel, et plusieurs chemins s’offrent à lui, expliquait-il. “Il faut que tu connaisses toutes choses, et les entrailles incorruptibles de la vérité persuasive, et les opinions des mortels qui ne renferment pas la vraie conviction”, écrivait Parménide. Autrement dit, il faut connaître à la fois la vérité absolue, brute et primordiale du Tout universel et la vérité relative des humains qui composent avec ego, mental et émotions. “Être” est le préalable de la pensée éveillée. Une pensée alignée. La Vérité universelle se perçoit dans les entrailles. Le Tout se découvre au plus profond de l’indicible. Il se cherche en soi. Et se trouve là où le sens l’emporte sur le non-sens et l’être sur le néant.

Ouvrons une parenthèse sociétale pour remarquer que la “tendance” affirmée chez nos contemporains est à la dissociation (distinction par le “je suis différent”) et à l’opinion (“moi je sais”) construite par une supposée perception qualitative (“ce que je vois moi est la vérité”)… Ce qui répond au double besoin de se sentir singulier et de se projeter comme une plus-value au sein du groupe. La tendance majoritaire dans notre société est de s’écarter de l’Être pour privilégier l’opinion dans une forme d’exaltation, par le débat par exemple. Il s’agît globalement d’imposer son auto-narration inspirée par le mental et l’ego sachant que potentiellement ce qui dans l’opinion d’autrui ne collera pas assez à la ligne directrice auto-fixée provoquera des émotions diverses et variées, puis des réactions qui engendreront possiblement un cercle vicieux. Cet ensemble de pensées collectives et singulières constituent la vérité relative. Celle des interprétations. Nous baignons dedans mais elle ne renferme pas “la vraie conviction”. Par définition, elle n’est pas la vérité brute qui est universelle. N’oubliez pas la consigne : Persévérez. Percez et vous verrez.

Précisons avant de poursuivre : chercher en soi, ce n’est pas se lancer dans une analyse psychologique. Ce n’est pas se lancer dans une thérapie pour remettre de l’ordre. Ce n’est pas faire une introspection pour démêler le pourquoi du comment ou établir des causalités. Ce n’est pas cristalliser des problèmes par le Verbe. Ce n’est pas non plus comprendre comment s’est construite la prison dans laquelle on peut se sentir emprisonné(e) mais de s’en évader sans chercher un démantèlement pierre par pierre. Chercher en soi, c’est se détacher de l’ego – certes structurant lors de sa première partie de vie – et du mental pour se rapprocher en adulte de l’essentiel, dans un deuxième puis un troisième temps, ce dernier permettant d’éprouver LE lien organique, car l’Homme et l’Univers sont de même nature.

Chercher en soi n’est pas exclure ce qui est extérieur. Non, c’est chercher la synthèse, l’osmose (l’influence réciproque, l’interpénétration) depuis notre place qui – si modeste soit-elle dans l’objet Univers – est le point d’où nous pouvons prendre conscience d’Être. La porte menant à la Connaissance est en nous. Mais il faut fermer une autre porte, celle de l’auto-narration, celle de l’histoire écrite à base de causalités dans un monde des conflits par le mental et l’ego, les deux n’étant pas avares quand il s’agît de produire des obstacles intérieurs.

Que répondez-vous si on vous demande de vous présenter ? Vous donnez votre nom, votre situation maritale, votre âge, votre profession… vous parlez parcours et biographie pour vous placer sur la carte sociétale. Satisfaisant ? Réel ? Est-ce cela que vous sentez au plus profond de vous ou ces données ne sont que périphériques ? Votre place dans la société, est-ce cela qui vous fonde et vous anime ?

Le précepte delphique “Connais-toi toi-même” mène ailleurs : aller toucher ce que par essence chacun peut porter en lui dans ses tréfonds : “Connais-toi toi-même”… “et tu connaîtras l’univers et les Dieux”. Ce que l’on retrouvera autrement chez Carl Gustav Jung : “Tu n’y verras clair qu’en regardant en toi. Qui regarde l’extérieur, rêve. Qui regarde en lui-même, s’éveille.” Les vraies lois se découvre à l’intérieur, l’illusion est à l’extérieur.

“L’imagination (du latin imaginatio, “image, vision”) est plus importante que la connaissance. Car la connaissance est limitée, tandis que l’imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l’évolution”, disait Albert Einstein. Par imagination il faut entendre les représentations imagées générées par l’esprit, et non pas par les yeux. C’est à dire, ce qu’il est possible de trouver au plus profond, dans ses propres entrailles, comme un trésor, grâce à l’inspiration, l’attention et l’intention. L’imagination peut créer mais peut aussi révéler. Car souvent nous ne mesurons pas le sens de ce qui nous arrive par manque d’attention. Nous n’en avons pas conscience. Or l’attention est le déclencheur et l’intention le garant.

Expérience de pensée

J’espère que cette lecture se déroule bien, qu’elle vous est assez agréable. Poursuivons avec ce pas de côté qui donne accès aux vraies lois.

“La connaissance s’acquiert par l’expérience (de pensée), tout le reste n’est que de l’information”, disait le fameux et incroyable Albert Einstein. Décryptons.

La physique moderne est née avec des acquis mais sans données, sans informations. Elle est née dans l’esprit d’hommes brillants avec l’aide d’une méthode atypique : l’expérience de pensée (thématisée par Ernst Mach). C’est à dire “une manière de résoudre un problème en utilisant la seule puissance de l’imagination humaine parce que les conditions de l’expérimentation ne sont pas réalisables”, comme la définit Wikipedia.

Pour faire simple, il s’agît de se dire : “que se passerait-il si… ?” Et d’essayer d’apporter – en se laissant porter par son esprit – des réponses viables qui peuvent aller au-delà de ce que nous observons. Donc par l’imagination. Car “le monde s’oppose à ce qu’il nous montre spontanément”, souligne Etienne Klein, brillant philosophe des sciences chez qui je pioche la partie historique suivante :

On nous dit à l’école que les faits sont premiers, a observé Etienne Klein. On nous apprend aussi que s’il y a une contradiction entre les faits et les lois, c’est que les lois sont fausses. Mais ce n’est pas… si vrai. Toutes les lois de la physique moderne contredisent les informations perceptibles. Elle sont cachées derrière les phénomènes observés et les contredisent. Pour les trouver, il faut s’écarter du réel empirique – qui reste toujours l’objet d’interprétations – et faire des hypothèses. Et ensuite les tester spécifiquement. Il faut réussir à imaginer ce qu’on ne voit pas. Et même par exemple penser le principe d’inertie qui ne s’applique nulle part dans l’Univers puisque le vide n’existe pas. On ne trouve du vide nulle part. Il y a de la gravitation partout.

Penser le vide, c’est ce que Galilée a pourtant fait. Ce qui lui a permis d’énoncer la théorie de la chute des corps en 1604. Ce physicien et astronome a remis en cause les idées reçues par l’observation de la nature et les idées d’Aristote en la matière. Est-ce qu’au XVIIe siècle on peut mesurer la vitesse d’un corps qui tombe ? Non. Sait-on alors si le vide existe ? Non. La loi de Galilée ne résulte d’aucune information. Comment peut-on élaborer une loi contredite par les faits observables dès le départ ? Comment peut-on concevoir une loi au XVIIe siècle que même des algorithmes actuels ne pourraient trouver ? Par un stratagème, à savoir l’expérience de pensée, en imaginant la fiabilité d’une loi dans un contexte supposé.

Les corps les plus lourds ont tendance à tomber plus vite que les plus légers. C’était la vérité acceptée avant Galilée. Celui-ci laisse tomber une pierre dans de la mélasse, une autre dans de l’eau, une autre à l’air libre. Evidemment les vitesses ne sont pas les mêmes. Et il se demande : et s’il n’y avait rien, du vide… quelle serait la vitesse de chute de la pierre ?

Comme il ne peut expérimenter dans du vide, il doit le penser. Comme à l’époque l’Eglise envoyait vite sur le bûcher, il a pris la précaution de démonter au préalable l’idée qui voulait que les corps les plus lourds tombent plus vite que les plus légers. Il l’a démontée avec l’hypothèse suivante : si on attache une grosse pierre avec une ficelle à une petite, le poids est plus grand. Donc l’ensemble doit tomber plus vite, si l’on suit le postulat d’Aristote. Mais ce même postulat nous dit que la pierre plus légère va provoquer un effet parachute et ralentir la plus grosse. Le postulat se contredit. Il ne fonctionne pas car il dit que la grosse pierre va tomber plus vite ET moins vite. La solution: tous les corps tombent à la même vitesse dans le vide. Ce qui n’empêche pas qu’il y ait d’autres forces liées à la présence de l’air qui font qu’une feuille de pommier ne tombe pas à la vitesse d’une pomme. Galilée conçoit une loi juste en imaginant du vide qui n’existe nulle part. Il a fait un pas de côté.

Revenons à Albert Einstein. Il propose en 1915 une théorie de la gravitation générale. Cette même théorie qui a permis de déterminer les ondes gravitationnelles en 2016, un siècle plus tard. C’est la théorie d’Einstein qui, aujourd’hui, permet de faire de la cosmologie et de concevoir l’Univers comme un objet physique. L’Univers devient un objet avec des propriétés globales et non plus une enveloppe. Mais, en 1915, que savait-on de l’Univers ? On ne savait pas que l’Univers était en expansion. On ne savait même pas qu’il y avait d’autres galaxies (il y en a plus de 2000 milliards)… Par rapport à ce qu’on sait aujourd’hui, il n’y avait quasiment aucune donnée. Mais il l’a pensée. Il a fait un pas de côté.

La mécanique quantique a été formalisée dans les années 20. C’est celle qu’on utilise aujourd’hui pour définir la matière. Les découvertes qui ont suivi n’ont jamais remis en cause les principes initiaux. Que savait-on dans les années 20 sur la matière ? Très peu de choses… La mécanique quantique est née sans données. Avec un pas de côté.

« La Connaissance s’acquiert par l’expérience de pensée, tout le reste n’est que de l’information. » Il est fascinant de constater qu’on peut viser plus juste avec une expérience d’imagination. Par un état modifié ou altéré de conscience. En faisant un pas de côté. En cherchant en soi.

La Connaissance – par opposition au Savoir qui est donné comme un acquis établi par la communauté – est un rapport actif au monde, dynamique, intérieur. Il demande attention et intention. L’inspiration s’enclenche ensuite.

Autre exemple, Démocrite qui aux alentours de 440 avant J.-C., a pensé l’atome face à la mer et inventé le terme (a-tomos pour indivisible) en visualisant qu’un corps ne pouvait être divisé à l’infini. Ou sinon l’Univers et un simple grain de sable contiendraient également une infinité de mondes… Cette idée est née il y a 2500 ans environ par une expérience de pensée, par une inspiration face à la mer, le sable et le Cosmos.

Faisons une parenthèse, une halte. Nous ne sommes pas loin ici de la Gnose, avec la Connaissance qui est au-delà du perceptible, du Savoir, et qu’on peut trouver en soi. La Connaissance qui permet de s’ancrer et de s’élever. Pour Platon, la Connaissance ne peut être qu’immuable, et l’âme a cette Connaissance absolue, cette sagesse. Fin de la parenthèse. Reprenons.

Pour penser l’imperceptible, il vaut mieux, comme nous l’avons vu, laisser de côté déterminisme et causalités : oublier la logique des horloges et privilégier la logique des nuages selon l’expression de Karl Popper. Ce que nous invite à faire la physique quantique. Le raisonnement par analogie, le symbolisme, l’association d’idées, permet d’avancer plus sûrement que la déduction. Vive la puissance de l’imagination !

double

Notre connaissance de l’Univers est très parcellaire. Mais elle est suffisante pour comprendre que l’être humain n’y est pas central. Pas même au niveau de la Voie Lactée… Alors pourquoi partir du principe prétentieux que nos sens  le toucher, la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe – seraient capables de nous dire tout ce qui se passe à l’extérieur ? Notre peau, nos yeux, notre nez, notre langue, nos oreilles sont des instruments fantastiques, mais ils sont limités. Ils sont adaptés à notre environnement, à notre contexte, pour en donner une représentation de l’extérieur, pas pour nous donner accès au réel. Soyons raisonnables. Comment un impermanent global composé d’un nombre inquantifiable de facteurs représentant autant d’incertitudes pourrait être capté par nos sens humains ?

Nous sommes juste adaptés à notre milieu, notre environnement, pour interagir avec la matière ordinaire composée d’atomes. Il y a de la matière sur notre peau, et pourtant nous ne pouvons pas la sentir… Existe-t-elle ? Oui. Mais “le monde s’oppose à ce qu’il nous montre spontanément”. Alors continuons d’avancer en mêlant – en toute humilité – savoirs supposés et surtout expériences de pensée. Le tout en misant sur notre patrimoine commun avec l’Univers puisque nous sommes partie de l’objet. Une chance. A ce niveau là, nos sens sont des outils pour imaginer, se connecter. Et c’est par l’imagination que certaines portes s’ouvrent, comme nous l’avons vu.

Puisqu’il est temps de tout reconsidérer et d’être en contradiction avec les habitudes trompeuses, penchons-nous “maintenant” sur…

Le temps

Le temps, est-ce un concept purement humain ? Le temps est-il une production de la conscience ? Le temps est-il linéaire et avec une flèche ? Le temps est-il une succession d’instantanés ? Existe-t-il sans la mémoire ? Et l’Univers, a-t-il une mémoire ? Nous pourrions encore aligner les questions… Tentons des réponses.

Les scientifiques établissent en général que l’Univers a un âge au moins égal à 13.8 milliards d’années, et que la Terre s’est formée il y a 4.45 milliards d’années. Des chiffres parmi d’autres qui valident la notion de temps et de grande horloge. La fréquence d’oscillation de l’atome de césium étant la garante officielle du flux de temps dans le monde. Ou plutôt de l’heure. Car les horloges donnent une heure sans dire ce qu’est le temps.

Le temps physique n’a pas les propriétés que nous attribuons d’ordinaire à l’idée de temps, avec un rythme, un sens (un passé gravé dans le marbre, un présent fugace et un avenir incertain) ou des cycles.

En physique, aucune notion ne correspond au passage du temps. Le flux du temps est irréel bien que le temps soit aussi réel que l’espace. L’espace et le temps sont non seulement relatifs mais en outre ils sont liés : ils ne peuvent pas être définis séparément et forment un continuum à quatre dimensions, l’espace-temps. Mais pour reconnaître le temps ou son absence dans des constructions mathématiques, ne faut-il pas déjà le connaitre ?

La supposée irréversibilité (un œuf cassé le restera) pourrait faire de l’écoulement du temps un aspect objectif. Mais comme nous l’avons vu précédemment, “le monde s’oppose à ce qu’il nous montre spontanément”. En fait, nous n’observons pas un temps qui passe, nous constatons un succession d’instantanés, des états du monde qui changent. La nuance est capitale. Une montre mesure la durée entre deux états comme le mètre mesure des distances.

Le fait que la mémoire soit unidirectionnelle (on ne se souvient que du passé) pourrait nous laisser croire que cette unilatéralité est un écoulement du temps. Mais comme tous les temps sont réels, il ne peut y avoir d’écoulement. Il s’agît de perception, de conditionnement. La flèche du temps est le fait de notre mémoire. La mémoire est une lanterne placée dans le dos qui n’éclaire qu’une partie du chemin. En outre notre mémoire enregistre des états en supposant des causes qui produisent des effets. Ces inductions et déductions ont pour but de donner une cohérence au récit vécu, du lien qui fait sens. L’Homme a besoin de certitudes dans son auto-narration.

Oui mais, la physique quantique montre que la nature est intrinsèquement indéterministe. Un électron qui entre en collision avec un atome peut rebondir dans n’importe quelle direction sans qu’on puisse la prédire. Ce qui contredit une systématique causalité. Et oui, l’observation de l’infiniment petit (atomes et particules) peut surprendre et modifier certaines logiques… Parce qu’un électron peut avoir une infinité de positions dans l’espace, jusqu’à ce qu’une, en particulier, soit mesurée.

L’expérience dite de double fente (considérée par beaucoup comme la plus belle de la physique) nous prouve que la mécanique quantique est fondamentalement probabiliste. Or nos logiques sont construites sur des causalités alors qu’il faut comprendre que la réalité ne serait qu’aléatoire, faite de probabilités. L’ordre est fondamentalement indéterminé. Il y a même une superposition d’ordres : si une cause produit un effet, un effet peut précéder une cause. Mais ce n’est pas tout, la matière se constitue à partir de l’attention et de l’intention. Ce qui veut dire que notre acuité, nos pensées, nos sentiments, notre état d’être, ou encore nos objectifs ont une influence sur la réalité physique qui se déploie.

Post hoc, ergo propter hoc, c’est à dire “à la suite de cela, donc à cause de cela”. Ce proverbe latin souligne ce biais cognitif qui consiste à prendre pour la cause ce qui n’est qu’un antécédent. D’où cette erreur courante de se baser seulement sur l’ordre des événements, de vouloir réfléchir par le biais d’une chaîne causale. Une approche pulvérisée donc par la physique quantique. Mais le cerveau humain ne peut s’empêcher de poser à posteriori des causes qui engendreraient des effets.

Autre élément pour reconsidérer le temps tel qu’il est appréhendé dans les vies courantes, la relativité de la simultanéité. Des horloges placées sur la Terre et sur Mars auront un rythme assez différent. Et seront donc automatiquement désynchronisées. Il n’y a pas de grande horloge cosmique. D’ailleurs, la précision des instruments de mesure permet désormais de constater un rythme différent en fonction de l’altitude sur Terre… La différence est négligeable et infinitésimale mais elle existe même en fonction des étages d’un building ! La gravitation étant plus forte au niveau du sol.

D’où provient alors notre intuition “humaine” du temps avec une grande horloge et une flèche ? Quel est ce tic-tac qui dicte nos vies ?

Le temps nous l’apprécions :

  • dans une structure linéaire
  • comme une droite sur laquelle chaque point représente un instant
  • avec un présent (seul instant réel) qui sépare le passé du futur
  • mesurable en secondes, minutes, jours, mois, années, siècles…
  • universel (le même pour tous) et indépendant

Or, tout cela est fondamentalement… faux. Le flux du temps n’existe pas mais nous en avons la perception puisque nous sommes des êtres de mémoire.

En effet, Albert Einstein est passé par là. Il a découvert que le temps s’écoulait sur différents rythmes. Il n’y a pas un grand tic-tac mais des temps. Il y a autant de temps que de choses qui se meuvent dans l’espace-temps (les deux étant connectés). Le temps n’est pas une donnée universelle mais une expérience individuelle. Il n’est donc pas extérieur à nous. Le mouvement par exemple affecte l’écoulement du temps. Nous ne nous en rendons pas compte parce que nos déplacements sur Terre sont trop lents pour qu’on le perçoive. Mais le temps et l’espace ne peuvent être perçues comme des choses distinctes. Ils ne font qu’un dans une structure quadri-dimensionnelle.

L’idée derrière les équations d’Einstein est que l’espace-temps est comme un tissu que la matière et l’énergie déforment et font se courber“La matière dit à l’espace-temps comme se courber et l’espace-temps dit à la matière comment se courber”, expliquait le célèbre physicien John Archibald Wheeler.

La physique quantique est également passée par là. Nous savons que le temps n’est pas universel, il est poli-rythmique, pas orienté et pas linéaire. Plusieurs temps pouvant se superposer. Comme la couleur, notre temps d’humain est une construction mentale pour interpréter le monde qui nous entoure.

La notion intuitive que l’on a du temps serait issue du comportement des systèmes thermodynamiques. C’est “l’idée de temps thermique” proposée par le mathématicien Alain Connes et le physicien Carlo Rovelli. “Si cette vision est juste, le temps n’est, en somme, rien d’autre qu‘un effet de notre ignorance de l’état microscopique des systèmes macroscopiques”, écrit ce dernier. Les frontières du temps seraient les frontières des connaissances actuelles. “La véritable variabilité dans l’Univers n’est pas le passage du temps mais l’aléa du quantique”, ajoute Alain Connes.

« De même que la vie émerge de molécules organiques qui s’organisent, le temps pourrait émerger de quelque chose d’intemporel s’ordonnant » George Musser / Scientific American

Une des idées les plus fortes de la théorie des cordes (ou amas) est le principe holographique. Il suggère que notre Univers entier est un système de particules quantiques qui interagissent. Rien ne se touche, rien n’est vide, tout est interconnecté, actif et vivant, composé d’énergie. Toujours.

Le 12 juillet 2019 a été réalisée la première photo d’une intrication quantique par l’Université de Glasgow, avec un système de lasers et de cristaux. Deux particules ayant interagi à un moment de leur existence forment, sans contact, un seul système. L’état de l’une donnant l’état de l’autre, en se moquant de l’espace et du temps.

Quant à la gravitation quantique à boucles (théorie mathématique qui définit la structure granulaire), elle mise sur l’absence de temps et d’espace. Les boucles sont l’espace lui-même, elles ne sont pas dans l’espace. Le temps et l’espace ne sont pas des réalités, ne sont plus des paramètres. “C’est la partie la plus difficile à digérer parce que nous avons l’habitude en physique et dans la vie de tout organiser en tant que temps qui passe, expliquait en 2013 le physicien Carlo Rovelli sur France Culture. Avec la relativité d’Einstein et beaucoup plus avec la gravité quantique cette façon de penser le monde ne tient plus. Il n’y a pas un temps général dans lequel tout se passe. Notre idée intuitive du temps n’est pas correcte. Toute l’évolution de la grande science passe par des pas qui sortent de la perception intuitive du monde.

La théorie des boucles nous dit que dans l’infiniment petit on trouve une agitation intrinsèque et que c’est la création de nœuds à ce niveau qui constitue l’espace et le temps. Les énergies qui se nouent créent une topologie non visible dans le vide mais qui sont le support de toute l’information. Tout vibre, sans cesse. Tout est vibrations, avec des intensités différentes. Ce que disaient les Alchimistes d’ailleurs il y a de nombreux siècles.

Une adaptation

Ceci étant dit, en attendant, nous avons besoin de notre perception humaine pour vivre “ici et maintenant” opérationnellement, dans le cadre de notre auto-narration. Notre concept de temps, nous en avons besoin socialement même si il est incorrect. Nous avons besoin que la flèche du temps soit unidirectionnelle, même si c’est faux… car c’est bien utile pour évoluer “au quotidien”. Nous, humains, avons besoin de durées de temps et d’échelles d’espace pour former des structures, nous avons besoin de causes et d’effets pour interpréter, nous avons besoin d’un moteur, nous avons besoin de séparations spatiales pour que nos corps puissent se penser comme des enclaves au sein d’un monde. Nous créons notre monde virtuel et dynamique.

Dans notre ergonomie propre, nous “roulons” sur deux rails. Le premier est le “temps du corps”, il est géré par l’horloge de l’hypothalamus. C’est le métronome biologique avec lequel nous organisons nos journées, les temps d’activité comme les temps de repos. L’autre rail est le “temps de l’esprit”. Il permet lui de considérer le passage du temps. L’ennui l’allonge en termes de perception, le partage avec des proches l’accélère, le bonheur le suspend, pour prendre quelques exemples. Le “temps de l’esprit” s’occupe du traitement mais aussi de l’archivage des faits en souvenirs, c’est la mémoire. Le “temps du corps” nous donne le tempo, le “temps de l’esprit” la direction de l’histoire.

Si le temps n’est pas linéaire, comment est-il ? Et que faut-il comprendre au final ?

Dans notre monde très “digital”, nos ordinateurs, tablettes, smartphones utilisent un système d’exploitation (souvent appelé OS comme Operating System) qui permet de déchiffrer, d’interpréter et de comprendre des ressources. Un peu de la même manière, notre cerveau, assisté par nos cinq sens, se concentre sur un seul laps de temps à la fois (appelé présent) et relie des instants pour créer de lui-même une réalité linéaire sur une flèche du temps. Pourquoi ? Potentiellement, notre cerveau offre une ergonomie (un environnement optimisé) à notre esprit pour qu’il puisse travailler. Une modélisation qui permet de vivre une réalité à la fois.

Dans un monde où des applications et des solutions traitent des quantités gigantesques de data, il devient plus aisé d’intégrer, d’appréhender cette approche ergonomique, ce moyen commode de conceptualisation humaine du temps. Le cerveau crée un support, un contexte, et tente de mettre un ordre pour proposer une seule expérience de vie dans le chaos qu’est l’aléatoire. Il laisse croire à une maîtrise des événements par la causalité. Celle-ci laissant penser qu’on peut avoir la main sur le cours des choses. Ainsi l’humain se projette dans un avenir qu’il suppose logique. Il se met en action à partir de cette conviction.

Rendez vous compte, le présent n’est qu’un instant en référence… à nous-même. Ce qui distingue notre instant que nous nommons “présent” des autres instants, c’est notre présence, notre conscience de celui-ci. Tous les instants sont des présents et le restent. C’est pour cela que la notion de temps n’apporte rien à la mathématique, meilleur outil de représentation de la réalité qui n’est pas là pour combler les attentes humaines. Il n’est pas possible de définir UN instant présent. Votre présent peut être mon passé ou mon avenir que je vis comme un présent. Ils sont tous réels. Le passé n’a pas disparu et le futur existe déjà. Tout existe. La distinction passé-présent-futur est une illusion.

Mais rassurons-nous. Cette remise en question de l’existence même du flux de temps tel que nous le “vivons” n’a rien d’anxiogène. C’est juste la réalité. C’est ainsi. Et puis les vibrations et le mouvement permanent apportent après tout une dimension artistique, poétique et spirituelle à nos vies. L’inattendu est au pouvoir, la liberté sur le chemin, et la quintessence au cœur et cœur de Tout.

Hypnotisés par les nécessités du commun, portés par des hypertrophies de l’ego, nous avons tendance à rechercher les détails des rouages de la causalité là où il n’est question que de probabilités. C’est un des apports de la physique quantique. Et il doit nous servir. Cessons de croire à une supposée causalité perceptible par le Sapiens. Tout nous dit que sur notre plan qu’il n’y a que des probabilités et que la conscience nous écrit une histoire pour y mettre une forme de cohérence. Les certitudes qui accompagnent nos vies courantes sont à ranger au placard. Rien ne provenant de notre cerveau ne peut être sûr et certain (cette phrase ne porte aucune contradiction). Avoir des certitudes offre autant d’équilibre que marcher d’un pas assuré sur un sol givré.

D’ailleurs “la principale activité du cerveau consiste à produire des changements en lui-même, comme l’écrivait le scientifique américain Marvin Lee Minsky. Il emmagasine ce qui peut lui permettre de s’adapter afin de mieux (sur)vivre. C’est pourquoi les critiques sont plus retenues que les louanges. Les premières permettent une adaptation à la société, à l’environnement. Il est question d’adaptation à un milieu, pas de vérité absolue. La conception humaine du temps n’est qu’une habile adaptation.

Habile, car au niveau quantique rien n’est stable, rien n’est déterminé, rien n’est irréversible. De quoi rendre fou… L’objet, quand il est en interaction avec un environnement, perd ses qualités quantiques pour devenir “classique”. Le fait même d’observer détermine la réalité émergente. L’attention est fondamentale dans le retour d’information.

A cela il faut ajouter le rôle de l’intention (qui est en soi déjà de l’information concrète comme les pensées ou les rêves). Elle joue sur la probabilité de réalisation d’un scénario plutôt que d’autres. Notre libre-arbitre c’est l’influence active de notre intention sur des probabilités, ou des scenarii, afin de se retrouver sur un point donné plutôt qu’un autre.

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Bonne nouvelle, cette importance de l’attention et de l’intention dans le devenir à éprouver, associée à l’intrication globale (tout est relié), donne force et vigueur à un principe de vie majeur. La plus noble des intentions connues étant l’Amour Inconditionnel, – Un A.I. plus puissant que l’Artificial Intelligence – la porter et la diffuser en tant qu’énergie ou information peut influencer positivement le cours des choses, aussi mouvant soit-il.

Souci, ses pendants, comme la peur ou la haine, existent. Et ces conditionnements peuvent aussi déterminer une réalité émergente. Evidemment, la réalité émergente n’est pas la même en fonction de ses influences (l’amour et la haine n’engendrent pas les mêmes choses). Nous sommes des cellules vivantes de l’Univers comme notre corps compte des milliers de milliards de cellules qui forment les tissus et les organes. Et “c’est l’intention qui compte”… L’expression porte plus de sens qu’on pourrait le penser.

Tout est intriqué donc, l’infiniment petit est lié à l’infiniment grand. A vrai dire, micro et macro sont identiques, nous l’avons vu (“Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas”). Chacun est donc associé à ces différentes dimensions. En conséquence, nous co-créons et participons grâce à notre libre arbitre. Nous rayonnons aussi. “Notre faculté d’agir, en se ressaisissant, s’intensifiera”, disait Henri Bergson.

Agir justement n’est pas combattre car cela renvoie à des conditionnements, agir justement n’est pas s’opposer pour imposer ses vues égotiques, agir justement ce n’est pas dicter. Agir justement c’est juste porter comme essence la plus noble des intentions, de manière détachée, et en toute liberté (sans être lié) et sans attente d’un bénéfice. C’est l’intention et l’attention éveillée.

Difficile à croire ?

Vous regardez peut-être à cet instant l’heure sur votre smartphone, votre montre, ou sur une horloge… Vous regardez peut-être autour de vous. Ce ne serait qu’une perception humaine ? Difficile à accepter ou à comprendre ? Notre socle de “vérités”, celui qui nous socialise, celui nous offre une grille de lecture sur le monde, ne serait donc qu’une simple représentation, une histoire produite par l’hémisphère gauche du cerveau ?

J’entends certains objecter : “Pourtant, via ses gènes, même un bébé sait que le monde est fait d’objets solides qui se déplacent quand on les pousse, sans jamais s’interpénétrer !” Effectivement. Il y a une approche innée, et elle est héritée de l’évolution. On la nomme “pensée objective”. Pour chacun d’entre nous le ciel – le jour, sans nuage, sans pollution ou éclipse – est bleu. Et pourtant, les couleurs n’existent pas. Ce qui ne veut pas dire que le fait n’existe pas. Une représentation est un fait, une donnée, une information. Mais les lois physiques et universelles contredisent cette perception. Nous fonctionnons en nous basant sur des présupposés liés à des croyances et des héritages.

Les rapports au monde existent… et divergent. Il y a des conceptions de la vérité (adéquation entre la réalité et l’homme qui la pense). Elles varient aussi en fonction du groupe culturel, religieux, philosophique, idéologique, etc. On pourrait presque affirmer qu’à une illusion de vérité innée s’ajoutent différentes “illusions de vérité” autour desquelles se réunissent des groupes dans un principe identitaire. Ou communautaire. Dans le but conscient ou inconscient d’une socialisation.

Car se réunir autour d’une “illusion de vérité” du catalogue renforce la cohésion du groupe. Cet acte de socialisation donne à l’individu la conviction qu’il “existe”, qu’il compte, qu’il apporte sa pierre, voire potentiellement qu’il a un certain pouvoir. Il crée du lien social. Et le Sapiens est un animal social. Très social. C’est même par ses stratégies collectives qu’il a pris “le contrôle” de la Terre. Et son moteur est le récit même s’il tord la réalité.

Et si vous doutez de la puissance de frappe du récit sur le mental, voyez l’impact que peut avoir un film par exemple. Bien ficelé en termes d’histoire, d’image et de son, il peut faire couler des larmes sur des joues alors qu’un homme à la rue peut – dans le vrai monde – avoir des difficultés à recevoir un regard ou une attention. Constatez-le par vous-même, chaque jour, chaque être humain se plonge dans des histoires via des séries, des films, des romans, des pièces de théâtre, des jeux vidéos, des actualités, des discussions entre amis, des formes diverses et variées de story telling, etc. Baigné dans des histoires extérieures, l’Homme doit sentir que la sienne existe et que son auto-narration a une valeur. Certains récits collectifs lui offrent une proposition de nouveau chapitre dans sa propre auto-narration. Inversement, quand il se sent hors du récit collectif, quand l’Homme ne se sent pas plus-value, quand son auto-narration se trouve face à une page blanche, il peut devenir rage, colère et/ou violence. Hors du roman national, des citoyens français ont crée un groupe avec une identité jaune sur laquelle chacun a posé sa définition, sa vérité. Autant de versions auxquelles sont venues s’ajouter celles des observateurs. Où était la vérité absolue là-dedans ? Récits contre récits.

“Celui qui raconte des histoires règne sur le monde” – Proverbe de la tribu Hopi

L’Homme n’est porté que par son auto-narration tant qu’il n’a pas isolé l’ego. On observe même qu’un individu peut valider une donnée fausse quand son groupe lui transmet plusieurs fois alors qu’il pense initialement qu’elle est fausse (expérience de Asch). Mais il se range derrière le groupe quand il porte une estime au groupe et donc pense qu’il est celui qui se trompe dans le lot.

Ce reformatage du réel peut aussi avoir l’avantage d’offrir un rôle dans l’histoire collective racontée. Le récit plutôt que l’Être. La socialisation plutôt que la solitude métaphysique. Le roman collectif plutôt que la vérité brute surtout si on fait partie. L’auto-narration comme vérité avérée.

Citons la philosophe Hannah Arendt : “C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal”. L’Homme est ainsi. Et le suivisme, dans l’Histoire, a produit d’incroyables génocides, par exemple.

“L’espèce humaine possède une capacité de pensée collective ou sociale, expliquait Pascal Huguet, du CNRS, à “Science et Vie”Notre vision du monde est très inspirée par les autres. Pour cimenter nos groupes d’appartenance l’évolution nous a dotés de l’aptitude à créer un récit collectif qui, même parfois dénué de réalité factuelle, acquiert la même “réalité” que les faits du monde physique.” L’Homme est ainsi. Une vérité relative peut être décrétée vérité absolue si elle le conforte.

Et puis construire seul(e) sa pensée de manière analytique est plus coûteux en temps, en travail et en énergie (le cerveau est énergivore et il tend à se mettre en mode économie). En outre l’isolement (de l’individu face à la totalité du groupe) qui en découle est moins utile socialement parlant, comme nous venons de le voir. Mais la liberté passe par là : penser véritablement par soi-même et au bon endroit. Car la liberté c’est bien plus “Être” que faire ce que l’on souhaite pour satisfaire son ego. Il est plus facile de décorer sa cellule et de se sentir y exister que de retrouver le souffle ou la lumière au delà des apparences trompeuses et des incohérences acceptées et validées par le groupe.

Revenons à notre rayon “déformations de la réalité”, chacun sait que notre cerveau nous ressert des souvenirs transformés, revus et corrigés par les expériences de vie suivantes, les émotions attachées, et son intérêt propre. Autre exemple, quand un événement susceptible de provoquer le recueil de témoignages survient, les récits recueillis individuellement contiennent fréquemment des différences significatives. Et pourtant, il s’agît d’un même fait, brut. Bref, il est bien difficile de démêler le vrai du faux. Même quand quelqu’un est certain d’être objectif, de bonne foi, et sûr de sa vérité. Rien n’est moins fiable que la certitude. Rien n’est plus utile que le doute fondamental.

L’occasion de rappeler encore qu’ici le but n’est pas de convaincre, d’agiter des arguments, de dicter quoi que ce soit, mais de proposer humblement quelques lignes d’expression en libre-service afin de piocher ce que l’on voudra bien hors des croyances limitantes. Et…

Sans ego (car on ne perçoit que quand on perd Soi)

Impérativement sans ego car on ne perçoit que quand on perd Soi. L’ego nous fait croire fondamentalement que chaque être est une enclave, unique, une goutte d’eau indépendante. On ne perçoit que quand on cesse de se raconter sa propre histoire, construite sur des causalités par son mental.

“L’ego est moins ce que je suis que ce que je crois être.” – André Comte-Sponville.

L’ego est une paire de lunettes déformantes, un filtre d’intérêt personnel conscient ou inconscient qui influe sur la perception, le fruit des habitudes construites depuis l’enfance. L’ego, c’est l’histoire que nous nous racontons, c’est un générateur de pensées et d’émotions qui obstruent le chemin. On peut à priori s’en détacher, s’en libérer par une dissolution du Moi, par un effeuillage, tout en conservant un mental régénéré qui permet d’avancer sur le chemin de la Connaissance puis de la quintessence. Car la Connaissance n’est pas le but, c’est un moyen. Attention, car l’ego quand il touche à la Connaissance cherche à briller plutôt qu’éclairer.

Les principales dérives de l’ego outre la paranoïa et la mégalomanie se nomment :

  • l’égocentrisme (tendance à se placer au centre de tout, à tout rapporter à soi), qui est un trouble de la perception et du discernement,
  • l’égoïsme (attachement excessif à soi-même qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir, son intérêt personnel, la réalisation de sa volonté),
  • le narcissisme (amour excessif de soi, associant survalorisation de soi et dévalorisation de l’autre), qui est destructif.

Pour faire simple, l’ego est structurant dans une première phase de vie car il permet de s’animer dans une auto-narration. De se mettre en marche. C’est déjà ça. Il s’agît ensuite de le lâcher (comme une fusée à étages qui s’élève), de s’en détacher pour progresser et avancer par une dissolution du Moi (sortir de l’histoire qu’on raconte et se raconte), par une prise de conscience d’un Tout qui existe même au niveau atomique, et par une quête d’essentiel. Se défaire de l’ego c’est trouver une liberté intérieure, démonter les croyances limitantes, se défaire des pensées et émotions infantiles qui font barrage. C’est comme mettre fin à un rêve, c’est à dire quitter une illusion que nous construisons. Nous pensons le faire quotidiennement au réveil. Il est à faire réellement, c’est l’éveil.

Nouvelle petite parenthèse. Des réseaux sociaux, comme Instagram, représentent un terrain de jeu mais et potentiellement de “je”. Stratégiquement, il s’agît d’une industrie de divertissement, de communication, mais aussi de culture de l’égocentrisme, de l’égoïsme et du narcissisme (grandiose) avec des shoots de likes. Ce genre d’outil digital marqueur identitaire peut devenir un moyen de faire la promotion de soi. En cela, il peut enfermer. De la même manière troller – y compris anonymement – est un acte de dévalorisation de l’autre cher aux narcissiques. Bref, l’ego risque d’être revigoré par certaines pratiques digitales qui dopent l’auto-narration. L’ego est toujours tiraillé entre son désir d’être singulier et celui d’appartenir au groupe. La story c’est la mise en ligne de son roman dans un amas de récits. Parenthèse (préventive) refermée.

Citons Matthieu Ricard, moine bouddhiste interprète du Dalaï-lama : “Si l’on vit avec le sentiment exacerbé de l’importance de soi, si l’on se représente l’ensemble de nos rapports aux autres et au monde en fonction de notre ego, on instrumentalise les êtres. […] L’univers apparaît comme une sorte de catalogue où l’on pourrait commander tout ce que l’on souhaite. […] On finit par être obsédé par le moindre plaisir et déplaisir.” Bref, on vit en consommateur ultime. Ou comme un enfant. Mais pas comme un adulte éveillé… car, rappelons en passant quelques éléments vus auparavant :

Un ou des Univers où tout est instantané, un temps qui n’est pas linéaire mais dans lequel tout est simultané, des niveaux imbriqués et des effets en cascade, un enchevêtrement qu’on ne peut expliquer, une flèche du temps sans pertinence, la causalité remplacée par des probabilités, un monde indéterminé par essence, etc. etc. Nul besoin de continuer. La physique quantique comme la relativité remettent en cause nos logiques établies. Avons-nous seulement réalisé l’importance de ces découvertes scientifiques dans nos approches du monde, de la vie ? La question mérite d’être posée puisqu’elle est fondamentale. D’autant plus que les sciences “modernes” rejoignent désormais des sagesses “ancestrales”.

Et puis, il n’y a pas de temps physique car chaque objet a son temps propre. Il n’y a pas un gigantesque tic-tac. Depuis plus d’un siècle, on sait que temps et espace ne peuvent être appréhendés indépendamment. En fait, tout ne serait que corrélations qui ne dépendent ni du temps ni de l’espace. Tout n’est qu’un réseau immense et désordonné d’événements quantiques. Tout n’est qu’une création continue d’imprévisible nouveauté. Les particules atomiques n’ont pas de trajectoire déterminée.

La physique quantique nous apprend que l’aléatoire est fondamental. Il n’y a que des probabilités, pas de causalité sur notre plan. Les notions d’espace et de temps se sont fondues dans un espace-temps relatif à chacun. L’observateur n’est pas dissociable de l’objet qu’il observe.

Comme le dit Morvan Salez, docteur en astrophysique et techniques spatiales, “il n’y a pas de certitudes nous échappant pour cause de complexité, mais bel et bien une indétermination, un flou intrinsèque à la nature intime du monde.” Dans notre Univers, un atome peut se trouver à deux endroits à la fois, quelle que soit la distance. Deux atomes peuvent interagir, influer l’un sur l’autre, quelle que soit la distance, et les choses se produisent sans raison, en tout cas sans causalité. Revoyons notre copie ! L’Univers est fondamentalement imprévisible mais aussi granuleux.

Le vivant est tout autant probabiliste, assure Jean-Jacques Kupiec, biologiste et épistémologue français. La variabilité, l’inattendu… est la règle, de la molécule à l’Univers entier.

L’Homo Sapiens est au moins face à une “double vérité“… alors que rien n’est certain et qu’il s’agit de mettre des mots, ou même saisir l’ineffable. D’un côté on trouve une “vérité relative et conventionnelle”. Cette vérité est adaptée pour proposer un monde intelligible et facilement accessible. L’autre vérité est elle “absolue”, pour ne pas dire brute, et loin d’un ego illusoire… ego (striatum) qui pousse par exemple à l’acrasie (agir à l’encontre de son meilleur jugement, ce qu’on vérifie dans le traitement de consommateur infligé à la planète par l’espèce humaine).

Dans cette vérité “absolue” et inexprimable, tout est UN, impermanent et n’existe qu’en interdépendance. L’attention et l’intention créent la matière comme le prouvent les expériences de physique quantique. Tout est vibrations et mouvement. Tout est séparé et confondu et les pôles cohabitent. Bienvenue dans le domaine des possibles. Toutes les portes y mènent. Et parfois des synchronicités s’en mêlent et créent un lien entre vérité relative et vérité absolue pour offrir un déclic.

Synchronicités

Définition : la synchronicité est l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit (Wikipedia).

Sur ce thème de la “coïncidence” entre une réalité intérieure et une réalité extérieure, Carl Gustav Jung (1875-1961), fondateur de la psychologie analytique, est incontournable… puisqu’il a crée le terme après avoir travaillé avec le physicien Wolfgang Pauli : “La synchronicité, n’est pas une vue philosophique mais un concept empirique qui postule un principe nécessaire à la connaissance.” On pourrait parler d’un aiguillage : “Les couches les plus profondes de l’inconscient sont activées, ce qui met en route la métamorphose de la personnalité”.

La synchronicité est un moment décisif dans la perspective de l’accomplissement de son dessein (c’est le kairos des Grecs). Avec la synchronicité deux événements distants sont liés, au delà de tout. Rassemblés ils fondent une force substantielle (qui nourrit, qui est considérable, qui est essentielle). La synchronicité est le message dont nous avons besoin. Elle exige un peu d’attention dans la vie courante ou même les rêves.

Ainsi, par exemple, Elias Howe parvint à devenir, au XIXe siècle, l’inventeur de la machine à coudre en passant un obstacle majeur grâce à une association d’idées en provenance d’un rêve. L’Américain buttait sur l’aiguille. Aucune ne fonctionnait. Jusqu’à une certaine nuit… Dans son rêve, Howe s’imagina prisonnier d’une tribu africaine avec des lances d’une forme inhabituelle. Cette forme était la solution pour son aiguille. Et une forme de clin d’œil au conte de Rabia al-Adawiyya. Sacré aiguillage !

“Des que tu avances sur le chemin, le chemin apparaît” disait le poète mystique persan Djalâl ad-Dîn Rûmî. La physique quantique ne dirait pas autre chose. L’intention et l’attention créent. Autrement dit : “C’est en frappant que l’on crée la porte.” (Agathe Maire).

L’Univers a-t-il une mémoire ?

L’Univers étant UN objet, il porte ontologiquement de l’information en lui. L’intrication étant totale, cette information est partout dans les champs répartis dans l’Univers. Donc accessible, donc intrinsèque. Si on peut supposer qu’au départ l’information était limitée, elle s’est enrichie aléatoirement par agrégation, au fil des instantanés de l’espace-temps. L’Univers est porteur d’information. Il a donc une mémoire. D’ailleurs qui d’autre peut avoir une mémoire de tout ce qu’il est si ce n’est l’objet Univers lui-même ? Plutôt que mémoire, parlons plutôt d’un Big Data, d’un bloc intégral de données, d’un vaste réseau d’informations dans lequel notre “présent” ne serait que l’expression de notre présence mobile sur celui-ci, tel le surfeur.

trou noir

Les trous noirs sont un mystère. Peut-être le plus grand car comprendre le phénomène du trou noir, c’est la clé. Où plutôt la serrure où mettre la clé… Rien ne résiste à un trou noir, pas même la lumière, pas même l’espace-temps. Le trou noir est entouré d’un “horizon des événements” qui représente un point de non retour. De récents travaux nous apprennent d’ailleurs l’existence de trous noirs supermassifs au centre de chacune des galaxies. Cela vaut évidemment pour notre galaxie, la Voie lactée. Notre trou noir supermassif central se nomme ainsi Sagittarius A*. Enchanté ! Les présentations sont faites.

Plus sérieusement, cette présence d’un trou noir supermassif au centre des galaxies n’est pas sans raison. Le trou noir joue un rôle fondamental dans le Cosmos. Scientifiquement, certains pensent que de cette singularité (rien n’existe dans un trou noir à part la gravité dans sa forme la plus extrême) on peut voir tout le “futur” de l’Univers (dans notre conception humaine du temps) ou plutôt tout connaitre de l’Univers. Toute l’information (ou mémoire) y serait concentrée. Possiblement, dans le trou noir, aussi petit soit-il, tout est aussi grand que l’Univers tout entier… La structure est invariante par changement d’échelle. L’infiniment petit contient l’infiniment grand de même que l’infiniment grand contient l’infiniment petit (principe de fractalité). Du grand Art.

Art

Vibrations, inattendu, aléatoire, harmonie, chaos, mathématique, et surtout imagination, dans notre expérience de pensée, tout renvoie à l’Art. Alors parlons Arts. Parce qu’ils peuvent être une porte menant à l’essentiel.

Parlons musique par exemple. L’astrophysicien David Elbaz nous dit : “Il y a des résonances de la même manière que la musique contient des résonances qui vont bien au delà de ce que nos oreilles sont capables d’entendre. Peut-être qu’en laissant la musique nous imprégner on retrouvera cette musique originelle de nos cellules, de nos atomes. On sait depuis peu que la lumière dans l’Univers naît de la musique. A son origine il y avait une vibration qui se propageait dans l’Univers et cette musique cosmique primordiale s’est arrêtée d’un coup 380.000 ans après le Big Bang. Les notes de musique sont restées cristallisées sur place pour s’effondrer sous la force de la gravité et donner naissance aux étoiles et aux galaxies. C’est donc de cette musique qu’est née la lumière. C’est cette harmonie primordiale qu’on essaie de retrouver avec humilité.” Qui sait ce que nous entendrons si un jour nous parvenons à écouter la symphonie cosmique ? Mais ne l’entendons-nous pas parfois ?

Pensons cette musique primordiale (telle une information primordiale) comme capable de donner une émotion primordiale (ou nostalgique) à celui ou celle qui l’entend. Et si la réaction intime provoquée par des notes, un air de musique, était le résultat d’une résonance ésotérique avec une information primordiale que nous porterions en nous ? Cela comme un souvenir permanent inscrit au plus profond. Une madeleine. Ce frisson, cette émotion, cette joie que peut nous offrir la musique – comme d’autres arts – viendrait de très loin (c’est une image car le son ne se propage pas), et de très près… En fait elle serait là-bas et ici, en nous-mêmes.

Dit autrement, de manière plus matérialiste et moins spirituelle ou artistique, c’est une information primordiale au delà de données culturelles ou sociétales qui ferait que des signaux électriques entre l’oreille et le cerveau produisent une réaction profonde face à une véritable création. Cela s’entend si on admet que tout est essentiellement constitué d’information, d’énergie plus que de matière.

Tentons de le dire plus simplement en restant sur la musique : si un air touche une corde sensible chez nous (et chez d’autres), c’est qu’il la fait vibrer en renvoyant à une information universelle inscrite en nous. “Vous me demandez d’où viennent mes idées (musicales)… Ce qui touche le cœur doit venir d’en-haut, sinon, ce ne sont que des notes, un corps sans esprit”, disait Ludwig van Beethoven.

L’art naît de l’inspiration, de l’imagination, il vient de l’intérieur mais il est connecté avec l’extérieur, il est harmonie et chaos, il est imprévisible, il naît de l’impermanent mais renvoie à des fondamentaux, il dépasse les croyances limitantes. Il est primordial (lié à l’origine) et primordial (de la plus grande importance) car il permet de ressentir des vibrations, celles qui touchent au coeur. C’est pourquoi il ne peut être qu’authentique et sans calcul. Comme l’amour, l’art véritable est inconditionnel. L’intention qui le porte est essentielle, quelle que soit la forme, de l’expression corporelle à la poésie, du récit à la sculpture, de la musique au dessin, en passant par la peinture à l’eau.

Le sens de l’eau, cycle et analogie

L’eau, c’est la vie. Cet élément – que nous croyons en général bien connaitre – nous fait (il est 70% de notre volume, 90% du volume de notre cerveau, 99% des molécules de notre corps). 

L’eau a des particularités peu connues du grand public. L’eau contient de l’information. Un constat issu des travaux de Jacques Benveniste dans les années 80, inspirés de chercheurs russes, et repris par le célèbre Luc Montagnier, prix Nobel pour avoir découvert le virus du Sida. 

L’eau peut capter et émettre des ondes électromagnétiques, a constaté le scientifique, quitte à indigner certains biologistes peu au fait de la physique. Et par conséquent détenir et recevoir de l’information par des fréquences. Une découverte qui aura été révolutionnaire.

Marc Henry, enseignant-chercheur à l’Université de Strasbourg, explique le processus (via ce qu’il nomme le “domaine de cohérence”) : l’information se fixe dans le vide (qui ne l’est pas puisque ce qui le compose n’est juste pas visible) ou autrement dit dans un espace de stockage au sein d’un assemblage de millions de molécules d’eau. La matière ne peut pas entrer dans cet espace mais les ondes électromagnétiques, oui. Et c’est ainsi que l’eau peut détenir ou recevoir de l’information. Comme nous sommes composés d’eau les informations enregistrées et enregistrables dans notre corps peuvent atteindre des quantités exceptionnelles, à l’échelle de celui-ci. Dans l’Univers comme dans l’eau l’information se fixe par l’intermédiation de champs. Les informations sont partout, sans lien avec le temps ou l’espace, mais nous ne les percevons pas avec nos sens même si par milliards elles nous traversent.

Ce qu’il faut savoir également (et retenir pour la suite), c’est que l’information ne se détruit jamais. Elle peut être transformée, modifiée, enrichie, complétée mais pas détruite. Il en reste toujours quelque chose.

Le cycle

L’eau se recycle en permanence sur Terre. Des centaines de milliers de km3 d’eau s’évaporent chaque année des océans, des eaux de surface, des espèces vivantes, sous l’effet du soleil pour aller dans la biosphère, et sous forme de vapeur d’eau dans l’atmosphère. La condensation permet la formation de nuages (liquides parfois solides). Des centaines de milliers de km3 retombent (pluie, neige, grêle, rosée) sur Terre sous la forme d’eau douce. Cette eau tombée du ciel, quand elle ne s’évapore pas rapidement, alimente les nappes et les rivières souterraines, rejoint par ruissellement les cours d’eau et les océans. Cependant, certaines rivières s’assèchent progressivement en arrivant dans une zone aride, et n’ont pas d’embouchure à proprement parler. L’eau, sous sa forme liquide, sur Terre, peut connaître un cycle court ou peut passer 10 ans dans un lac, par exemple. Elle peut passer plusieurs dizaines de milliers d’années dans des nappes souterraines profondes. Ou se transformer en glace et passer mille ans dans une calotte. Bref, il existe une multitude de parcours. Mais bel et bien un cycle. De la Terre au ciel, du ciel à la Terre.

Et l’analogie

L’analogie est tentante… Comme la composition et la croissance du chêne correspondent à l’expansion de l’Univers, ne pourrait-on pas faire un nouveau parallèle… entre le cycle du vivant et le cycle de l’eau ?

Prenons par exemple chez les êtres vivants l’Homo Sapiens. Ce sera plus simple et cela colle bien au profil des lecteurs de ce texte… Imaginons que chaque humain soit une goutte de pluie qui tombe sur une terre quelque part. Il est de l’eau douce, nouvelle, mais chargée d’information. Une simple goutte d’eau parmi d’autres. Il peut être une goutte éphémère, ou pas. Les parcours, expériences, périples sont multiples (restons au présent), heureux ou malheureux. Notre goutte peut se retrouver dans un beau ruisseau ou dans un cloaque pollué. Ce passage sur la terre ferme permet d’engranger de l’information, de transformer ou d’enrichir l’information déjà écrite. Puis la phase terrestre touche à sa fin. La lumière du soleil et sa chaleur permet l’élévation de notre goutte qui redevient autre chose avant de repartir possiblement dans un nouveau cycle… par condensation… puis grand saut dans l’inconnu, autrement dit retour sur Terre. L’information inscrite lors des précédents cycles reste enregistrée mais notre goutte d’eau douce est nouvelle. Elle repart dans des aventures qui lui apporteront – ou pas – plus d’information.

Dans cette analogie, certains voudront établir un lien avec le principe de réincarnation, mais nous voyons plutôt une onde sinusoïdale. Pourquoi pas un cycle circulaire ? Il y aurait une forme de retour à un point initial vierge d’information nouvelle. Cela ne colle pas. L’hypothèse de l’agrégation peut paraître plus pertinente. C’est à dire le processus par lequel des fragments se lient entre eux pour former un amas, cycle après cycle dans ce cas précis. L’agrégation est d’ailleurs un principe créateur qui permet – dans l’Univers comme dans l’eau – de fixer de l’information par l’intermédiation de champs.

Et si comprendre l’eau – donc 99% des molécules de nos corps d’Homo Sapiens – était fondamental ? L’eau est source de vie, moyen de purification et source de régénération.

“L’âme de l’homme est comme l’eau : elle vient du ciel, vers le ciel elle remonte, puis elle revient sur terre.” Johann Goethe

“Âmes passagères, vous allez commencer une nouvelle carrière et renaître à la condition mortelle. Ce n’est pas un génie qui vous tirera au sort, c’est vous qui allez choisir votre génie.” La République – Platon

antimatière

Séparé et confondu, mais Un

“En physique quantique, la dualité onde-particule exprime le fait que la lumière et la matière présentent simultanément des propriétés d’ondes et de particules” (Wikipedia).

Et si dans ce grand Un, indéfinissable, qui va au delà de notre Univers, au delà de ce qui présente à nous yeux, tout allait de… paires séparées et confondues. Visibles et non-visibles. Semblables et dissemblables. Comme l’expliquent finalement des sagesses ancestrales. Comme le constatent finalement les sciences, avec pour dernier exemple la découverte que les étoiles naissaient par paires. Telle la matière et l’antimatière.

Mais également comme le Yin et le Yang. Comme l’ordre et le chaos. Comme le conscient et l’inconscient. Comme le chaud et le froid. Comme le sec et l’humide. Comme le macro et le micro, etc. La liste est infinie. A savoir séparés et confondus. Et dans le Cosmos entier.

A chaque particule, il existe une antiparticule correspondante, ayant les mêmes caractéristiques, mais de charge opposée. Quand elles entrent en contact elles s’annihilent mutuellement et disparaissent dans une bouffée d’énergie. La matière et l’antimatière sont formées d’espèces complètement symétriques. Oui mais…

“Lorsque l’on se penche sur la théorie du Big Bang et sur l’observation de l’évolution de l’Univers, on fait face à un problème de taille. Le Big Bang part d’une énergie pure qui produit autant de matière que d’antimatière. Toutes deux devraient s’être annihilées, or nous existons aujourd’hui grâce à un excès de matière. D’où vient cette différence et où est l’antimatière manquante ? – Marie-Hélène Schune – chercheuse en physique des particules – Médaille d’argent du CNRS 2019 – Source : journal du CNRS.

Y-a-t-il eu une brisure spontanée de symétrie dans L’Univers primordial ? Y-a-t-il eu une agitation initiale ? Une extravagance ? Où est cette antimatière manquante ? Car tout ce qui apparaît est séparé et confondu.

Un electron qui apparaît c’est obligatoirement un positron, son (anti) jumeau, qui se crée. L’observable est toujours composé de paires même si un élément du tandem n’est pas toujours perçu. Tout cela va de pair…

L’Unité va de pair… et par paires

“Aller de pair” signifie “être sur un pied d’égalité”, “être à l’unisson” et “avoir un point commun”.

La légende autour du caducée nous raconte qu’un jour Hermès sépara d’un coup de baguette deux serpents qui se battaient et les enroula l’un et l’autre autour de celle-ci. Il les mis ainsi “d’accord” en les réunissant l’un et l’autre autour d’un axe qui représente l’Unité, sans distinction de bien et de mal. Et sans contact l’un avec l’autre. Ce symbole (du séparé et confondu) exprime l’union des contraires, le dépassement des antagonismes, le principe réconciliateur des opposés, une spirale de forces constructives, le renouveau perpétuel. Le caducée (qui ressemble à l’hélice d’ADN) – tel que connu – a en plus, en son sommet une paire d’ailes afin de symboliser les forces contraires comme le fixe et le volatil. Symboliquement, on passe d’une confusion initiale (le chaos incarné par le serpent fondamentalement séparateur) à une mise en ordre par la réunion avant la restauration.

Caducée, hélice d’ADN et escalier à double révolution, attribué à Léonard de Vinci.

Tout est Un et dans ce Un tout se compose de paires qui vont de pair. Deux s’opposent et se complètent, une troisième manifestation les équilibre, l’axe sur lequel les aléas n’ont pas d’incidence, celui sur lequel nous pouvons nous aligner. Il donne stabilité, détachement, ouverture, attention, équanimité, liberté. A retenir car nous y reviendrons. Et bien sûr, Amour Inconditionnel. Car celui-ci naît d’une trinité pas d’une fusion.

L’Amour Inconditionnel (A.I.)

Aimer une activité, aimer une idée, aimer une chanson, aimer une chose, aimer une personne… On aime à toutes les sauces au point de vider le verbe de sa force ! Ici, vous l’aurez deviné, nous ne parlerons pas d’aimer la pizza ou de kiffer le ski mais d’une forme d’amour plus intense, la plus essentielle et fondamentale : L’Amour Inconditionnel.

Définir l’amour en une ou deux phrases semble impossible. En tout cas les définitions proposées ici ou là pour l’expliquer paraissent insuffisantes. Peut-être parce que dans le mot “amour” on place trop de choses diverses et variées. Les mots grecs storgê (amour familial), “philia” (amitié), “agapé” (amour universel) comme la référence à Éros pour l’amour physique, font des différences, et proposent un tri. Mais le plus sûr est de lier l’amour au beau, à la plénitude, à l’absolu, au permanent et fondamentalement au… sans condition. Et surtout pas à une émotion, ni à une agitation, qui sont des obstacles.

Car si on tombe amoureux, on s’élève en amour. La différence est à souligner. Le véritable amour est un grand “oui” sans condition, sans affaire d’ego ou de mental. Vous l’aurez noté, ces deux-là sont toujours dans les mauvais coups.

Etre en amour est une affaire de reconnexion à un principe primordial que nous portons. On y accède par l’esprit et le coeur. Par la chute de l’ego. L’Amour Inconditionnel est permanent. Il demeure. C’est un rayonnement définitif.

En revanche être amoureux est une affaire du mental. Dans l’expression exacerbée du leurre romancé, l’amoureux touche à la passion. Mais le mot passion vient du latin “passio”, qui signifie “souffrance”. Celui ou celle qui a connu la passion connaît la fragilité qu’elle engendre et la dépendance. D’ailleurs l’amoureux, quand il est éconduit, ne tend-t-il pas vers le néant, l’abîme ? Le coup de foudre par définition brûle et détruit. Car le sentiment amoureux est impermanent.

Le véritable amour est un don qui s’ignore car il est naturellement altruiste, il n’entend aucun calcul, il n’attend aucun retour, il ne peut être pragmatique, il est incompatible avec la jalousie. Il est épuré, simple. Et il n’a pas forcément besoin d’un partenaire de vie pour s’exprimer. C’est un élan naturel et permanent. En aucun cas basé sur une causalité, qui comme nous l’avons vu n’est qu’une chimère.

Pour le rendre plus intelligible avec des mots, prenons l’exemple de l’amour que l’on peut porter à un défunt si on n’est pas dans le jugement comptable des faits. Il reste dans le cœur sans jeu d’interaction à cause de la barrière de la mort. Mais l’amour reste vivant sans attente d’un retour. Il existe en soi, il est là, il flotte, dans la mesure. L’Amour Inconditionnel centre. Il est intemporel. Il élève. Il est l’expression de la liberté et de la réalisation.

Là encore nous sommes à contre-courant de la tendance sociétale globale qui est de louer les émotions exacerbées et hors-sol, de s’enthousiasmer pour des passions (et les souffrances qui vont avec), les désirs, plutôt que de faire l’éloge de la douceur, de la joie et de la sagesse qu’offre l’Amour Inconditionnel. Le récit, toujours le récit… perçu comme plus réussi s’il est une illusion agitée ou un poulet sans tête mais non sans émotions.

La vie se construit sur l’amour véritable ou son absence. Les troubles psychologiques ou déprimes renvoient souvent à un moment donné où l’Amour Inconditionnel (au sens imposant du terme avec deux majuscules) a fait défaut sous une forme ou une autre. La base de tout, c’est l’Amour Inconditionnel. C’est l’énergie vitale, le ciment parfait. Rien de trop. Ego, mental, émotions, désirs font eux barrage.

Le plus important, l’enjeu, c’est donc l’Amour Inconditionnel. Autrement dit, connaitre le véritable amour. Pas seulement le recevoir, pas seulement le donner… mais connaître l’amour, co-naître l’amour, renaître en amour, pour juste ÊTRE. Les fêlures se gomment ainsi sans chercher à satisfaire une attente idéalisée socialement. On est ce que l’on est primordialement. On n’est pas le récit de son parcours de vie. D’où la pertinence de mourir virtuellement dans sa vie pour y renaître avec un Amour Inconditionnel au cœur. De la même manière, il s’agît de considérer l’altérité sans attente, sans condition, ouvert au monde. C’est l’harmonie invisible.

Puisque tout est UN – intriqué, intemporel, isotrope, homogène, indéterminé, séparé et confondu – et que nous sommes un reflet de ce UN, alors l’Amour Inconditionnel étant le plus important pour nous, il est possiblement la matière primordiale, universelle et fondamentale, partout. Il est le ciment fondamental comme la matière noire dans l’Univers. A tous les niveaux. Dans cette même inspiration, le souffle est l’énergie noire et réciproquement.

Jusqu’à preuve du contraire l’Amour Inconditionnel est fondateur, il est celui qui apaise l’agitation, il est celui qui permet la compassion, la cohabitation pacifique des contraires, il est le ciment. Si la tête pose des questions, le cœur sait déjà.

“Notre premier professeur est notre propre cœur” – Proverbe cheyenne

oeil

Première synthèse

  • Le fait que l’Univers soit composé à 95% de matière noire et d’énergie noire et qu’aujourd’hui la science ne sache pas trop de quoi il est question.
  • Le fait que l’Univers parte d’un simple point, un “atome primitif” qui se lance dans expansion effrénée sous l’action de l’énergie noire.
  • Le fait que l’Univers soit toujours UN, c’est à dire un objet et non une enveloppe, ce qui veut dire que nous ne sommes pas dans l’Univers mais qui que nous sommes une infirme partie de celui-ci.
  • Le fait que l’Univers soit homogène et isotrope.
  • Le fait que tout soit intriqué, donc interconnecté.
  • Le fait que toutes choses soient nées de cet atome primitif, par adaptation, par agrégation.
  • Le fait qu’une information ne disparaisse jamais mais se transforme.
  • Le fait que l’Univers porte ontologiquement de l’information en lui.
  • Le fait que nous ayons accès à toute information puisque tout est intriqué.
  • Le fait que par une expérience de pensée, donc par l’imagination, nous puissions accéder à de l’information non révélée à un moment donné de l’évolution civilisationnelle.
  • Le fait que toutes les lois de la physique moderne contredisent les informations perceptibles par nos cinq sens.
  • Le fait que la Conscience et l’imagination soient des outils.
  • Le fait que la nature soit intrinsèquement indéterministe.
  • Le fait que la matière se constitue à partir de l’attention et de l’intention. Donc que le fait même d’observer détermine la réalité émergente.
  • Le fait qu’il n’y ait que des probabilités, pas de causalité.
  • Le fait que le temps ne soit pas universel, qu’il est poli-rythmique, pas orienté et pas linéaire.
  • Le fait que le temps disparaisse dans l’infiniment grand, l’infiniment petit, donc dans toutes les dimensions.
  • Le fait que nous soyons dans une conceptualisation humaine du temps.
  • Le fait que rien n’est stable, rien n’est déterminé, rien n’est irréversible.
  • Le fait que tout vibre, sans cesse. Que tout est vibrations, avec des intensités différentes.
  • Le fait que l’art soit une vibration créative en lien avec une émotion primordiale.
  • Le fait que nous soyons composés d’eau – 99% des molécules de notre corps – et que celle-ci porte de l’information.
  • Le fait que l’information se fixe par par l’intermédiation de champs, que l’information est partout et toujours.
  • Le fait qu’absolument tout soit fait de paires séparées et confondues.
  • Le fait que l’amour ne puisse être qu’inconditionnel, permanent et délesté de l’ego.
  • Le fait que l’Amour Inconditionnel soit notre moyen d’unification.
  • Le fait que le souffle soit l’expression de vie…

forment un ensemble cohérent. Un Tout plein de sens. Oui, tout cela a un point commun, un point comme UN.

Un point comme UN

Dans ce Un, ce Tout qui va au-delà de l’Univers, “ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas“. Comme une figure fractale (exemple ci-dessous). Le Tout est dans Tout. On trouve les mêmes caractéristiques, les mêmes principes ou encore les mêmes lois.

Par Wolfgang Beyer with the program Ultra Fractal 3

L’intrication permet de toucher à cet infini vivant dans lequel nous sommes même s’il reste fondamentalement indéfinissable. Le toucher oui, l’éprouver oui, mais pas le connaître donc. La barre est humainement trop haute. Il s’agira juste de mieux percevoir les deux pôles de vérité (relative et absolue), de mieux sentir, de mieux se souvenir, de mieux respirer, de mieux connaître, de mieux aimer afin d’être éveillé. Cela après une transformation qui ne tient pas du miracle, qui ne passe pas par une doctrine. Juste réaliser que de la même manière que tout est interconnecté dans un corps humain, tout est interconnecté dans l’ultra-dynamique objet Univers.

Nous l’avons vu, y compris scientifiquement l’Univers n’est pas tel que nous le percevons par nos sens élémentaires. Dans ce Tout, nous l’avons souligné, tout est vibrations. Dans ce Tout, nous l’avons précisé, il n’y a que des paires qui sont les pôles d’une même chose et un trinité qui équilibre. Tout est séparé et confondu avec des plans intermédiaires. Une loi valable pour le genre, par exemple. Tout est masculin et féminin, seul le curseur se déplace. Dans le Tout, on trouve un mouvement inhérent et fondamental de compensation, comme un flux et un reflux. Le Tout décide de tout. Tout est pour le mieux.

Éprouver l’unité en soi est la trame commune et universelle. L’ourobore égyptienne symbolisait déjà l’idée que le cycle de tout devenir avait son double rythme : le développement de l’Un dans le Tout et le retour du Tout à l’Un. Ce qui correspond à la marche de l’Univers.

Il ne s’agît définitivement pas d’avoir ni de savoir mais de devenir en se laissant guider – dans un souffle de vie – par son cœur afin d’Être. L’objectif n’est pas de faire le vide mais le plein. Ici il n’y a pas de croyance, juste une émergence qui remplace l’agitation par un alignement, un effacement, une réintégration. Tout est pour le mieux. C’est ce qu’on nomme la Sagesse. On la trouve en alliant Connaissance et Amour Inconditionnel.

Curieusement, le mot “Sagesse” n’est pas très “sexy” dans notre société. Il apparaît souvent fade, en tout cas au moins dans une certaine tranche d’âge. Comme dire de quelqu’un qu’il est gentil est usuellement devenu cassant. Et pourtant la Sagesse c’est la plénitude, c’est enlever les entraves, ne pas avaler des couleuvres, ne plus être dépendant de la dopamine, se défaire des pensées et émotions infantiles. Se libérer de ses fers après une odyssée, c’est bien plus que sexy. Mourir de son vivant pour renaître autrement, c’est bien plus que sexy. Se laisser guider dans un souffle de vie par son cœur afin d’Être, c’est bien plus que sexy que de rester coincé dans son auto-narration… La liberté qui en découle n’est pas accessoire, elle est essentielle. C’est un accomplissement au delà de soi, il dépasse l’altruisme ou l’altérité. Et pour atteindre la Sagesse on ne doit pas toujours plus apprendre mais se poser des questions en toute intelligence et savoir où se trouvent les réponses, la Connaissance, et l’Amour Inconditionnel. “Le Sage a pour corps l’Univers entier”. Une immensité qui écrase les petites illusions générées par l’ego. La vision du Sage est l’unité.

Ce texte n’a pas pour objectif de vous aiguiller même s’il a été question d’aiguilles, il n’a pas la prétention de vous indiquer un chemin à prendre ou un but à atteindre. Il ne revient qu’à vous d’établir votre dessein, nous le savons. Les Humains, bien que liés, ne transforment qu’eux-mêmes et par eux-mêmes. Ce texte est comme un champ, un espace défini, ouvert et cultivé dans lequel vous pouvez cueillir (ou pas) une synchronicité, une idée, un thème, une réflexion, une porte, une inspiration et/ou de l’amour.

Un ou des éléments évoqués ici ont peut-être résonné, vibré en vous, en créant une association d’idées qui fait sens avec quelque chose que vous portiez déjà. L’essence de l’Homme qui aspire à une forme d’éveil est le questionnement dynamique. Il doit sans cesse questionner, sans cesse tenter de comprendre, sans cesse tendre vers la Connaissance et l’Amour Inconditionnel pour sortir de son auto-narration, de son ego. Mais sans agitation, sans précipitation, sans objectif prédéfini, sans se couper du monde. Il s’agît de se laisser porter en confiance sans rechigner à agir. Il s’agit de percer le voile, il s’agît de s’éveiller car dans le sommeil l’existence n’est qu’une illusion. Vous le comprenez, car vous savez ce qu’est un rêve, vous savez qu’il n’a pas d’emprise concrète sur votre réalité “quotidienne”, vous savez que généralement il disparaît même rapidement de la mémoire. Tel le réveil pour sortir du rêve il faut l’éveil pour quitter l’illusion sous peine de ne connaître que l’écume insignifiante d’un océan.

Qui sait, ce n’est peut-être pas totalement un hasard si vous venez de lire ce texte. Il y avait de quoi refuser la lecture, la reporter ou décrocher en cours. Quoi qu’il en soit, à ce moment de lecture, donc de partage, nous sommes liés. Je t’embrasse.

Au delà des apparences, Tout est Un.

Mis à jour le 6 avril 2020

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