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Tendance

Une loi fondamentale et universelle : l’Amour Inconditionnel (A.I.)

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Imaginez-vous loin. Très loin. Dans un petit village hors du temps et presque des cartes. Vous y résidez et vous connaissez chacun des habitants. Le cours de la vie et des choses n’est pas toujours simple. Il est parfois rude. Mais il semble cohérent même s’il n’est pas forcément juste à vos yeux. Puis arrive cet homme inconnu d’un âge mûr, comme égaré, les yeux fuyants. Vous allez à sa rencontre de cet étranger et le questionnez pour l’aider. Il a vraiment l’air perdu ce pauvre homme. Où va-t-il ? Il ne le sait même pas. Il semble agité, il parait imprévisible. Il convient de bien faire les choses – on ne sait jamais – en appelant des personnes plus compétentes en matière de dialogue. La bienveillance, c’est de venir au secours de cet homme désemparé même s’il n’en a pas forcément conscience. Il répond aux questions, parfois, mais pas toujours. Effectivement, il ne sait pas où il va, son passé… il devient flou au delà de deux générations. S’il fait encore la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal, il privilégie avant tout son intérêt propre. Sa personne prime, peu importe les conséquences pour la communauté. Il paraît belliqueux. Ses cicatrices, nombreuses, trahissent un tempérament volcanique. Il n’est donc pas vraiment de confiance, ses priorités et son attitude étant incompatibles avec le vivre ensemble nécessaire à la vie d’un petit village. “Vous me pensez dangereux, un peu fou, inconscient ? Mais je suis à l’image de l’humanité !” s’écrie-t-il pour mieux en rire. Et il quitte les lieux après avoir joué son tour. Si la méthode détonne, elle rappelle celle de Rabia al-Adawiyya (714-801) dans son histoire de l’aiguille perdue.

Un soir, on trouva Rabia dans la rue, en train de chercher quelque chose sur le sol face à sa maison. C’était une vieille femme qui voyait mal. Ses voisins vinrent donc l’aider. “Que cherches-tu ?” lui demandèrent-ils. “Je cherche une aiguille”, expliqua la dame âgée. Ils commencèrent à l’aider, mais la mission était aussi grande que la rue, trop grande, d’autant plus que la nuit était tombante. “Tu ne sais pas à peu près où tu l’as perdue dans la rue ? Cela parait compliqué de la retrouver”, disent-ils à Rabia après plusieurs minutes de recherche. “Je l’ai perdue dans ma maison”, répond la femme. “Mais alors pourquoi nous fais-tu chercher dans la rue ?”, s’agace un voisin en se redressant. “Parce qu’ici il y a encore de la lumière et qu’il n’y en a pas à l’intérieur, chez moi il fait noir”, déclare Rabia en toute sérénité. “Mais enfin Rabia, tu as perdu l’esprit ! Rentre chez toi et allume une lampe pour la retrouver ! On perd notre temps dehors, l’aiguille n’y est pas…”, lance un autre décontenancé. Et Rabia s’esclaffe… avant de dire : “Ah, vous êtes plus malins quand il s’agît de choses triviales ! Pourtant je vous vois tous les jours chercher en dehors ce que vous avez perdu à l’intérieur.

Le décor est planté.

  • Et si nous partions en quête de sens ?
  • Et si nous prenions du temps pour le faire malgré les activités de la vie quotidienne ?
  • Et si nous cherchions au bon endroit ?
  • Et si nous produisions cette effort en faisant un pas de côté mais rien de trop ?
  • Et si nous tentions de penser une loi observable dans un Univers pourtant invisible à 95% ?
  • Et si nous rêvions d’une harmonie qui nous dépasse ?
  • Et si nous touchions un principe primordial susceptible de décrire de manière cohérente l’ensemble des interactions fondamentales ?
  • Et si par une expérience de pensée nous partions en toute humilité, en toute simplicité (en écartant donc l’ego) en quête d’une Vérité absolue ?
  • Et si intuitivement il était possible de se remémorer une forme de loi universelle cohérente et réjouissante ?
  • Et si au delà de l’observation directe et d’une prétendue rationalité on pouvait trouver un équilibre sur un plan intelligible ?
  • Et s’il ne s’agissait pas que de jouir d’un certain temps dans notre précieuse existence humaine mais d’apprendre quelques fondamentaux ?
  • Et si il était justement fondamental de s’élever au-dessus de sa condition de mortel tout en l’assumant ?
  • Et si essayer de comprendre un peu était tout simplement source d’enchantement ?
  • Et s’il fallait passer par une désaliénation du matériel ?
  • Et s’il fallait associer le monde sensible au monde des idées ?
  • Et s’il fallait inévitablement prendre ce chemin tel un pèlerin pour réellement progresser en conscience et exalter ce qui fait notre originalité, l’Esprit ?
  • Et s’il fallait imaginer plutôt qu’observer pour trouver ?
  • Et s’il fallait sortir du monde pour entrer dans l’Univers et appréhender un Tout ?
  • Et s’il fallait tout simplement prendre conscience ?
  • Et s’il fallait remettre le cœur au centre de tout ?
  • Et s’l fallait éprouver une unicité primordiale ?
  • Et s’il fallait primordialement ETRE ?

Le fruit a-t-il conscience de la racine ?

Nous vivons dans une société globalement matérialiste dans laquelle le patrimoine, le paraître et/ou le pouvoir sont considérés comme fondamentaux dans la réalisation d’une vie d’être humain [les désirs extérieurs représentés par l’aiguille à l’extérieur dans le conte de Rabia]. Nous vivons ici dans une société agitée qui accorde souvent au moins autant d’importance au verbe avoir qu’au verbe être. Une approche court-termiste – parce qu’à l’échelle d’une vie humaine – qui nie la mort (“l’âme hors” dans la langue des oiseaux), qui nie la qualité d’être afin de donner la priorité aux relations, qui oublie le cycle de vie et qui rêve même d’hybridation croissante de l’humain avec la machine puisque seule la matière existe…. pour elle.

Nous constatons cette approche ego-centrée qui réduit le monde et même l’Univers à un environnement relativement identifié, qui réduit tout événement à des causalités et qui réduit toute trame à un temps perceptible. Une approche qui croit pouvoir trouver des explications à tout et sur tout mais qui oublie les bases… et évite les étapes propices aux grandes réflexions existentielles. Une approche qui se traduit par une fuite en avant pour toujours mieux s’étourdir et ne pas se poser les vraies questions. Celles qui permettent une forme d’éveil véritable décorrélée d’une quête de “bien-être” personnel motivée par une ambition égoïste et/ou égocentrique. Souvenez-vous le sens de divertissement : ce qui détourne quelqu’un de l’essentiel. Et remarquez que le divertissement est devenu… une industrie.

Les vraies questions sont celles qui permettent à l’Homme “extérieur” pourtant soumis aux contraintes à donner naissance à l’Homme “intérieur”.

Un Homme intérieur conscient de l’intrication générale qui le lie à un vaste ensemble. Un être humain qui s’ouvre et qui en cela est différent de celui qui reste concentré sur la matérialité et qui vit à l’extérieur, en périphérie de lui-même, hors de la perception de Tout. Celui-là oublie qu’il est un être en devenir, fini mais pas achevé et plein de ressources à transmuter afin d’éprouver l’essentiel.

Un peu de sagesse amérindienne pour nous mettre sur la voie par le biais de cette légende : un vieil homme dit ainsi à son petit-fils : “Il y a généralement dans une meute de loups une paire dominante. Mon enfant, en chacun de nous se déroule une lutte entre ces deux loups. Le premier est bon et ne fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tous ceux qui l’entourent. Il est joie, paix, amour, humilité, bienveillance, empathie et vérité. Mais l’autre loup… celui-là, il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il s’apitoie sur lui-même. Son intérêt passe avant celui des autres. Il se bat sans cesse. Il est incapable de penser parce que sa colère et sa haine prennent toute la place. Il est tellement fier…” Et le petit garçon demande : “Grand-père, lequel des deux loups va gagner ?” Le sage répond : “Celui que tu nourris.”

On choisit ce que l’on est intrinsèquement. Fondamentalement. Comme on choisit la version de soi que l’on offre aux autres et à leur interprétation. Le verbe “être” (la réalité) n’est pas le verbe “paraître” (ce qui est visible). Et pour pleinement “être” sage (ce qui est bien plus important qu’on ne pourrait le penser de prime abord), il faut éprouver une forme d’alignement. De quoi est-il question avec ce bien être qui n’est pas le bien-être ?

Persévérez / Percez et vous verrez

Souvenons-nous de la légende athurienne du Roi Pêcheur qui met en scène le chevalier Perceval. Parce qu’elle illustre par exemple une forme de renoncement trop courant. Ou une indifférence. Ou un aveuglement. Ou un oubli. Car une question essentielle est souvent mise de coté : pourquoi ?

Pas le “pourquoi” né d’une faim de curiosité dans la vie de tous les jours. Non, celui qui est trop souvent happé par le train du quotidien. Nous évoquons ici le “pourquoi” plus vaste et plus fondamental. Celui qui crée du lien et donne du sens.

Rappelez-vous l’épopée de Perceval (celui qui “perce le voile” de l’ignorance et de l’illusion), parti à l’aventure sur sa monture. Il arrive sur des terres sinistrées, dans un environnement qui semble sans vie. Comme si la nature souffrait de dépression. Les maisons ne semblent pas réellement habitées. Le chevalier aperçoit un vieil homme en train de pêcher dans une rivière relativement asséchée. Il se rend auprès de cet ancien qui se trouve être le Roi. Le souverain est un homme malade de ses blessures qu’il ne parvient à guérir. Un état qui rejaillit sur son royaume, sinistre. Le Roi déprimé se contente d’aller à la pêche alors qu’il sait qu’il n’en ramènera rien.

Malgré son état, en homme de qualité il offre à Perceval gîte pour la nuit et couvert en son château. Ce que le jeune homme accepte même si le chemin pour s’y rendre est ardu. En effet, il s’agît de passer par une faille rocheuse (trop étroite pour qu’un ego vigoureux et incompatible avec une quête initiatique ou une évolution spirituelle ne s’y glisse). Si le château est magnifique et contraste avec le reste du royaume, ses habitants semblent malheureux. L’endroit n’est que silence et tristesse. L’heure du dîner arrive, Perceval en tant qu’invité d’honneur prend place à côté du Roi. Étonnamment, les nombreux mets sont raffinés, le vin est divin. Le repas contraste avec la déprime prégnante. Mais il n’apporte aucune joie auprès de la cour.

Surprise, un merveilleux et curieux cortège traverse la salle. Il est composé en sa tête d’un jeune homme blond, tout de blanc vêtu. Il tient une lance sur laquelle glisse un peu de sang. Suivent deux jeunes hommes tenant des chandeliers d’or. Derrière eux, une femme d’une incroyable beauté avec un plateau d’argent aussi remarquable que flamboyant, sur lequel se trouve une coupe d’or sertie de pierres précieuses. Cette coupe rayonne et diffuse les plus envoûtants reflets de lumière. Le cortège passe une fois, Perceval n’ose parler. Puis une deuxième fois. Puis à une troisième reprise. Le chevalier n’ose interroger le Roi pour comprendre la motivation de ce cortège atypique et inattendu. Pourtant, à chaque passage, les lamentations se font plus fortes à table et les pleurs plus nombreux. Mais non, notre héros bien qu’incommodé ne demande pas d’explication. Il choisit la facilité et ne cherche pas à comprendre le sens de tout cela. Après cet étrange dîner, Perceval rejoint sa chambre pour la nuit.

Le lendemain matin le chevalier découvre un château désert. Il retrouve son cheval dans l’écurie et quitte les lieux. Sur le chemin, une cavalière fonce vers lui et l’interpelle. “Tu es un mauvais chevalier ! Pourquoi n’as tu pas demandé au Roi ce qu’était ce cortège ? Cette simple question aurait provoqué sa guérison et redonné vie à notre cité ! Mais tu n’as rien fait, tu n’a porté aucun intérêt ! Va, maintenant, vivre tes aventures, mais que ta conscience ne trouve pas de repos tant que tu n’auras pas réparé ta mauvaise action !” Puis elle repart aussi promptement.

Désigné coupable par cette femme venue de nulle part, Perceval entend retourner au château du Roi Pêcheur afin de corriger son erreur, afin de faire preuve de compassion et libérer le Roi de sa souffrance et le royaume de sa petite mort. Mais il se perd. Il ne retrouve pas le fameux château. Plus tard, Perceval raconte cette histoire à la cour du Roi Arthur. Tous les chevaliers décident de partir au secours de ce royaume dévasté par la douleur de son Roi. Et c’est Perceval qui est le premier à le retrouver. De nouveau invité au dîner du château, il ne manque pas l’opportunité au passage du cortège et demande au Roi son sens. Ce simple “pourquoi ?” venant du cœur redonne comme par magie (car l’âme agît) la vitalité au souverain, au pays, aux siens.

Le Roi Pêcheur révèle à Perceval que la coupe est le Graal. Cet objet qui représente dans son interprétation moderne un objectif difficilement réalisable, mais qui apportera au monde de nouvelles connaissances ou permettra une application originale sur la matière. D’ailleurs on qualifie la théorie de grande unification (théorie du Tout) de “Graal des physiciens”. Le Graal, le Tout… retenez cela.

Symboliquement, cette légende explique que, sans quête de sens et sans cœur, tout se déprime. Qu’il faut tendre vers la découverte de la quintessence. Car c’est sur ce chemin que chacun trouve sa place. Dans cette histoire du Roi Pêcheur, la cité périssait à cause d’une confortable indifférence, à cause d’une négligence en termes d’attention et surtout d’intention. Et pourtant le Graal, ce trésor merveilleux, était juste là, à portée. Encore faut-il tendre vers lui. Persévérez ! Percez et vous verrez !

C’est avec cet état d’esprit que je vous propose de partager un vaste “pourquoi ?”. Ensemble persévérons. Enrichissons-nous mutuellement. Car si la matière est la partie périssable de l’Homme, l’essentiel est ailleurs. Bien qu’intime cet essentiel ne demande que transmission. Car les Hommes bien que liés, ne transforment qu’eux-mêmes et par eux-mêmes. Il convient donc de se proposer avec cœur des éléments, des outils de travail, de l’information. Ici vous lisez un texte dynamique qui se transforme, qui tente de s’enrichir, qui évolue. Notre quête est un rapport actif au monde, c’est une dynamique intérieure, ce sont des pas qui s’enchaînent. La Connaissance n’est pas figée, pourquoi la présenter de manière invariable ? Car au bout du bout, il ne s’agît pas d’avoir ni de savoir mais d’être.

A cet instant de ma rédaction, mon bureau vibre par la magie de la Toccata et fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach. Cette œuvre qui touche au sublime, nous sommes nombreux dans une génération à l’avoir connue, enfant, par le biais d’un dessin animé nommé “Il était une fois”. Alors…

Il était une fois l’Univers (auquel nous appartenons)

L’immense majorité de l’immense l’Univers demeure invisible à nos yeux. Il est composé à 95% de matière noire et d’énergie noire (“noire” parce qu’invisible). Et aujourd’hui la science ne sait pas trop de quoi il est question. Sauf que nous percevons leur présence par leurs effets gravitationnels sur la matière ordinaire (les 5% restants qui sont visibles) ou l’Univers dans son ensemble.

Comprendre cette énergie et cette matière omniprésente bien qu’invisible à nos yeux, c’est comprendre le destin de l’Univers et trouver du sens… en partie la quintessence. Notamment, l’énergie noire qui représente à elle seule 70% du contenu énergétique de l’Univers. Oui, il y a du sens là-dedans et certainement de grands secrets existentiels. La matière noire crée du lien dans l’Univers, sans elle il ne serait que chaos, sans elle l’Univers serait inhabitable. La matière noire traverse et façonne les planètes et les étoiles. La matière noire est le ciment de l’Univers.

Depuis 1929 et les observations d’Edwin Hubble, on sait que l’Univers est en expansion. On suppose (la question est encore ouverte) qu’il part d’un Big Bang il y a 13.8 milliards d’années. En fait, tout partirait d’un point : “l’atome primitif” qui se lance dans expansion effrénée sous l’action de l’énergie noire.

La question de l’origine de l’Univers reste ouverte, car si les chercheurs arrivent à “remonter le temps” dans leurs observations à 10-43 secondes après le Big Bang, le t=0 reste inaccessible. Les équations présentent alors une singularité (comme avec tout trou noir), c’est à dire que la température et l’intensité deviennent infinies ! C’est le “mur de Planck”, les équations s’effondrent car il faudrait que la théorie de la gravitation s’unisse à la physique quantique pour aller plus près du zéro. La densité, la température deviennent telles qu’on ne peut plus calculer. Pire, les ébauches jusqu’ici d’unification de la relativité générale et de la physique quantique qui permettraient d’atteindre l’instant zéro… déplacent l’instant zéro. Et puis penser l’origine de l’Univers… c’est aussi penser l’avant… donc l’absence de l’Univers. Il faut donc penser le néant alors qu’on ne peut pas le penser sans lui accorder un statut qu’il ne peut avoir puisque c’est le néant… Compliqué. Nous sommes à la limite de l’aporie (contradiction insoluble dans un raisonnement). Donc s’il y a une origine de l’Univers mais pas d’instant zéro, c’est qu’il y a forcément quelque chose d’autre. L’instant zéro serait donc une transition, un rebond, ou une transcendance. Ou tout aussi possiblement il n’y a ni début, ni fin. Car la notion de temps est plus que discutable… puisque humaine (nous y reviendrons). Et enfin qui nous dit qu’il n’y a qu’un seul Univers ? Je vous renvoie vers la théorie des multivers qui pourrait expliquer aussi l’existence des trous noirs. Ou encore à des sagesses ancestrales qui évoquaient (à des périodes où on ne connaissait même pas la notion de galaxie) des milliards d’univers liés par paires dans Un grand Tout. Ce qui voudrait dire que notre Univers a un jumeau, comme le positron est l’antiparticule de l’électron. Beaucoup de questions restent donc ouvertes. Et le Big Bang pourrait représenter les limites actuelles de la construction théorique.

C’est donc à partir de 10-43 secondes que la science constate le début de l’expansion accélérée de notre Univers à partir d’un unique et minuscule point : on l’appelle “l’inflation cosmique.” Depuis 1998, on sait que cette expansion est de plus en plus rapide. Tout part donc d’un petit point qui reste un objet et qui n’est pas une enveloppe.

Ceci est fondamental ! Tout part donc d’un petit point, un atome primitif (répondant aux principes de la mécanique quantique), qui reste un objet (plein) et qui n’est pas une enveloppe (avec du vide). Notre Univers est un objet, pas une enveloppe : nous ne sommes pas DANS un Univers, nous faisons partie de notre Univers. Et il est quantique par nature. Et jamais vide.

Ajoutez à cela que l’Univers – que nous constatons – est homogène (de même nature, uniforme) et isotrope (qui présente les mêmes propriétés dans toutes les directions), et bien le cocktail est relevé ! Car cela veut dire qu’ici chaque chose (donc chacun d’entre nous pour revenir à des considérations humaines) est liée, interconnectée, possède intrinsèquement les mêmes informations fondamentales, et est mue par la même énergie vitale. A savoir pour beaucoup la fameuse énergie noire qui permet l’expansion de l’Univers et qui le rend habitable malgré le chaos ambiant.

Rappelez-vous, l’expansion accélérée de notre Univers est provoquée par l’énergie noire via une gravité répulsive. Mais on ne sait pas ce qu’est cette énergie noire, invisible. Si ce n’est un vide qui ne l’est pas énergétiquement. Elle est partout dans l’espace et ne se dilue pas malgré l’expansion. “Elle est présente entre les galaxies. Elle est présente dans cette pièce. Nous pensons que dans tout lieu, où il a du vide, il y a inévitablement un peu de cette énergie noire” , expliquait Adam Riess,  astrophysicien et cosmologiste qui fait partie de ceux qui ont mis en évidence en 1998 le phénomène d’accélération de l’expansion de l’Univers.

L’astrophysicien français David Elbaz établit un analogie intéressante. Un arbre comme le chêne est composé des mêmes proportions que l’Univers. L’énergie noire correspond au tronc (70% du poids du chêne), la matière noire aux branches (25% du poids), la matière ordinaire aux feuilles, c’est à dire les 5% restants. Et pourtant ces 5%, à distance, c’est ce qu’on voit à l’œil nu. Oui, ce sont juste les feuilles… comme la matière ordinaire. Si on détache une feuille de l’arbre, elle meurt. De la même manière, si on détache la matière ordinaire de la matière noire, elle meurt. Si on prend deux feuilles séparées d’une certaine distance, lorsque la branche grandit, ces deux feuilles s’éloignent. Si on prend une feuille deux fois plus loin, avec la croissance de la branche, elle s’éloigne deux fois plus vite parce que chaque morceau de branche grandit d’une même entité. Et si vous prenez le tronc, il pousse le tout à s’agrandir plus vite, cela… telle l’énergie noire. “Donc l’arbre suit la règle de Hubble. Il suffisait de prendre un arbre comme le chêne pour tout comprendre sur l’Univers !” constate, amusé, le scientifique du CEA.

“Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, assurait Hermès Trismégiste il y a plus de deux mille ans. Et comme toutes les choses sont sorties d’une, à travers la pensée de l’Unique, de même toutes choses sont nées de cette chose unique, par adaptation.” Intéressante concordance. Et ce n’est que le début…

Toutefois, faisons une mise au point : l’Homme n’est pas central dans l’Univers et encore moins une finalité. Il est une forme d’existence endogène au sein d’un ou plusieurs Univers avec une forme de conscience inaboutie. Pour preuve l’anthropocentrisme qui est surtout l’expression de l’orgueil d’une espèce qui justifie ainsi le fait de tout accaparer aux dépens des co-habitants. Sans y trouver paix, joie ou bonheur par ailleurs.

Au passage, il est amusant de constater que dans les considérations générales – comme dans les représentations artistiques – l’Univers est synonyme d’étoiles, de calme, de vide, de paix, alors que le chaos tend à y régner… L’Univers s’oppose à ce que nous percevons spontanément avec nos sens de Sapiens. Le vide que nous croyons voir est saturé, ultra plein de matière et d’antimatière.

Quoi qu’il en soit, on peut affirmer qu’il manque un concept universel à la cosmologie qui permette une théorie homogène et une juste perception de l’Univers. Des surprises sont à venir dans notre perception de l’Espace aux interactions invisibles mais réelles, hors des notions d’espace et de temps.

Notre conscience

Il est bien compliqué de définir le mot “conscience” puisque l’exercice revient à demander à une conscience de s’auto-définir… Ce qui est purement subjectif. D’autant plus que la conscience est une affaire intime qui touche au sensible. Et puis nous avons là une notion centrale pour nombre de disciplines (neurosciences, philosophie, psychologie, sciences sociales ou encore les spiritualités). Difficile donc de se baser sur une définition.

On dira ici pour tenter de faire simple et surtout s’offrir un postulat que communément on peut entendre la conscience comme un ensemble par rapport à une intériorité : un ensemble comprenant la conscience du monde (et de l’Univers), la conscience de soi, et la conscience de soi dans le monde (et l’Univers). Cela étant possible par le biais d’outils que sont nos cinq sens et par une forme d’éveil (qui n’est pas réservée à l’humain par ailleurs mais au domaine du vivant).

On précisera aussi que toute perception est conditionnée par l’éducation, l’humeur du moment, les apprentissages, etc. mais aussi par le travail permanent de notre cerveau (à 98% inconscient) pour nous donner une version de ce que nous pensons être la réalité et non sa juste interprétation, un travail pour nous donner ce qui à l’étoffe d’une histoire authentique qui s’écrit en permanence. Le rêve étant son pendant car même s’il est lié à la conscience il donne ce qui à l’étoffe d’une histoire imaginée, sans contrainte d’apparence de réalité.

Et puis, il faut comprendre la conscience d’une manière assez large car elle n’est pas le fruit d’une cognition qualitativement de haut niveau, contrairement à une idée répandue, mais plutôt une expérience. D’ailleurs, chez l’humain, la conscience de soi pourrait se limiter à la perception par le cerveau des battements du cœur… Ce qui n’est pas anodin non plus puisque les organes se synchronisent par rapport au rythme cardiaque. Le cœur est le chef d’orchestre du corps, et la clé, ou le lien.

Enfin, posséder une conscience n’est pas une propriété humaine. Et nombre d’observations comportementales montrent par ailleurs qu’une multitude d’espèces développent une “théorie de l’esprit”.

Tout ceci étant précisé, la conscience peut être comprise et pensée comme synonyme de vie intérieure en interaction avec l’extérieur au delà du processus de métacognition cher à l’humain (c’est à dire penser sur ses propres pensées, avoir un retour réflexif sur soi-même).

En latin classique “conscientia” signifie “connaissance en commun” ou “avec une connaissance”. Une connaissance en commun, une connaissance qui serait là, partagée, accessible,… parlons-nous d’une connaissance fondamentale… que consciemment et inconsciemment nous possédons ? Une conscience universelle ? Une Conscience omniprésente ? Une hypothèse de super-psi ? Une noosphère ? Un Tout ?

Voilà en tout cas qui peut renvoyer à l’approche moniste, ce principe philosophique qui dans sa version moderne soutient le postulat d’unicité de la substance qui compose l’Univers. Ce qui est constaté scientifiquement depuis Albert Einstein. Ne nous lassons pas de le dire : l’Univers est un objet et pas une enveloppe. Il n’y a pas de vide, tout est plein. Nous ne sommes pas dans un Univers, nous sommes partie intégrante d’au moins un Univers. Cette unité fondamentale du Cosmos ou de l’Univers peut être perçue physiquement (monisme physicaliste), spirituellement (monisme idéaliste), de manière dualiste (tout est matière et esprit) ou neutre (il existe une substance mais elle n’est ni matière ni esprit). Quoi qu’il en soit cette unité fondamentale renvoie à une conscience universelle. A un Tout.

Le pré-socratique Parménide (-VIe siècle avant J.-C.) défendait (déjà) une philosophie de l’harmonie universelle. L’homme sage doit trouver sa place dans le Cosmos, faire partie du Tout Universel. Et plusieurs chemins s’offrent à lui, expliquait-il. “Il faut que tu connaisses toutes choses, et les entrailles incorruptibles de la vérité persuasive, et les opinions des mortels qui ne renferment pas la vraie conviction”, écrivait-il… Où le chemin de la raison brute plutôt que de l’opinion ou de la simple perception. L‘Etre est la condition de la pensée. Une pensée qui doit permettre de concevoir (et non voir). La Vérité se trouve dans les entrailles. Le Tout se découvre au plus profond.

Ouvrons une parenthèse pour remarquer que la “tendance” affirmée chez nos contemporains est à la dissociation (distinction par le “je suis différent”) et à l’opinion (“moi je sais”) par une perception (“ce que je vois est la vérité”)… Ce qui est un égarement de la pensée. Ou l’exact opposé du chemin expliqué précédemment. La tendance majoritaire dans notre société est à s’écarter de l’être pour privilégier l’opinion dans une forme d’exaltation. Cela alors que la pensée demande avant tout humilité et calme puisqu’il s’agît d’espérer comprendre un tout petit peu ce qui est vraisemblablement inintelligible à notre niveau d’humain. Par chance, puisque nous faisons partie de l’objet Univers – homogène et isotrope – partie d’un Tout, nous pouvons tenter de chercher en nous quelques éléments de réponse avec notre conscience pour outil. Avec une consigne : Persévérez. Percez et vous verrez.

Précisons : chercher en soi, ce n’est pas se lancer dans une analyse psychologique, ce n’est pas faire une introspection égotique pour démêler le pourquoi du comment. C’est justement se détacher de l’ego – certes structurant lors de sa première partie de vie – pour se rapprocher de l’essentiel dans un second temps, c’est à dire concevoir LE lien organique car l’Homme et l’Univers sont de même nature. Ce n’est pas exclure ce qui est extérieur. C’est chercher la synthèse, l’osmose (l’influence réciproque, l’interpénétration) depuis notre place qui – si modeste soit-elle dans l’objet Univers – est le point d’où nous prenons conscience d’être.

C’est le précepte delphique “Connais-toi toi-même” repris par Socrate : aller toucher ce que par essence chacun peut porter en lui. “L’imagination (du latin imaginatio, “image, vision”) est plus importante que la connaissance. Car la connaissance est limitée, tandis que l’imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l’évolution”, disait Albert Einstein. Par imagination il faut entendre les représentations imagées générées par l’esprit, et pas par les yeux. C’est à dire, ce qu’il est possible de trouver au plus profond, dans ses propres entrailles, comme un trésor. L’imagination peut créer mais peut aussi révéler. Car souvent nous ne mesurons pas le sens de ce qui nous arrive.

« Tu n’y verras clair qu’en regardant en toi. Qui regarde l’extérieur, rêve. Qui regarde en lui-même, s’éveille » – Carl Gustav Jung

Expérience de pensée

J’espère que cette lecture se déroule bien, qu’elle vous est agréable, et que l’expérience de pensée que je vous propose ici reçoit un accueil favorable. Mais l’expérience de pensée ? Qu’est-ce donc ?

“La connaissance s’acquiert par l’expérience (de pensée), tout le reste n’est que de l’information”, disait le fameux et incroyable Albert Einstein. Décryptons.

La physique moderne est née avec des acquis mais sans données, sans informations. Elle est née dans l’esprit d’hommes brillants avec l’aide d’une méthode atypique : l’expérience de pensée (thématisée par Ernst Mach). C’est à dire “une manière de résoudre un problème en utilisant la seule puissance de l’imagination humaine parce que les conditions de l’expérimentation ne sont pas réalisables”, comme la définit Wikipedia.

Pour faire simple, il s’agît de se dire : “que se passerait-il si… ?” Et d’essayer d’apporter des réponses viables qui peuvent aller au-delà de ce que nous observons, par l’imagination. Car “le monde s’oppose à ce qu’il nous montre spontanément”, souligne Etienne Klein, brillant philosophe des sciences chez qui je pioche la partie historique suivante :

On nous dit à l’école que les faits sont premiers, relève Etienne Klein. On nous apprend aussi que s’il y a une contradiction entre les faits et les lois, c’est que les lois sont fausses. Mais ce n’est pas… si vrai. Toutes les lois de la physique moderne contredisent les informations perceptibles. Elle sont cachées derrière les phénomènes observés et les contredisent. Pour les trouver, il faut s’écarter du réel empirique – qui reste toujours l’objet d’interprétations – et faire des hypothèses. Et ensuite les tester spécifiquement. Il faut réussir à imaginer ce qu’on ne voit pas. Et même par exemple penser le principe d’inertie qui ne s’applique nulle part dans l’Univers puisque le vide n’existe pas. On ne trouve du vide nulle part. Il y a de la gravitation partout.

Penser le vide, c’est ce que Galilée a pourtant fait. Ce qui lui a permis d’énoncer la théorie de la chute des corps en 1604. Ce physicien et astronome a remis en cause les idées reçues par l’observation de la nature et les idées d’Aristote en la matière. Est-ce qu’au XVIIe siècle on peut mesurer la vitesse d’un corps qui tombe ? Non. Sait-on alors si le vide existe ? Non. La loi de Galilée ne résulte d’aucune information. Comment peut-on trouver une loi contredite par les faits observables dès le départ ? Comment peut-on concevoir une loi au XVIIe siècle que même des algorithmes actuels ne pourraient trouver ? Par un stratagème, à savoir l’expérience de pensée en imaginant la fiabilité d’une loi dans un contexte.

Les corps les plus lourds ont tendance à tomber plus vite que les plus légers. C’était la vérité acceptée avant Galilée. Celui-ci laisse tomber une pierre dans de la mélasse, une autre dans de l’eau, une autre à l’air libre. Evidemment les vitesses ne sont pas les mêmes. Et il se demande : et s’il n’y avait rien, du vide… quelle serait la vitesse de chute de la pierre ?

Comme il ne peut expérimenter dans du vide, il doit le penser. Comme à l’époque l’Eglise envoyait vite sur le bûcher, il a pris la précaution de démonter au préalable l’idée qui voulait que les corps les plus lourds tombent plus vite que les plus légers. Il l’a démontée avec cette hypothèse : si on attache une grosse pierre avec une ficelle à une petite, le poids est plus grand. Donc l’ensemble doit tomber plus vite, si l’on suit le postulat d’Aristote. Mais ce même postulat nous dit que la pierre plus légère va provoquer un effet parachute et ralentir la plus grosse. Le postulat se contredit. Il ne fonctionne pas car il dit que la grosse pierre va tomber plus vite ET moins vite. La solution: tous les corps tombent à la même vitesse dans le vide. Mais dans ce que nous observons il y a d’autres forces liées à la présence de l’air qui font qu’une feuille de pommier ne tombe pas à la vitesse d’une pomme. Galilée conçoit une loi juste en imaginant du vide qui n’existe nulle part. Il a fait un pas de côté.

Revenons à Albert Einstein. Il propose en 1915 une théorie de la gravitation générale. Cette même théorie qui a permis de déterminer les ondes gravitationnelles en 2016, un siècle plus tard. C’est la théorie d’Einstein qui, aujourd’hui, permet de faire de la cosmologie et de concevoir l’Univers comme un objet physique. L’Univers devient un objet avec des propriétés globales et non plus une enveloppe. Mais, en 1915, que savait-on de l’Univers ? On ne savait pas que l’Univers était en expansion. On ne savait même pas qu’il y avait d’autres galaxies (il y en a plus de 2000 milliards)… Par rapport à ce qu’on sait aujourd’hui, il n’y avait quasiment aucune donnée. Mais il l’a pensée.

La mécanique quantique a été formalisée dans les années 20. C’est celle qu’on utilise aujourd’hui pour définir la matière. Les découvertes qui ont suivi n’ont jamais remis en cause les principes initiaux. Que savait-on dans les années 20 sur la matière ? Très peu de choses… La mécanique quantique est née sans données.

« La Connaissance s’acquiert par l’expérience de pensée, tout le reste n’est que de l’information. » Il est fascinant de concevoir qu’on peut viser juste avec une expérience d’imagination. Par un état modifié ou altéré de conscience. La Connaissance – par opposition au Savoir qui est donné comme un acquis par la communauté – est un rapport actif au monde, dynamique. La Connaissance est intérieure, singulière.

Autre exemple, Démocrite qui aux alentours de 440 avant J.-C., a pensé l’atome face à la mer et inventé le terme (a-tomos pour indivisible) en visualisant qu’un corps ne pouvait être divisé à l’infini. Ou sinon l’Univers et un simple grain de sable étaient identiques, tous deux contenant une infinité de mondes… Une déduction faite il y a 2500 ans environ par une expérience de pensée. Démocrite a même émis le postulat que ces “grains” indestructibles étaient de différents types.

Faisons une parenthèse, une halte. Nous ne sommes pas loin ici de la Gnose, avec la Connaissance qui est au-delà du perceptible, du Savoir, et qu’on peut trouver en soi. La Connaissance qui permet de s’ancrer et de s’élever. Pour Platon, la Connaissance ne peut être qu’immuable, et l’âme a cette Connaissance absolue, cette sagesse. On ira même jusqu’à penser que la quête interne de la Connaissance est une aventure, comme l’art, avec pour déclencheur l’appel de l’Être. Sans certitude absolue. Fin de la parenthèse. Reprenons.

Pour penser l’imperceptible, il vaut mieux, comme nous l’avons vu, laisser de côté le déterminisme : oublier la logique des horloges et privilégier la logique des nuages selon l’expression de Karl Popper. Ce que nous invite à faire la physique quantique. Le raisonnement par analogie, le symbolisme, l’association d’idées, permet d’avancer plus sûrement que la déduction. Vive la puissance de l’imagination !

Notre connaissance de l’Univers est très parcellaire. Mais c’est en tout cas une bonne chose que les être humains comprennent qu’ils ne sont pas le centre de l’Univers, voire même d’un Univers. L’Homme n’est même central dans la Voie Lactée… Alors pourquoi partir du principe que nos sens  le toucher, la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe – seraient capables de nous dire tout ce qui se passe ? Notre peau, nos yeux, notre nez, notre langue, nos oreilles sont des instruments fantastiques, mais ils sont limités. Ils sont adaptés à notre environnement pour en donner une représentation, pas pour nous donner accès au réel.

Nous sommes juste adaptés à notre milieu, notre environnement, pour interagir avec la matière ordinaire composée d’atomes. Il y a de la matière sur notre peau, et pourtant nous ne pouvons pas la sentir… Existe-t-elle ? Oui. Alors continuons d’avancer en mêlant – en toute humilité – savoirs supposés et surtout des expériences de pensée. Le tout en misant sur notre patrimoine commun avec l’Univers puisque nous sommes partie de l’objet. Et penchons-nous “maintenant” sur…

Le temps

Le temps, est-ce un concept purement humain ? Le temps est-il une production de la conscience ? Le temps est-il linéaire et avec une flèche ? Existe-t-il sans la mémoire ? Et l’Univers, a-t-il une mémoire ? Nous pourrions encore aligner les questions… Tentons des réponses.

Les scientifiques établissent que l’Univers a un âge au moins égal à 13.8 milliards d’années, et que la Terre s’est formée il y a 4.45 milliards d’années. Mais le temps physique n’a pas les propriétés que nous attribuons d’ordinaire à l’idée de temps, avec un rythme, un sens (un passé gravé dans le marbre, un présent fugace et un avenir incertain) ou des cycles.

En physique, aucune notion ne correspond au passage du temps. Le flux du temps est irréel mais le temps lui est aussi réel que l’espace. L’espace et le temps sont non seulement relatifs mais en outre ils sont liés : ils ne peuvent pas être définis séparément et forment un continuum à quatre dimensions, l’espace-temps. Mais pour reconnaître le temps ou son absence dans des constructions mathématiques, ne faut-il pas déjà le connaitre ?

L’irréversibilité (un œuf cassé le restera) pourrait faire de l’écoulement du temps un aspect objectif. Mais comme nous l’avons vu précédemment, “le monde s’oppose à ce qu’il nous montre spontanément”. Si nous n’observons pas un temps qui passe, nous constatons des états du monde qui changent. Auquel cas, une montre mesure la durée entre deux états comme le mètre mesure des distances. Le fait que la mémoire soit unidirectionnelle (on ne se souvient que du passé) pourrait nous laisser croire que cette unilatéralité est un écoulement du temps. Mais comme tous les temps sont réels, il ne peut y avoir d’écoulement. Il s’agît de perception, de conditionnement.

D’ailleurs, la physique quantique montre que la nature est intrinsèquement indéterministe. Un electron qui entre en collision avec un atome peut rebondir dans n’importe quelle direction sans qu’on puisse la prédire. Ce qui affaiblit le principe de causalité. Et oui, l’observation de l’infiniment petit (atomes et particules) peut surprendre et modifier certaines logiques… Parce qu’un électron peut avoir une infinité de positions dans l’espace, jusqu’à ce qu’une, en particulier, soit mesurée. L’expérience dite de double fente (considérée par beaucoup comme la plus belle de la physique) nous prouve que la mécanique quantique est fondamentalement probabiliste. Or nos logiques sont construites sur des causalités alors qu’il faut comprendre que la réalité ne serait qu’aléatoire, faite de probabilités. L’ordre est fondamentalement indéterminé. Il y a une superposition d’ordres: si une cause produit un effet, un effet peut précéder une cause. Mais ce n’est pas tout, la matière se constitue à partir de l’observation et de l’intention. Ce qui voudrait dire que nos pensées, nos sentiments, notre état d’être, ou encore nos objectifs ont une influence sur la réalité physique qui se déploie.

Post hoc, ergo propter hoc, c’est à dire “à la suite de cela, donc à cause de cela”. Ce proverbe latin souligne ce biais cognitif qui consiste à prendre pour la cause ce qui n’est qu’un antécédent. D’où cette erreur courante de se baser seulement sur l’ordre des événements, de vouloir réfléchir par le biais d’une chaîne causale. Une approche pulvérisée donc par la physique quantique.

Autre élément pour reconsidérer le temps tel qu’il est appréhendé dans les vies courantes, la relativité de la simultanéité. Des horloges placées sur la Terre et sur Mars auront un rythme différent. Et seront donc automatiquement désynchronisées. Il n’y a pas de grande horloge cosmique.

D’où provient alors notre intuition “humaine” du temps ? Serait-ce une simple construction du cerveau qui l’attache à la vie ? Un conditionnement ?

Nous l’apprécions :

  • dans une structure linéaire
  • comme une droite sur laquelle chaque point représente un instant
  • avec un présent (seul instant réel) qui sépare le passé du futur
  • mesurable en secondes, minutes, jours, mois, années…
  • universel (le même pour tous) et indépendant

Or, tout cela est fondamentalement… faux. Ce flux de temps n’existe pas mais nous en avons la perception.

En effet, Albert Einstein est passé par là avec sa théorie de la relativité. L’idée derrière les équations d’Einstein est que l’espace-temps est comme un tissu que la matière et l’énergie déforment et font se courber“La matière dit à l’espace-temps comme se courber et l’espace-temps dit à la matière comment se courber”, expliquait le célèbre physicien John Archibald Wheeler.

La physique quantique est également passée par là. Nous savons que le temps n’est pas universel, il est poli-rythmique, pas orienté et pas linéaire. Plusieurs temps pouvant se superposer. Comme la couleur, notre temps d’humain est une construction mentale pour interpréter le monde qui nous entoure. La notion intuitive que l’on a du temps serait issue du comportement des systèmes thermodynamiques. C’est “l’idée de temps thermique” proposée par le mathématicien Alain Connes et le physicien Carlo Rovelli. “Si cette vision est juste, le temps n’est, en somme, rien d’autre qu‘un effet de notre ignorance de l’état microscopique des systèmes macroscopiques”, écrit ce dernier. Les frontières du temps seraient les frontières des connaissances actuelles.

« De même que la vie émerge de molécules organiques qui s’organisent, le temps pourrait émerger de quelque chose d’intemporel s’ordonnant » George Musser / Scientific American

Une des idées les plus fortes de la théorie des cordes (ou amas) est le principe holographique. Il suggère que notre Univers entier est un système de particules quantiques qui interagissent. Rien ne se touche, rien n’est vide, tout est interconnecté, actif et vivant, composé d’énergie. Toujours.

Le 12 juillet 2019 a été réalisée la première photo d’une intrication quantique par l’Université de Glasgow, avec un système de lasers et de cristaux. Deux particules ayant interagi à un moment de leur existence forment, sans contact, un seul système. L’état de l’une donnant l’état de l’autre, en se moquant de l’espace-temps.

Quant à la gravitation quantique à boucles (théorie mathématique qui définit la structure granulaire), elle mise sur l’absence de temps et d’espace. Les boucles sont l’espace lui-même, elles ne sont pas dans l’espace. Le temps et l’espace ne sont pas des réalités, ne sont plus des paramètres. “C’est la partie la plus difficile à digérer parce que nous avons l’habitude en physique et dans la vie de tout organiser en tant que temps qui passe, expliquait en 2013 le physicien Carlo Rovelli sur France Culture. Avec la relativité d’Einstein et beaucoup plus avec la gravité quantique cette façon de penser le monde ne tient plus. Il n’y a pas un temps général dans lequel tout se passe. Notre idée intuitive du temps n’est pas correcte. Toute l’évolution de la grande science passe par des pas qui sortent de la perception intuitive du monde.” La théorie des boucles nous dit que dans l’infiniment petit on trouve une agitation intrinsèque et que c’est la création de nœuds à ce niveau qui constitue l’espace et le temps. Les énergies qui se nouent créent une topologie non visible dans le vide mais qui sont le support de toute l’information. Tout vibre, sans cesse. Tout est vibrations, avec des intensités différentes.

Ceci étant dit, en attendant, nous avons besoin pour vivre “ici et maintenant” opérationnellement. Notre concept de temps, nous en avons besoin socialement même si il est incorrect. Que la flèche du temps soit unidirectionnelle, même si c’est faux… c’est bien utile pour évoluer “au quotidien”. Nous, humains, avons besoin de durées de temps et d’échelles d’espace pour former des structures, nous avons besoin de causes et d’effets pour interpréter, nous avons besoin d’un moteur, nous avons besoin de séparations spatiales pour que nos corps puissent se penser comme des enclaves au sein d’un monde. Nous créons notre monde virtuel et dynamique.

Dans notre ergonomie propre, nous “roulons” sur deux rails. Le premier est le « temps du corps », il est géré par l’horloge de l’hypothalamus. C’est le métronome biologique avec lequel nous organisons nos journées, les temps d’activité comme les temps de repos. L’autre rail est le “temps de l’esprit”. Il permet lui de considérer le passage du temps. L’ennui l’allonge en termes de perception, le partage avec des proches l’accélère, le bonheur le suspend, pour prendre quelques exemples. Le “temps de l’esprit” s’occupe du traitement mais aussi de l’archivage des faits en souvenirs, c’est la mémoire.

Ouvrons une parenthèse sur notre pratique contemporaine. On constate dans nos sociétés le développement d’une intolérance à l’attente, à vouloir obtenir tout sans délai dans un monde où les modes de vies s’accélèrent sur le tempo de l’interactivité sur le net. La perception (« Je n’ai plus de temps à moi ») de ce temps linéaire (qui n’existe pourtant pas) se transforme comme jamais. Nous tendons vers une accélération du temps que nous construisons, une accélération du tempo. Parenthèse refermée.

Si le temps n’est pas linéaire, comment est-il ? Et que faut-il comprendre ? Dans notre monde très “digital”, nos ordinateurs, tablettes, smartphones utilisent un système d’exploitation (souvent appelé OS comme Operating System) qui permet de déchiffrer, d’interpréter et de comprendre des ressources. Un peu de la même manière, notre cerveau, assisté par nos cinq sens, se concentre sur un seul laps de temps à la fois (appelé présent) et relie des instants pour créer de lui-même une réalité linéaire sur une flèche du temps. Pourquoi ? Potentiellement, notre cerveau offre une ergonomie (un environnement optimisé) à notre esprit pour qu’il puisse travailler. Une modélisation qui permet de vivre une réalité à la fois. Dans un monde où des applications et des solutions traitent des quantités gigantesques de data, il devient plus aisé d’intégrer, d’appréhender cette approche ergonomique, ce moyen commode de conceptualisation humaine du temps.

Rendez vous compte, le présent n’est qu’un instant en référence… à nous-même. Ce qui distingue notre instant que nous nommons “présent” des autres instants, c’est notre présence, notre conscience de celui-ci. Tous les instants sont des présents et le restent. C’est pour cela que la notion de temps n’apporte rien à la mathématique, meilleur outil de représentation de la réalité qui n’est pas là pour combler les attentes humaines. Il n’est pas possible de définir un instant présent.

Mais rassurons-nous. Cette remise en question de l’existence même du temps tel que nous le “vivons” n’a rien d’anxiogène. Les vibrations et le mouvement apportent après tout une dimension artistique et spirituelle à nos vies. L’inattendu est au pouvoir. Et la quintessence est au cœur et cœur de Tout.

Hypnotisés par les nécessités du commun, portés par des hypertrophies de l’ego, nous avons tendance à rechercher les détails des rouages de la causalité là où il n’est question que de probabilités. C’est un des apports de la physique quantique. Et il doit nous servir. Cessons de croire à une supposée causalité perceptible par le Sapiens. Tout nous dit que sur notre plan qu’il n’y a que des probabilités. Les certitudes qui accompagnent nos vies courantes sont à ranger au placard. Et il suffit de regarder les réseaux sociaux pour bien ressentir le trop plein de certitudes à base de déductions. Rien ne provenant de notre cerveau ne peut être sûr et certain (cette phrase ne porte aucune contradiction). Le croire offre autant d’équilibre que marcher d’un pas assuré sur de la glace.

Rappelons que “la principale activité du cerveau consiste à produire des changements en lui-même, comme l’écrivait le scientifique américain Marvin Lee Minsky. Il emmagasine ce qui peut lui permettre de mieux (sur)vivre. C’est pourquoi les critiques sont plus retenues que les louanges. Les premières permettent une adaptation à la société, à son environnement. Il est question d’adaptation à un milieu, pas de vérité absolue.

Au niveau quantique donc, rien n’est stable, rien n’est déterminé, rien n’est irréversible. D’autant plus que l’objet, quand il est en interaction avec un environnement, perd ses qualités quantiques pour devenir “classique”. Le fait même d’observer détermine la réalité émergente. L’attention est fondamentale dans le retour d’information.

planck

A cela il faut ajouter le rôle de l’intention (qui est en soi déjà de l’information concrète comme les pensées ou les rêves). Elle joue sur la probabilité de réalisation d’un scénario plutôt que d’autres. Cette importance de l’intention dans le devenir vécu, associée à l’intrication globale (tout est relié), donne force et vigueur à un principe de vie majeur. La plus noble des intentions étant l’Amour Inconditionnel, – Un A.I. plus puissant que l’Artificial Intelligence – la porter et la diffuser en tant qu’énergie ou information influence positivement le cours des choses, aussi mouvant soit-il. L’amour, comme ses pendants, la peur et la haine, déterminent la réalité émergente. Evidemment, cette réalité émergente n’est pas la même en fonction de ses influences (l’amour et la haine n’engendrent pas les mêmes choses). Et comme tout est lié, relié, vous comprendrez que des courants s’opposent. Et d’autres s’attirent. “C’est l’intention qui compte”... L’expression porte plus de sens qu’on peut le penser.

Tout est intriqué donc, l’infiniment petit qui me/vous compose est lié à l’infiniment grand. A vrai dire, micro et macro sont identiques, nous l’avons vu (“Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas”). Chacun est donc associé à ces différentes dimensions. En conséquence, nous co-créons et participons grâce à notre libre arbitre. Et rayonnons. “Notre faculté d’agir, en se ressaisissant, s’intensifiera”, disait Henri Bergson. Agir n’est pas combattre, agir n’est pas s’opposer, agir justement c’est porter comme essence la plus noble des intentions, de manière détachée, et en toute liberté (sans être lié) et sans attente d’un bénéfice.

Difficile à croire ?

Vous regardez à cet instant l’heure sur votre smartphone, votre montre, sur une horloge… Ce qui s’affiche n’est qu’une création humaine, un outil, une représentation ? Difficile à accepter ou à comprendre ? Notre socle de “vérités”, celui qui nous socialise, celui nous offre une grille de lecture sur le monde, ne serait donc qu’une simple représentation ?

J’entends certains objecter : “Pourtant, via ses gènes, même un bébé sait que le monde est fait d’objets solides qui se déplacent quand on les pousse, sans jamais s’interpénétrer !”. Effectivement. Il y a une approche innée héritée de l’évolution qu’on nomme “pensée objective”. Pour chacun d’entre nous le ciel – le jour, sans nuage, sans pollution ou éclipse – est bleu. Et pourtant, les couleurs n’existent pas. Ce qui ne veut pas dire que le fait n’existe pas. Une représentation est un fait. Même si les lois physiques le contredisent.

Les rapports au monde existent… et divergent. Il y a des conceptions de la vérité (adéquation entre la réalité et l’homme qui la pense). Elles varient en fonction du groupe culturel, religieux, philosophique, idéologique, etc. On pourrait presque parler de différentes “illusions de vérité” autour desquelles se réunissent des groupes dans un principe identitaire. Ou communautaire. Dans le but d’une socialisation.

Car se réunir autour d’une “illusion de vérité” renforce la cohésion du groupe. Cet acte de socialisation donne à l’individu la conviction qu’il “existe” auprès de pairs, qu’il compte, qu’il apporte sa pierre, voire potentiellement qu’il a un certain pouvoir. Il crée du lien social. Et le Sapiens est un animal social. Très social. C’est même par ses stratégies collectives qu’il a pris “le contrôle” de la Terre. Et son moteur est le récit même s’il tord la réalité.

Ainsi on observe que l’individu tend à valider une information fausse quand son groupe lui transmet plusieurs fois alors qu’il sait initialement qu’elle est fausse ! Le récit plutôt que l’être. La socialisation plutôt que la solitude métaphysique. Le roman collectif plutôt que la vérité. Citons la philosophe Hannah Arendt : “C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal”. L’Homme est ainsi.

“L’espèce humaine possède une capacité de pensée collective ou sociale, explique Pascal Huguet, du CNRS, à “Science et Vie”Notre vision du monde est très inspirée par les autres. Pour cimenter nos groupes d’appartenance l’évolution nous a dotés de l’aptitude à créer un récit collectif qui, même parfois dénué de réalité factuelle, acquiert la même “réalité” que les faits du monde physique.” L’Homme est ainsi.

Et puis construire seul(e) sa pensée de manière analytique est plus coûteux en temps, en travail et en énergie (le cerveau est énergivore). Et l’isolement qui en découle est moins utile socialement parlant. Mais c’est ici l’exercice que je vous propose quand même de faire, comme je le fais ici dans ma propre expérience de pensée, sans prétention, en toute humilité. Et sans ego. Car nous pouvons beaucoup nous apporter mutuellement, non pas par du débat mais par de la transmission. Le but n’étant pas de convaincre, de s’agiter mais de se connaître, de s’apaiser. Avec la meilleure des intentions. Et…

Surtout sans ego (car on ne perçoit que quand on perd Soi)

Évoluer oui, mais impérativement sans ego car on ne perçoit que quand on perd Soi. L’ego nous fait croire fondamentalement que chaque être est une enclave, unique, une goutte d’eau indépendante. Pour reprendre André Comte-Sponville, l’ego “est moins ce que je suis que ce que je crois être.”

Mais si on croit être ce qu’on est, c’est à dire en aucun une enclave ou un motif quelconque de priorité, l’ego devient-il “neutralisé” ? On peut à priori s’en détacher, s’en libérer par une dissolution du Moi, par un effeuillage, tout en conservant le mental qui permet d’avancer sur le chemin de la Connaissance puis de la quintessence. Mais attention, car l’ego quand il touche à la Connaissance cherche à briller plutôt qu’éclairer.

Les dérives de l’ego se nomment égocentrisme (tendance à se placer au centre de tout, à tout rapporter à soi, ce qui est déjà un trouble de la perception et du discernement), égoïsme (attachement excessif à soi-même qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnel) et narcissisme (amour excessif de soi, associant survalorisation de soi et dévalorisation de l’autre).

Pour faire simple, l’ego est structurant dans une première phase de vie car il permet de s’animer. Il s’agît ensuite de le lâcher (comme une fusée à étages qui s’élève), de s’en détacher pour progresser et avancer par une dissolution du Moi, une prise de conscience du Tout et une quête d’essentiel.

Nouvelle parenthèse. Les réseaux sociaux – et particulièrement Instagram – sont un terrain de jeu mais aussi de je. Stratégiquement, il s’agît d’une industrie de culture de l’égocentrisme, de l’égoïsme et du narcissisme (grandiose) avec des shoots de likes. Principalement quand l’outil digital est perçu comme un moyen de faire la promotion de soi. Parenthèse fermée.

Citons Matthieu Ricard, moine bouddhiste interprète du Dalaï-lama : “Si l’on vit avec le sentiment exacerbé de l’importance de soi, si l’on se représente l’ensemble de nos rapports aux autres et au monde en fonction de notre ego, on instrumentalise les êtres. […] L’univers apparaît comme une sorte de catalogue où l’on pourrait commander tout ce que l’on souhaite. […] On finit par être obsédé par le moindre plaisir et déplaisir.” Bref, on vit en consommateur ultime. Un consommateur ultime totalement à côté de la plaque… car, rappelons-le :

Un ou des Univers où tout est instantané, un temps qui n’est pas linéaire mais dans lequel tout est simultané, des niveaux imbriqués et des effets en cascade, un enchevêtrement qu’on ne peut expliquer, une flèche du temps sans pertinence, la causalité remplacée par des probabilités, un monde indéterminé par essence, etc. etc. Nul besoin de continuer. La physique quantique comme la relativité remettent en cause nos logiques établies. Avons-nous seulement réalisé l’importance de ces découvertes scientifiques dans nos approches du monde, de la vie ? La question mérite d’être posée puisqu’elle est fondamentale. D’autant plus que les sciences “modernes” rejoignent désormais des sagesses “ancestrales”.

Il n’y a pas de temps physique car chaque objet a son temps propre. Il n’y a pas un gigantesque tic-tac. Depuis plus d’un siècle, on sait que temps et espace ne peuvent être appréhendés indépendamment. En fait, tout ne serait que corrélations qui ne dépendent ni du temps ni de l’espace. Tout n’est qu’un réseau immense et désordonné d’événements quantiques. Tout n’est qu’une création continue d’imprévisible nouveauté. Les particules atomiques n’ont pas de trajectoire déterminée.

La physique quantique nous apprend que l’aléatoire est fondamental. Il n’y a que des probabilités, pas de causalité sur notre plan. Les notions d’espace et de temps se sont fondues dans un espace-temps relatif à chacun. L’observateur n’est pas dissociable de l’objet qu’il observe.

Comme le dit Morvan Salez, docteur en astrophysique et techniques spatiales, “il n’y a pas de certitudes nous échappant pour cause de complexité, mais bel et bien une indétermination, un flou intrinsèque à la nature intime du monde.” Dans notre Univers, un atome peut se trouver à deux endroits à la fois, quelle que soit la distance. Deux atomes peuvent interagir, influer l’un sur l’autre, quelle que soit la distance, et les choses se produisent sans raison, en tout cas sans causalité. Revoyons notre copie ! L’Univers est fondamentalement imprévisible mais aussi granuleux.

Le vivant est tout autant probabiliste, assure Jean-Jacques Kupiec, biologiste et épistémologue français. La variabilité, l’inattendu… est la règle, de la molécule à l’Univers entier.

L’Homo Sapiens est au moins face à une “double vérité“… alors que rien n’est certain et qu’il s’agit de mettre des mots, ou même saisir l’ineffable. D’un côté on trouve une “vérité relative et conventionnelle”. Cette vérité est adaptée à un monde intelligible. L’autre vérité est elle “absolue” et loin d’un ego illusoire, ego qui pousse à l’acrasie (agir à l’encontre de son meilleur jugement, ce qu’on vérifie dans le traitement fait à la planète par l’espèce humaine). Dans cette vérité “absolue” et inexprimable, tout est UN, impermanent et n’existe qu’en interdépendance. L’observation et l’intention créent la matière comme le prouvent les expériences de physique quantique. Tout est vibrations et mouvement. Tout est séparé et confondu et les pôles cohabitent. Bienvenue dans le domaine des possibles. Toutes les portes y mènent. Et parfois des synchronicités s’en mêlent.

Synchronicités

Définition : la synchronicité est l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit (Wikipedia). Par exemple, pour donner un cas de figure un peu grossier : qu’une perruche vienne exceptionnellement se poser sur le bord de votre fenêtre alors que vous hésitez entre faire un mémoire sur la “Femme à la perruche” d’Auguste Renoir ou sur le “Bal du moulin de la Galette”.

Sur ce thème de la “coïncidence” entre une réalité intérieure et une réalité extérieure, Carl Gustav Jung (1875-1961), fondateur de la psychologie analytique, est incontournable… puisqu’il a crée le terme après avoir travaillé avec le physicien Wolfgang Pauli : “La synchronicité, n’est pas une vue philosophique mais un concept empirique qui postule un principe nécessaire à la connaissance.”

On pourrait parler d’un aiguillage : “Les couches les plus profondes de l’inconscient sont activées, ce qui met en route la métamorphose de la personnalité”.

La synchronicité est un moment décisif dans la perspective de l’accomplissement de son dessein (c’est le kairos des Grecs). Avec la synchronicité deux événements distants sont liés, au delà de tout. Rassemblés ils fondent une force substantielle (qui nourrit, qui est considérable, qui est essentielle).

“Des que tu avances sur le chemin, le chemin apparaît” disait le poète mystique persan Djalâl ad-Dîn Rûmî. La physique quantique ne dirait pas autre chose. L’intention et l’attention créent. Autrement dit : “C’est en frappant que l’on crée la porte.” (Agathe Maire)

L’Univers a-t-il une mémoire ?

L’Univers étant UN objet, il porte ontologiquement de l’information en lui. L’intrication étant totale, cette information est partout dans les champs répartis dans l’Univers. Donc accessible, donc intrinsèque. Si on peut supposer qu’au départ l’information était limitée, elle s’est enrichie aléatoirement par agrégation. L’Univers est porteur d’information. Il a donc une mémoire. D’ailleurs qui d’autre peut avoir une mémoire de tout ce qu’il est si ce n’est l’Univers lui-même ? Plutôt que mémoire, parlons plutôt d’un Big Data, d’un bloc intégral de données, d’un vaste réseau d’informations dans lequel notre “présent” ne serait que l’expression de notre présence mobile sur celui-ci, tel le surfeur.

trou noir

Les trous noirs sont un mystère. Peut-être le plus grand car comprendre le phénomène du trou noir, c’est la clé. Où plutôt la serrure où mettre la clé… Rien ne résiste à un trou noir, pas même la lumière, pas même l’espace-temps. Le trou noir est entouré d’un “horizon des événements” qui représente un point de non retour. Les récents travaux nous apprennent d’ailleurs l’existence de trous noirs supermassifs au centre de chacune des galaxies. Cela vaut évidemment pour notre galaxie, la Voie lactée. Notre trou noir supermassif central se nomme ainsi Sagittarius A*. Enchanté ! Les présentations sont faites.

Plus sérieusement, cette présence d’un trou noir supermassif au centre des galaxies n’est pas sans raison. Le trou noir joue un rôle fondamental dans le Cosmos. Scientifiquement on pense que de cette singularité (rien n’existe dans un trou noir à part la gravité dans sa forme la plus extrême) on peut voir tout le futur de l’Univers (dans notre conception humaine du temps) ou plutôt tout connaitre de l’Univers. Toute l’information (ou mémoire) y serait concentrée. Possiblement, dans le trou noir, aussi petit soit-il, tout est aussi grand que l’Univers tout entier… La structure est invariante par changement d’échelle. L’infiniment petit contient l’infiniment grand de même que l’infiniment grand contient l’infiniment petit (principe de fractalité).

Art

Vibrations, imagination, inattendu, aléatoire, harmonie, chaos, dans notre expérience de pensée, tout renvoie à l’Art. Alors parlons Art. Parlons musique par exemple. L’astrophysicien David Elbaz nous dit : “Il y a des résonances de la même manière que la musique contient des résonances qui vont bien au delà de ce que nos oreilles sont capables d’entendre. Peut-être qu’en laissant la musique nous imprégner on retrouvera cette musique originelle de nos cellules, de nos atomes. On sait depuis peu que la lumière dans l’Univers naît de la musique. A son origine il y avait une vibration qui se propageait dans l’Univers et cette musique cosmique primordiale s’est arrêtée d’un coup 380.000 ans après le Big Bang. Les notes de musique sont restées cristallisées sur place pour s’effondrer sous la force de la gravité et donner naissance aux étoiles et aux galaxies. C’est donc de cette musique qu’est née la lumière. C’est cette harmonie primordiale qu’on essaie de retrouver avec humilité.” Qui sait ce que nous entendrons si un jour nous parvenons à écouter la symphonie cosmique ?

Pensons cette musique primordiale (telle une information primordiale) capable de donner une émotion primordiale à celui ou celle qui l’entend. Et si la réaction intime provoquée par des notes, un air de musique, était le résultat d’une résonance ésotérique avec une information primordiale que nous porterions en nous ? Cela comme un souvenir permanent inscrit au plus profond. Ce frisson, cette émotion, cette joie que peut nous offrir la musique – comme d’autres arts – viendrait de très loin (c’est une image car le son ne se propage pas), et de très près… En fait elle serait là-bas et ici, en nous-mêmes. Dans notre conception, on parle d’une donnée ou information primordiale qui fait que des signaux électriques entre l’oreille et le cerveau produisent une émotion. Ou plutôt sont en capacité de le faire au delà des facteurs culturels et sociologiques. Si on admet que tout est essentiellement constitué d’information, d’énergie plus que de matière. Tentons de le dire plus simplement et de manière affirmative : si un air de musique touche une corde sensible chez nous (et chez d’autres), c’est qu’il la fait vibrer en renvoyant à une information universelle inscrite en nous. “Vous me demandez d’où viennent mes idées (musicales)… Ce qui touche le cœur doit venir d’en-haut, sinon, ce ne sont que des notes, un corps sans esprit”, disait Ludwig van Beethoven.

Le sens de l’eau, cycle et analogie

L’eau, c’est la vie. Cet élément, que nous croyons en général bien connaitre, nous fait (il est 70% de notre volume, 90% du volume de notre cerveau, 99% des molécules de notre corps). L’eau a des particularités peu connues du grand public. L’eau contient de l’information. Un constat issu des travaux de Jacques Benveniste dans les années 80, inspirés de chercheurs russes, et repris par le célèbre Luc Montagnier, prix Nobel pour avoir découvert le virus du Sida. 

L’eau peut capter et émettre des ondes électromagnétiques, a constaté le scientifique, quitte à indigner certains biologistes peu au fait de la physique. Et par conséquent détenir et recevoir de l’information par des fréquences. Une découverte révolutionnaire. Marc Henry, enseignant-chercheur à l’Université de Strasbourg, explique le processus (via ce qu’il nomme le “domaine de cohérence”) : l’information se fixe dans le vide (qui ne l’est pas… ce qui le compose n’étant juste pas visible) ou autrement dit dans un espace de stockage au sein d’un assemblage de millions de molécules d’eau. La matière ne peut pas entrer dans cet espace mais les ondes électromagnétiques, oui. Et c’est ainsi que l’eau peut détenir ou recevoir de l’information. Comme nous sommes composés d’eau les informations enregistrées et enregistrables dans notre corps peuvent atteindre des quantités exceptionnelles, à l’échelle de celui-ci. Dans l’Univers comme dans l’eau l’information se fixe par l’intermédiation de champs. Les informations sont partout, sans lien avec le temps ou l’espace, mais nous ne les percevons pas même si par milliards elles nous traversent.

Ce qu’il faut savoir également (et retenir pour la suite), c’est que l’information ne se détruit jamais. Elle peut être transformée, modifiée, enrichie, complétée mais pas détruite. Il en reste toujours quelque chose.

L’eau se recycle en permanence sur Terre. Des centaines de milliers de km3 d’eau s’évaporent chaque année des océans, des eaux de surface, des espèces vivantes, sous l’effet du soleil pour aller dans la biosphère, et sous forme de vapeur d’eau dans l’atmosphère. La condensation permet la formation de nuages (liquides parfois solides). Des centaines de milliers de km3 retombent (pluie, neige, grêle, rosée) sur Terre sous la forme d’eau douce. Cette eau tombée du ciel, quand elle ne s’évapore pas rapidement, alimente les nappes et les rivières souterraines, rejoint par ruissellement les cours d’eau et les océans. Cependant, certaines rivières s’assèchent progressivement en arrivant dans une zone aride, et n’ont pas d’embouchure à proprement parler. L’eau, sous sa forme liquide, sur Terre, peut connaître un cycle court ou peut passer 10 ans dans un lac, par exemple. Elle peut passer plusieurs dizaines de milliers d’années dans des nappes souterraines profondes. Ou se transformer en glace et passer mille ans dans une calotte. Bref, il existe une multitude de parcours. Mais bel et bien un cycle. De la Terre au ciel, du ciel à la Terre.

L’analogie est tentante… Comme la composition et la croissance du chêne correspond à l’expansion de l’Univers ne pourrait-on pas faire un autre parallèle… entre le cycle du vivant et le cycle de l’eau ?

Prenons par exemple chez les êtres vivants l’Homo Sapiens. Ce sera plus simple et cela colle bien au profil des lecteurs de ce texte… Imaginons que chaque humain soit une goutte de pluie qui tombe sur une terre quelque part. Il est de l’eau douce, nouvelle, mais chargée d’information. Une simple goutte d’eau parmi d’autres. Il peut être une goutte éphémère, ou pas. Les parcours, expériences, périples sont multiples (restons au présent), heureux ou malheureux. Notre goutte peut se retrouver dans un beau ruisseau ou dans un cloaque pollué. Ce passage sur la terre ferme permet d’engranger de l’information, de transformer ou d’enrichir l’information déjà écrite. Puis la phase terrestre touche à sa fin. La lumière du soleil et sa chaleur permet l’élévation de notre goutte qui redevient autre chose avant de repartir possiblement dans un nouveau cycle… par condensation… puis grand saut dans l’inconnu, autrement dit retour sur Terre. L’information inscrite lors des précédents cycles reste enregistrée mais notre goutte d’eau douce est nouvelle. Elle repart dans des aventures qui lui apporteront – ou pas – plus d’information.

Dans cette analogie, certains voudront établir un lien avec le principe de réincarnation, mais voyons plutôt onde sinusoïdale. Pourquoi pas un cycle circulaire ? Il y aurait une forme de retour à un point initial vierge d’information nouvelle. Cela ne colle pas. L’hypothèse de l’agrégation peut paraître plus pertinente. C’est à dire le processus par lequel des fragments se lient entre eux pour former un amas, cycle après cycle dans ce cas précis. L’agrégation est d’ailleurs un principe créateur qui permet dans l’Univers ou dans l’eau de fournir un support pour que l’information se fixe par l’intermédiation de champs.

“Âmes passagères, vous allez commencer une nouvelle carrière et renaître à la condition mortelle. Ce n’est pas un génie qui vous tirera au sort, c’est vous qui allez choisir votre génie.” La République – Platon

Et si comprendre l’eau – donc 99% des molécules de nos corps d’Homo Sapiens – était une priorité ?

“L’âme de l’homme est comme l’eau : elle vient du ciel, vers le ciel elle remonte, puis elle revient sur terre.” Johann Goethe

Séparé et confondu, mais Un

“En physique quantique, la dualité onde-particule exprime le fait que la lumière et la matière présentent simultanément des propriétés d’ondes et de particules” (Wikipedia).

Et si dans ce grand Un, indéfinissable, qui va au delà de notre Univers, tout allait de… paires séparées et confondues. Semblables et dissemblables. Comme l’expliquent des sagesses ancestrales. Comme le constatent les sciences, avec pour dernier exemple la découverte que les étoiles naissaient par paires. Telle la matière et l’antimatière.

Mais également comme le Yin et le Yang. Comme l’ordre et le chaos. Comme le conscient et l’inconscient. Comme le chaud et le froid. Comme le sec et l’humide. Comme le macro et le micro, etc. La liste est infinie. A savoir séparés et confondus.

A chaque particule, il existe une antiparticule correspondante, ayant les mêmes caractéristiques, mais de charge opposée. Quand elles entrent en contact elles s’annihilent mutuellement et disparaissent dans une bouffée d’énergie. La matière et l’antimatière sont formées d’espèces complètement symétriques. Oui mais…

“Lorsque l’on se penche sur la théorie du Big Bang et sur l’observation de l’évolution de l’Univers, on fait face à un problème de taille. Le Big Bang part d’une énergie pure qui produit autant de matière que d’antimatière. Toutes deux devraient s’être annihilées, or nous existons aujourd’hui grâce à un excès de matière. D’où vient cette différence et où est l’antimatière manquante ? – Marie-Hélène Schune – chercheuse en physique des particules – Médaille d’argent du CNRS 2019 – Source : journal du CNRS.

Y-a-t-il eu une brisure spontanée de symétrie dans L’Univers primordial ? Y-a-t-il eu une agitation initiale ? Une extravagance ? Où est cette antimatière manquante ? Car tout ce qui apparaît est séparé et confondu.

Un electron qui apparaît c’est obligatoirement un positron, son (anti) jumeau, qui se crée. L’observable est toujours composé de paires même si un élément du tandem n’est pas toujours perçu. Tout cela va de pair…

Ainsi pour en revenir au temps. Soit il n’y en a pas. Soit il y a un temps avec un sens et son jumeau (opposé) qui va dans l’autre sens, même s’il n’est pas perçu. Dans les deux cas, que le temps soit rassemblé (il n’existe pas) ou épars (il existe), pas de causalité, pas de flux, et pas de flèche.

L’Unité va de pair

“Aller de pair” signifie “être sur un pied d’égalité”, “être à l’unisson” et “avoir un point commun”.

La légende autour du caducée nous raconte qu’un jour Hermès sépara d’un coup de baguette deux serpents qui se battaient et les enroula l’un et l’autre autour de celle-ci. Il les met ainsi d’accord en les réunissant l’un et l’autre autour d’un axe qui représente l’Unité, sans distinction de bien et de mal. Ce symbole (du séparé et confondu) exprime l’union des contraires, le dépassement des antagonismes, le principe réconciliateur des opposés, une spirale de forces constructives, le renouveau perpétuel. Le caducée (qui ressemble à l’hélice d’ADN) – tel que connu – a en son sommet une paire d’ailes afin de symboliser les forces contraires comme le fixe et le volatil.

Caducée, hélice d’ADN et escalier à double révolution, attribué à Léonard de Vinci.

Amour Inconditionnel (A.I.)

Aimer une activité, aimer une idée, aimer une chanson, aimer une chose, aimer une personne… On aime à toutes les sauces ! Ici, vous l’aurez deviné, nous ne parlerons pas d’aimer la pizza ou le ski mais d’une forme d’amour plus intense, la plus essentielle : l’énergie d’amour.

Définir l’amour en une ou deux phrases semble impossible. En tout cas les définitions proposées ici ou là pour expliquer ce sentiment ou plutôt cette énergie paraissent insuffisantes. Peut-être parce que dans le mot “amour” on place trop de choses diverses et variées. Les mots grecs storgê (amour familial), “philia” (amitié), “agapé” (amour universel) comme la référence à Éros pour l’amour physique, font des différences, et proposent un tri. Mais le plus sûr est de lier l’amour au beau, à la plénitude, à l’absolu, au permanent et surtout au don sans condition. Et surtout pas à une émotion, ni à une agitation.

Car si on tombe amoureux, on s’élève en amour. La différence est à souligner. Le véritable amour est un grand “oui” sans condition, sans affaire d’ego. Etre en amour est une affaire de l’esprit. Ou du cœur. Ce qui revient quelque part au même. L’Amour Inconditionnel est permanent. Il demeure. C’est un rayonnement définitif.

En revanche être amoureux est une affaire du mental. Quant au mot “passion“, il vient du latin “passio”, qui signifie “souffrance”. D’ailleurs l’amoureux éconduit ne tend-t-il pas vers le néant, l’abîme ? Le coup de foudre brûle, détruit. Le sentiment amoureux est impermanent.

Le véritable amour est un don qui s’ignore car il est naturellement altruiste, il n’entend aucun calcul, il n’attend aucun retour, il ne peut être pragmatique, il est incompatible avec la jalousie. Il est épuré, simple. Et il n’a pas forcément besoin d’un partenaire pour s’exprimer. C’est un élan naturel et permanent. Pour le rendre plus intelligible avec des mots, prenons l’exemple de l’amour que l’on peut porter à un défunt. Il reste dans le cœur sans jeu d’interaction à cause de la barrière de la mort. Mais l’amour reste vivant sans attente d’un retour. Il existe en soi, dans la mesure. Cet amour centre. Il est intemporel. Il élève. Il est l’expression de la liberté et de la réalisation. Là encore nous sommes à contre-courant de la tendance sociétale globale qui est de louer les émotions exacerbées et hors-sol, de s’enthousiasmer pour des passions plutôt que de faire l’éloge de la douceur, de la joie et de la sagesse qu’offre l’Amour Inconditionnel.

Cette énergie d’Amour Inconditionnel est le carburant d’une vie épanouie et réussie. En effet, quoi de plus essentiel que de quitter la vie en amour, et de pouvoir offrir comme dernier message un “Je t’aime” ou “Je vous aime” sans autre expression. Le grand récit de la vie se construit sur l’amour véritable ou son absence. Les troubles psychologiques ou déprimes renvoient souvent à un moment donné où l’Amour Inconditionnel (au sens imposant du terme avec deux majuscules, il n’est pas question ici du sentiment amoureux) a fait défaut. La base de tout, c’est l’Amour Inconditionnel. C’est l’énergie vitale. Rien de trop.

Le plus important, l’enjeu, c’est donc l’Amour Inconditionnel. Autrement dit, connaitre le véritable amour. Pas seulement le recevoir, pas seulement le donner… mais connaître l’amour, co-naître l’amour, renaître en amour, l’entendre comme l’énergie essentielle qui permet d’être, ou comme l’harmonie invisible. Puisque tout est UN – intriqué, intemporel, isotrope, homogène, indéterminé, séparé et confondu – et que nous sommes un reflet de ce UN, alors l’amour étant le plus important pour nous, il est possiblement l’énergie primordiale et fondamentale, partout. Au quel cas l’amour est l’essence de tout. La quintessence. Jusqu’à preuve du contraire l’Amour Inconditionnel est fondateur, il est celui qui apaise l’agitation, il est celui qui permet la compassion, la cohabitation pacifique des contraires. Si la tête pose des questions, le cœur sait déjà.

oeil

Et comme nous faisons partie intégrante – sans être une enclave – d’un objet qui est l’Univers, que celui-ci est homogène et isotrope, on peut supposer que la base de tout, ici et donc là, c’est cette même énergie. Ce qui n’empêche par le chaos. Mais tend à le corriger, à l’équilibrer, à apaiser l’agitation. Car avant même nos actes, nos pensées (attention et intentions) sont de l’information en interaction dans un réseau intriqué avec sa part de visible et d’invisible. Elles ont donc une influence permanente même si nous avons tendance à ignorer cette interconnexion essentielle. Et la meilleure des clés n’est pas l’A.I. façon Artificial Intelligence mais l’Amour Inconditionnel qui est la véritable expérience de l’unité et le moyen de (sa) réalisation. La véritable intelligence c’est “être”, c’est la Sagesse, c’est éprouver l’unité par l’Amour Inconditionnel.

Première synthèse

  • Le fait que l’Univers soit composé à 95% de matière noire et d’énergie noire et qu’aujourd’hui la science ne sache pas trop de quoi il est question.
  • Le fait que l’Univers parte d’un simple point, un “atome primitif” qui se lance dans expansion effrénée sous l’action de l’énergie noire.
  • Le fait que l’Univers soit toujours UN, c’est à dire un objet et non une enveloppe, ce qui veut dire que nous ne sommes pas dans l’Univers mais qui que nous sommes une infirme partie de celui-ci.
  • Le fait que l’Univers soit homogène et isotrope.
  • Le fait que tout soit intriqué, donc interconnecté.
  • Le fait que toutes choses soient nées de cet atome primitif, par adaptation, par agrégation.
  • Le fait qu’une information ne disparaisse jamais mais se transforme.
  • Le fait que l’Univers porte ontologiquement de l’information en lui.
  • Le fait que nous ayons accès à toute information puisque tout est intriqué.
  • Le fait que par une expérience de pensée, donc par l’imagination, nous puissions accéder à de l’information non révélée à un moment donné de l’évolution civilisationnelle.
  • Le fait que toutes les lois de la physique moderne contredisent les informations perceptibles par nos cinq sens.
  • Le fait que la nature soit intrinsèquement indéterministe.
  • Le fait que la matière se constitue à partir de l’observation et de l’intention. Donc que le fait même d’observer détermine la réalité émergente.
  • Le fait qu’il n’y ait que des probabilités, pas de causalité.
  • Le fait que le temps ne soit pas universel, qu’il est poli-rythmique, pas orienté et pas linéaire.
  • Le fait que le temps disparaisse dans l’infiniment grand, l’infiniment petit, donc dans toutes les dimensions.
  • Le fait que nous soyons dans une conceptualisation humaine du temps.
  • Le fait que rien n’est stable, rien n’est déterminé, rien n’est irréversible.
  • Le fait que tout vibre, sans cesse. Que tout est vibrations, avec des intensités différentes.
  • Le fait que l’art soit une vibration créative en lien avec une émotion primordiale.
  • Le fait que nous soyons composés d’eau – 99% des molécules de notre corps – et que celle-ci porte de l’information.
  • Le fait que l’information se fixe par par l’intermédiation de champs, que l’information est partout et toujours.
  • Le fait qu’absolument tout soit fait de paires séparées et confondues.
  • Le fait que l’amour soit notre énergie primordiale en tant qu’être, soit notre essence en tant que conscience, et que cela suppose que l’amour ait une dimension universelle.

forment un ensemble cohérent. Un Tout plein de sens. Oui, tout cela a un point commun, un point comme UN.

Un point comme UN

Dans ce Un, ce Tout qui va au-delà de l’Univers, “ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas“. Comme une figure fractale. Le Tout est dans Tout. On trouve les mêmes caractéristiques, les mêmes principes ou encore les mêmes lois.

Par Wolfgang Beyer with the program Ultra Fractal 3

L’intrication permet de toucher à cet infini vivant dans lequel nous sommes, mais fondamentalement indéfinissable. Le toucher oui, mais pas le connaître donc. La barre est humainement trop haute. Il s’agira juste de mieux percevoir entre les deux pôles de vérité (relative et absolue), de mieux sentir, de mieux se souvenir, de mieux aimer pour mieux progresser et s’élever.

Dans ce Tout, nous l’avons vu, tout est vibrations. Dans ce Tout, nous l’avons vu, il n’y a que des paires qui sont les pôles d’une même chose. Tout est séparé et confondu avec des plans intermédiaires. Une loi valable pour le genre par exemple. Tout est masculin et féminin, seul le curseur se déplace. Dans le Tout, on trouve un mouvement inhérent et fondamental de compensation, comme un flux et un reflux (nous y reviendrons). Le Tout décide de tout. Tout est pour le mieux.

Éprouver l’unité en soi est la trame commune et universelle. Il ne s’agît définitivement pas d’avoir ni de savoir mais de devenir en se laissant guider par son cœur afin d’être. L’objectif n’est pas de faire le vide mais le plein. Ici il n’y a pas de croyance, juste une émergence qui remplace l’agitation par un alignement. Tout est pour le mieux. C’est ce qu’on nomme la Sagesse.

Mis à jour le 22 février 2020

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