Rassembler ce qui est épars

Une loi universelle (en construction)

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Et si nous partions en quête de sens ? Et si nous prenions du temps pour le faire ? Et si nous tentions de proposer une loi observable dans l’ensemble de l’Univers ? Et si nous rêvions d’une harmonie qui nous dépasse ? Et si nous réfléchissions à une théorie (en perpétuelle élaboration) susceptible de décrire de manière cohérente et unifiée l’ensemble des interactions fondamentales ? Et si par une expérience de pensée un peu complexe mais surtout transdisciplinaire nous partions en toute humilité, en toute simplicité (en écartant donc l’ego) en quête de Vérité ? Et si intuitivement, avec quelques connaissances supposées, il était possible de bâtir une forme de loi universelle cohérente ? Et si essayer de comprendre était tout simplement source d’enchantement ? Et s’il fallait associer le monde sensible au monde des idées ? Et s’il fallait inévitablement prendre ce chemin pour réellement progresser en conscience et sauvegarder ce qui fait notre originalité, l’Esprit ?

Nous vivons dans une société globalement matérialiste dans laquelle le patrimoine, le paraître et/ou le pouvoir sont considérés comme fondamentaux dans la réalisation d’une vie d’être humain. Une approche qui nie la mort, qui nie la qualité d’être, qui oublie le cycle de vie et qui rêve même d’hybridation croissante de l’humain avec la machine. Une approche ego-centrée qui réduit le monde, l’Univers, à un environnement identifié, à des causalités et à un temps perceptible. Une approche qui pense trouver des explications à tout mais qui évite les étapes propices aux grandes réflexions existentielles et se transforme en fuite en avant pour s’étourdir et ne pas se poser les vraies questions. Celles qui permettent une forme d’éveil décorrélée d’une quête de “bien-être” égoïste. Les vraies questions qui permettent à l’Homme “extérieur” soumis aux contraintes du temps à donner naissance à l’Homme “intérieur”.

Souvenons-nous la légende athurienne du Roi Pêcheur qui met en scène le chevalier Perceval. Parce qu’elle illustre aussi une forme de renoncement trop courant. Ou une indifférence. Ou un aveuglement. Ou un oubli. Car une question essentielle est souvent mise de coté : pourquoi ? Pas le “pourquoi” né d’une faim de curiosité dans la vie de tous les jours. Non, celui qui est trop souvent happé par le train du quotidien : le “pourquoi” plus vaste et plus fondamental. Celui qui crée du lien.

Rappelez-vous l’épopée de Perceval (celui qui “perce le voile” de l’ignorance et de l’illusion), parti à l’aventure sur sa monture. Il arrive sur des terres sinistrées, dans un environnement qui semble sans vie. Comme si la nature souffrait de dépression. Les maisons ne semblent pas réellement habitées. Le chevalier aperçoit un vieil homme en train de pêcher dans une rivière relativement asséchée. Il se rend auprès de cet ancien qui se trouve être le Roi. Le souverain est un homme malade de ses blessures qu’il ne parvient à guérir. Un état qui rejaillit sur son royaume, sinistre. Le Roi déprimé se contente d’aller à la pêche alors qu’il sait qu’il n’en ramènera rien.

Malgré son état, en homme de qualité il offre à Perceval gîte pour la nuit et couvert en son château. Ce que le jeune homme accepte même si le chemin pour s’y rendre est ardu. En effet, il s’agît de passer par une faille rocheuse (trop étroite pour qu’un ego vigoureux et incompatible avec une évolution spirituelle ne s’y glisse). Si le château est magnifique et contraste avec le reste du royaume, ses habitants semblent malheureux. L’endroit n’est que silence et tristesse. L’heure du dîner arrive, Perceval en tant qu’invité d’honneur prend place à côté du Roi. Étonnamment, les nombreux mets sont raffinés, le vin est divin. Le repas contraste avec la déprime prégnante. Mais il n’apporte aucune joie auprès de la cour.

Surprise, un merveilleux et curieux cortège traverse la salle. Il est composé en sa tête d’un jeune homme blond, tout de blanc vêtu. Il tient une lance sur laquelle glisse un peu de sang. Suivent deux jeunes hommes tenant des chandeliers d’or. Derrière eux, une femme d’une incroyable beauté avec un plateau d’argent aussi remarquable, sur lequel se trouve une coupe d’or sertie de pierres précieuses. Cette coupe rayonne et diffuse les plus envoûtants reflets de lumière. Le cortège passe une fois, Perceval n’ose parler. Puis une deuxième, une troisième fois. Le chevalier n’ose interroger le Roi pour comprendre la motivation de ce cortège atypique et inattendu. Pourtant, à chaque passage, les lamentations se font plus fortes à table et les pleurs plus nombreux. Mais non, notre héros ne demande pas d’explication. Il choisit la facilité et ne cherche pas à comprendre le sens de tout cela. Après cet étrange dîner, Perceval rejoint sa chambre pour la nuit.

Le lendemain matin le chevalier découvre un château désert. Il retrouve son cheval dans l’écurie et quitte les lieux. Sur le chemin, une cavalière fonce vers lui et l’interpelle. “Tu es un mauvais chevalier ! Pourquoi n’as tu pas demandé au Roi ce qu’était ce cortège ? Cette simple question aurait provoqué sa guérison et redonné vie à notre cité ! Mais tu n’as rien fait, tu n’a porté aucun intérêt ! Va, maintenant, vivre tes aventures, mais que ta conscience ne trouve pas de repos tant que tu n’auras pas réparé ta mauvaise action !” Puis elle repart aussi promptement.

Désigné coupable par cette femme venue de nulle part, Perceval entend retourner au château du Roi Pêcheur afin de corriger son erreur, et libérer le Roi de sa souffrance. Mais il se perd. Il ne retrouve pas le fameux château. Plus tard, Perceval raconte cette histoire à la cour du Roi Arthur. Tous les chevaliers décident de partir au secours de ce royaume dévasté par la douleur de son Roi. Et c’est Perceval qui est le premier à le retrouver. De nouveau invité au dîner du château, il ne manque pas l’opportunité au passage du cortège et demande au Roi son sens. Ce simple “pourquoi ?” redonne comme par magie la vitalité au souverain, au pays, aux siens.

Le Roi Pêcheur révèle à Perceval que la coupe est le Graal. Cet objet qui représente dans son interprétation moderne un objectif difficilement réalisable, mais qui apportera au monde de nouvelles connaissances ou permettra une application originale sur la matière. D’ailleurs on qualifie la théorie de grande unification (théorie du tout) de « Graal des physiciens ».

Symboliquement, cette légende explique que, sans quête de sens, tout se meurt. “Notre instinct de connaissance est trop puissant pour que nous puissions encore apprécier un bonheur sans connaissance…” écrivait Friedrich Nietzsche dans “Aurore”.

Dans cette histoire du Roi Pêcheur, la cité périssait à cause d’une indifférence métaphysique, à cause d’un manque d’imagination, à cause d’une absence de désir du réel, à cause d’une négligence de l’altérité. Et pourtant le Graal, ce trésor merveilleux, était juste là, à portée d’un simple “pourquoi ?”.

Un questionnement non pas motivé par de la curiosité, encore une fois, mais par une réelle humanité. Par un intérêt inconditionné (sans attente de retour) d’autrui et de tout. Autrement dit, en amour, dans le noble et grandiose sens du terme. Car l’élévation progressive de la conscience passe par la Connaissance et l’Amour. Avec des majuscules. Une quête sans fin.

C’est avec cet état d’esprit que je vous propose de partager un “pourquoi ?”. Ensemble. Enrichissons-nous mutuellement. Je pose une première pierre, je compte sur vos apports, réflexions, objections… Une sorte de travail d’alchimiste. La matière est la partie périssable de l’Homme. L’essentiel est ailleurs. Dans un sentiment d’appartenance que nous avons perdu.

A cet instant, mon bureau vibre par la magie de la Toccata et fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach. Cette œuvre qui touche au sublime, nous sommes nombreux à l’avoir connue par le biais d’un dessin animé nommé “Il était une fois”. Alors…

Il était une fois l’Univers (auquel nous appartenons)

L’immense majorité de l’immense l’Univers demeure invisible à nos yeux. Il est composé à 95% de matière noire et d’énergie noire. Et aujourd’hui la science ne sait pas trop de quoi il est question. Sauf que nous percevons leur présence par leurs effets gravitationnels sur la matière ordinaire (les 5% restants visibles) ou l’Univers dans son ensemble.

Peu importe ? Et alors ? Pas vraiment. Parce que les comprendre c’est comprendre le destin de l’Univers et trouver du sens. Notamment, l’énergie noire qui représente à elle seule 70% du contenu énergétique de l’Univers. Oui, il y a du sens là-dedans et les plus grands secrets existentiels. La matière noire crée du lien dans l’Univers, sans elle il ne serait que chaos, sans elle l’Univers serait inhabitable. La matière noire traverse et façonne les planètes et les étoiles. La matière noire est le ciment de l’Univers.

Depuis 1929 et les observations d’Edwin Hubble, on sait que l’Univers est en expansion. On suppose (la question est encore ouverte) qu’il part d’un Big Bang il y a 13.8 milliards d’années. En fait, tout partirait d’un point : “l’atome primitif” qui se lance dans expansion effrénée sous l’action de l’énergie noire.

La question de l’origine de l’Univers reste ouverte, car si les chercheurs arrivent à “remonter le temps” dans leurs observations à 10-43 secondes après le Big Bang, le t=0 reste inaccessible. Les équations présentent alors une singularité (comme avec tout trou noir), c’est à dire que la température et l’intensité deviennent infinies ! C’est le “mur de Planck”, les équations s’effondrent car il faudrait que la théorie de la gravitation s’unisse à la physique quantique pour aller plus près du zéro. La densité, la température deviennent telles qu’on ne peut plus calculer. Pire, les ébauches jusqu’ici d’unification de la relativité générale et de la physique quantique qui permettraient d’atteindre l’instant zéro… déplacent l’instant zéro. Et puis penser l’origine de l’Univers… c’est aussi penser l’avant… donc l’absence de l’Univers. Il faut donc penser le néant alors qu’on ne peut pas le penser sans lui accorder un statut qu’il ne peut avoir puisque c’est le néant… Compliqué. Nous sommes à la limite de l’aporie. Donc s’il y a une origine de l’Univers mais pas d’instant zéro, c’est qu’il y a forcément quelque chose avant. L’instant zéro serait donc une transition, un rebond, ou une transcendance. Ou tout aussi possiblement il n’y a ni début, ni fin. Car la notion de temps est plus que discutable… puisque humaine (nous y reviendrons). Et enfin qui nous dit qu’il n’y a qu’un Univers ? (voir la théorie des multivers qui pourrait expliquer l’existence des trous noirs) Beaucoup de questions restent ouvertes. Et le Big Bang pourrait représenter les limites actuelles de la construction théorique.

C’est donc à partir de 10-43 secondes que la science constate le début de l’expansion accélérée de notre Univers à partir d’un unique et minuscule point : on l’appelle “l’inflation cosmique.” Depuis 1998, on sait que cette expansion est de plus en plus rapide. Tout part donc d’un petit point qui reste un objet et qui n’est pas une enveloppe.

Ceci est fondamental ! Tout part donc d’un petit point, un atome primitif (répondant aux principes de la mécanique quantique), qui reste un objet et qui n’est pas une enveloppe. Notre Univers est un objet, pas une enveloppe : nous ne sommes pas DANS un Univers, nous faisons partie de notre Univers. Et il est quantique par nature.

Ajoutez à cela que l’Univers que nous constatons est homogène (de même nature, uniforme) et isotrope (qui présente les mêmes propriétés dans toutes les directions), et bien le cocktail est relevé ! Car cela veut dire qu’ici chaque chose (donc chacun d’entre nous pour revenir à des considérations humaines) est liée, interconnectée, possède intrinsèquement les mêmes informations fondamentales, et est mue par la même énergie vitale. A savoir pour beaucoup la fameuse énergie noire qui permet l’expansion de l’Univers et qui le rend habitable malgré le chaos ambiant.

Rappelez-vous, l’expansion accélérée de notre Univers est provoquée par l’énergie noire via une gravité répulsive. Mais on ne sait pas ce qu’est cette énergie noire. Si ce n’est un vide qui ne l’est pas énergétiquement. Elle est partout dans l’espace et ne se dilue pas malgré l’expansion. “Elle est présente entre les galaxies. Elle est présente dans cette pièce. Nous pensons que dans tout lieu, où il a du vide, il y a inévitablement un peu de cette énergie noire” , expliquait Adam Riess,  astrophysicien et cosmologiste qui fait partie de ceux qui ont mis en évidence en 1998 le phénomène d’accélération de l’expansion de l’Univers.

L’astrophysicien français David Elbaz établit un analogie intéressante. Un arbre comme le chêne est composé des mêmes proportions que l’Univers. L’énergie noire correspond au tronc (70% du poids du chêne), la matière noire aux branches (25% du poids), la matière ordinaire aux feuilles, c’est à dire les 5% restants. Et pourtant ces 5%, à distance, c’est ce qu’on voit à l’œil nu. Oui, ce sont les feuilles… comme la matière ordinaire. Si on détache une feuille de l’arbre, elle meurt. De la même manière, si on détache la matière ordinaire de la matière noire, elle meurt. Si on prend deux feuilles séparées d’une certaine distance, lorsque la branche grandit, ces deux feuilles s’éloignent. Si on prend une feuille deux fois plus loin, avec la croissance de la branche, elle s’éloigne deux fois plus vite parce que chaque morceau de branche grandit d’une même entité. Et si vous prenez le tronc, il pousse le tout à s’agrandir plus vite, cela… telle l’énergie noire. “Donc l’arbre suit la règle de Hubble. Il suffisait de prendre un arbre comme le chêne pour tout comprendre sur l’Univers !” constate le scientifique du CEA.

“Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, assurait Hermès Trismégiste il y a plus de deux mille ans. Et comme toutes les choses sont sorties d’une, à travers la pensée de l’Unique, de même toutes choses sont nées de cette chose unique, par adaptation.” Intéressante concordance.

Toutefois, l’Homme n’est pas central dans l’Univers et encore moins une finalité. Il est une forme d’existence endogène au sein d’un ou plusieurs Univers. Au passage, il est amusant de constater que dans les considérations générales – comme dans les représentations artistiques – l’Univers est synonyme d’étoiles, de calme, de vide, de paix, alors que le chaos y règne…

Quoi qu’il en soit, on peut affirmer qu’il manque un concept universel à la cosmologie qui permette une théorie homogène et une juste perception de l’Univers. Des surprises sont à venir.

Notre conscience

Il est bien compliqué de définir le mot “conscience” puisque l’exercice revient à demander à une conscience de s’auto-définir… Ce qui est purement subjectif. D’autant plus que la conscience est une affaire intime qui touche au sensible. Et puis nous avons là une notion centrale pour nombre de disciplines (neurosciences, philosophie, psychologie, sciences sociales ou encore les spiritualités). Difficile donc de se baser sur une définition.

On dira ici pour faire simple et s’offrir un postulat que communément on l’entend comme un ensemble : la conscience du monde et la conscience de soi, possibles par nous outils que sont nos cinq sens, et par une forme d’éveil (qui n’est pas réservée à l’humain mais au domaine du vivant). En effet, la conscience n’est pas le fruit d’une cognition qualitativement de haut niveau. La conscience de soi pourrait se limiter à la simple perception par le cerveau des battements du cœur. Les choses ne sont pas aussi simples. Et nombre d’observations comportementales montrent par ailleurs qu’une multitude d’espèces animales développent une “théorie de l’esprit”.

La conscience peut être comprise comme synonyme de vie intérieure en interaction avec l’extérieur au delà du processus de métacognition cher à l’humain (penser sur ses propres pensées, avoir un retour réflexif sur soi-même). En latin classique “conscientia” signifie “connaissance en commun” ou “avec une connaissance”.

Une Connaissance… une connaissance fondamentale… que consciemment et inconsciemment nous possédons. Une conscience universelle.

Voilà qui peut renvoyer à l’approche moniste, ce principe philosophique qui dans sa version moderne soutient le postulat d’unicité de la substance qui compose l’Univers. Ce qui est constaté scientifiquement depuis Albert Einstein. Ne nous lassons pas de le dire : l’Univers est un objet, pas une enveloppe. Nous ne sommes pas dans un Univers, nous sommes partie intégrante d’au moins un Univers.

Cette unité fondamentale du cosmos ou de l’univers peut être perçue physiquement (monisme physicaliste), spirituellement (monisme idéaliste), de manière dualiste (tout est matière et esprit) ou neutre (il existe une substance mais elle n’est ni matière ni esprit). Quoi qu’il en soit cette unité fondamentale renvoie à une conscience universelle.

Le pré-socratique Parménide (-VIe siècle avant J.-C.) défendait (déjà) une philosophie de l’harmonie universelle. L’homme sage doit trouver sa place dans le Cosmos, faire partie du Tout Universel. Et plusieurs chemins s’offrent à lui, expliquait-il. “Il faut que tu connaisses toutes choses, et les entrailles incorruptibles de la vérité persuasive, et les opinions des mortels qui ne renferment pas la vraie conviction”, écrivait-il… Où le chemin de la raison brute plutôt que de l’opinion générale.

Car la pensée est continue, alors que la parole est discontinue. Et l’Etre est la condition de la pensée. Une pensée qui doit permettre de concevoir le réel en devenir permanent, c’est à dire le Cosmos. Nous avons donc avec Parménide la fondation de la pensée grâce à l’Être et l’application de la pensée sur le réel qui le rend intelligible via sa stabilisation. C’est par l’interaction (et non pas par la relation) que l’on peut construire.

Or la tendance actuelle est à la dissociation (distinction par le “je suis différent”) et à l’opinion (“moi je sais”) par une perception (“ce que je vois est la vérité”), ce qui est un égarement de la pensée. Et une déification de la conscience personnelle par une forme d’exaltation. Alors que la pensée demande humilité puisqu’il s’agît d’espérer comprendre un tout petit peu ce qui est vraisemblablement inintelligible à notre niveau. Par chance, puisque nous faisons partie de l’objet Univers – homogène et isotrope – qui se forme avec une énergie non comprise, nous pouvons tenter de chercher en nous quelques éléments de réponse avec notre conscience pour outil.

« Tu n’y verras clair qu’en regardant en toi. Qui regarde l’extérieur, rêve. Qui regarde en lui-même, s’éveille » Carl Gustav Jung

Chercher en soi, ce n’est pas se lancer dans une analyse psychologique, ce n’est pas faire une introspection égotique. C’est justement écarter l’ego pour se rapprocher de l’essentiel, c’est à dire le lien organique avec le Cosmos car l’Homme et l’Univers sont de même nature. Ce n’est pas exclure ce qui est extérieur. C’est chercher la synthèse, l’osmose (l’influence réciproque, l’interpénétration) depuis notre place qui – si modeste soit-elle dans l’Univers – est le point d’où nous prenons conscience d’être. C’est le précepte delphique « Connais-toi toi-même » repris par Socrate : aller toucher ce que par essence chacun peut porter en lui. Misons sur la Connaissance (addition de l’information et de la sagesse) et l’énergie d’Amour.

Car…qu’est-ce qui fait vibrer le plus toute conscience ? L’Amour. Qu’on y croit ou pas, et peu importe, les représentations faites des personnes allant vers la mort parlent d’un tunnel d’amour, jamais d’un tunnel d’argent ou de pouvoir. Quand quelqu’un décède, on lui tient la main en amour, on ne lui glisse pas un billet de cinquante euros… Les troubles psychologiques ou déprimes renvoient souvent à un moment donné où l’Amour (au sens imposant du terme avec une majuscule, il n’est pas question ici du sentiment amoureux) a fait défaut. La base de tout, c’est l’Amour. C’est l’énergie vitale qui crée du lien, évite le chaos, rend notre monde relativement habitable, et lui permet de grandir. Comme l’énergie noire qui occupe à 70% l’Univers.

Comme nous faisons partie intégrante – sans être une enclave – d’un objet qui est l’Univers, que celui-ci est homogène et isotrope, on peut supposer que la base de tout, ici et donc là, c’est cette même énergie. Ce qui n’empêche par le chaos. Mais tend à le corriger, à l’équilibrer.

Dans cette analogie on peut imaginer que chacun doit tendre vers l’amour (fondamentalement désintéressé) malgré le chaos pour tendre à le corriger. Nous sommes venus expérimenter l’amour sous toutes ses formes pour en comprendre l’essence. Mais le sujet de l’amour, nous y reviendrons, plus tard…

Expérience de pensée

C’est maintenant Katy Perry qui chante “bla-bla-bla” dans les enceintes de mon ordinateur (titre de la chanson : “small talk”). Merci pour la transition… J’espère que vous cette lecture se déroule bien et que l’expérience de pensée que je vous propose ici n’est pas du “bla-bla-bla”. Mais l’expérience de pensée ? Qu’est-ce donc ?

“La connaissance s’acquiert par l’expérience (de pensée), tout le reste n’est que de l’information”, disait le fameux et incroyable Albert Einstein. Décryptons.

La physique moderne est née avec des acquis mais sans données, sans informations. Elle est née dans l’esprit d’hommes brillants avec l’aide d’une méthode atypique : l’expérience de pensée (thématisée par Ernst Mach). C’est à dire “une manière de résoudre un problème en utilisant la seule puissance de l’imagination humaine parce que les conditions de l’expérimentation ne sont pas réalisables”, comme la définit Wikipedia.

Pour faire simple, il s’agît de se dire : “que se passerait-il si… ?” Et d’essayer d’apporter des réponses viables qui peuvent aller au-delà de ce que nous observons, par l’imagination. Car “le monde s’oppose à ce qu’il nous montre spontanément”, souligne Etienne Klein, brillant philosophe des sciences chez qui je pioche la partie historique suivante.

On nous dit à l’école que les faits sont premiers, relève Etienne Klein. On nous apprend d’ailleurs que s’il y a une contradiction entre les faits et les lois, c’est que les lois sont fausses. Mais ce n’est pas… si vrai. Toutes les lois de la physique moderne contredisent les informations perceptibles. Elle sont cachées derrière les phénomènes observés et les contredisent. Pour les trouver, il faut s’écarter du réel empirique – qui reste toujours l’objet d’interprétations – et faire des hypothèses. Et ensuite les tester spécifiquement. Il faut réussir à imaginer ce qu’on ne voit pas. Et même par exemple penser le principe d’inertie qui ne s’applique nulle part dans l’Univers puisque le vide n’existe pas. On ne trouve du vide nulle part. Il y a de la gravitation partout.

Penser le vide, c’est ce que Galilée a fait. Ce qui lui a permis d’énoncer la théorie de la chute des corps en 1604. Ce physicien et astronome a remis en cause les idées reçues par l’observation de la nature et les idées d’Aristote en la matière. Est-ce qu’au XVIIe siècle on peut mesurer la vitesse d’un corps qui tombe ? Non. Sait-on alors si le vide existe ? Non. La loi de Galilée ne résulte d’aucune information. Comment peut-on trouver une loi contredite par les faits observables dès le départ ? Comment peut-on concevoir une loi au XVIIe siècle que même des algorithmes actuels ne pourraient trouver ? Par un stratagème, à savoir l’expérience de pensée en imaginant la fiabilité d’une loi dans un contexte.

Les corps les plus lourds ont tendance à tomber plus vite que les plus légers. C’était la vérité acceptée avant Galilée. Celui-ci laisse tomber une pierre dans de la mélasse, une autre dans de l’eau, une autre à l’air libre. Evidemment les vitesses ne sont pas les mêmes. Et il se demande : et s’il n’y avait rien, du vide… quelle serait la vitesse de chute de la pierre ?

Comme il ne peut expérimenter dans du vide, il doit le penser. Comme à l’époque l’Eglise envoyait vite sur le bûcher, il a pris la précaution de démonter au préalable l’idée qui voulait que les corps les plus lourds tombent plus vite que les plus légers. Il l’a démontée avec cette hypothèse : si on attache une grosse pierre avec une ficelle à une petite, le poids est plus grand. Donc l’ensemble doit tomber plus vite, si l’on suit le postulat d’Aristote. Mais ce même postulat nous dit que la pierre plus légère va provoquer un effet parachute et ralentir la plus grosse. Le postulat se contredit. Il ne fonctionne pas car il dit que la grosse pierre va tomber plus vite ET moins vite. La solution: tous les corps tombent à la même vitesse dans le vide. Mais dans ce que nous observons il y a d’autres forces liées à la présence de l’air qui font qu’une feuille de pommier ne tombe pas à la vitesse d’une pomme. Galilée conçoit une loi juste en imaginant du vide qui n’existe nulle part. Il a fait un pas de côté.

Revenons à Albert Einstein. Il propose en 1915 une théorie de la gravitation générale. Cette même théorie qui a permis de déterminer les ondes gravitationnelles en 2016, un siècle plus tard. C’est la théorie d’Einstein qui, aujourd’hui, permet de faire de la cosmologie et de concevoir l’Univers comme un objet physique. L’Univers devient un objet avec des propriétés globales et non plus une enveloppe. Mais, en 1915, que savait-on de l’Univers ? On ne savait pas que l’Univers était en expansion. On ne savait même pas qu’il y avait d’autres galaxies (il y en a plus de 2000 milliards)… Par rapport à ce qu’on sait aujourd’hui, il n’y avait quasiment aucune donnée. Mais il l’a pensée.

La mécanique quantique a été formalisée dans les années 20. C’est celle qu’on utilise aujourd’hui pour définir la matière. Les découvertes qui ont suivi n’ont jamais remis en cause les principes initiaux. Que savait-on dans les années 20 sur la matière ? Très peu de choses… La mécanique quantique est née sans données.

« La connaissance s’acquiert par l’expérience de pensée, tout le reste n’est que de l’information. » Il est fascinant de concevoir qu’on peut viser juste avec une expérience d’imagination. Autre exemple, Démocrite qui aux alentours de 440 avant J.-C., a pensé l’atome face à la mer et inventé le terme (a-tomos pour indivisible) en visualisant qu’un corps ne pouvait être divisé à l’infini. Ou sinon l’Univers et un simple grain de sable étaient identiques, tous deux contenant une infinité de mondes… Une déduction faite il y a 2500 ans environ par une expérience de pensée. Démocrite a même émis le postulat que ces grains indestructibles étaient de différents types.

Faisons une parenthèse. Nous ne sommes pas loin ici de la Gnose, avec la Connaissance qui est au-delà du perceptible, et qu’on peut trouver en soi. La Connaissance qui permet de s’ancrer et de s’élever. Pour Platon, la Connaissance ne peut être qu’immuable, et l’âme a cette Connaissance absolue, cette sagesse. On ira même jusqu’à penser que la quête interne de la Connaissance est une aventure, comme l’art, avec pour déclencheur l’appel de l’Être. Sans certitude absolue. Fin de la parenthèse.

Pour penser l’imperceptible, il vaut mieux, comme nous l’avons vu, laisser de côté le déterminisme : oublier la logique des horloges et privilégier la logique des nuages selon l’expression de Karl Popper. Ce que nous invite à faire la physique quantique. Le raisonnement par analogie, l’association d’idées, permet d’avancer plus sûrement que la déduction. Vive la puissance de l’imagination !

Notre connaissance de l’Univers est très parcellaire. C’est en tout cas une bonne chose que les être humains comprennent qu’ils ne sont pas le centre de l’Univers, voire même d’un Univers. L’Homme n’est même central dans la Voie Lactée… Alors pourquoi partir du principe que nos sens  le toucher, la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe – seraient capables de nous dire tout ce qui se passe ? Notre peau, nos yeux, notre nez, notre langue, nos oreilles sont des instruments fantastiques, mais ils sont limités. Ils sont adaptés à notre environnement pour en donner une représentation, pas pour nous donner accès au réel.

Nous sommes juste adaptés à notre milieu, notre environnement, pour interagir avec la matière ordinaire composée d’atomes. Il y a de la matière sur notre peau, et pourtant nous ne pouvons pas la sentir… Existe-t-elle ? Oui. Alors continuons d’avancer en mêlant – en toute humilité – savoirs supposés et expérience de pensée. Et penchons-nous sur…

Le temps

Le temps, est-ce un concept purement humain ? Le temps est-il linéaire ? Existe-t-il sans la mémoire ? Et l’Univers, a-t-il une mémoire ?

Les scientifiques établissent que l’Univers a un âge au moins égal à 13.8 milliards d’années, et que la Terre s’est formée il y a 4.45 milliards d’années. Mais le temps physique n’a pas les propriétés que nous attribuons d’ordinaire à l’idée de temps, avec un rythme (un passé gravé dans le marbre, un présent fugace et un avenir incertain) ou des cycles (comme les saisons). 

En physique, aucune notion ne correspond au passage du temps. Le flux du temps est irréel mais le temps lui est aussi réel que l’espace. L’espace et le temps sont non seulement relatifs mais en outre ils sont liés : ils ne peuvent pas être définis séparément et forment un continuum à quatre dimensions, l’espace-temps. Mais pour reconnaître le temps ou son absence dans des constructions mathématiques, ne faut-il pas déjà le connaitre?

L’irréversibilité (un œuf cassé le restera) pourrait faire de l’écoulement du temps un aspect objectif. Mais comme nous l’avons vu précédemment, “le monde s’oppose à ce qu’il nous montre spontanément”. Si nous n’observons pas un temps qui passe, nous constatons des états du monde qui changent. Auquel cas, une montre mesure la durée entre deux états comme le mètre mesure des distances. Le fait que la mémoire soit unidirectionnelle (on ne se souvient que du passé) pourrait nous laisser croire que cette unilatéralité est un écoulement du temps. Mais comme tous les temps sont réels, il ne peut y avoir d’écoulement.

D’ailleurs, la physique quantique montre que la nature est intrinsèquement indéterministe. Un electron qui entre en collision avec un atome peut rebondir dans n’importe quelle direction sans qu’on puisse la prédire. Ce qui affaiblit le principe de causalité. Et oui, l’observation de l’infiniment petit (atomes et particules) peut surprendre et modifier certaines logiques… Parce qu’un électron peut avoir une infinité de positions dans l’espace, jusqu’à ce qu’une, en particulier, soit mesurée. L’expérience dite de double fente (considérée par beaucoup comme la plus belle de la physique) nous prouve que la mécanique quantique est fondamentalement probabiliste. Et alors ? Et alors, c’est important parce que nos logiques sont construites sur des causalités qu’il faut comprendre que la réalité ne serait qu’aléatoire, faite de probabilités. L’ordre est fondamentalement indéterminé. Il y a une superposition d’ordres: si une cause produit un effet, un effet peut précéder une cause. Mais ce n’est pas tout, la matière se constitue à partir de l’observation et de l’intention. Ce qui voudrait dire que nos pensées, sentiments, ou encore objectifs ont une influence sur la réalité physique qui se déploie.

Autre élément pour reconsidérer le temps, la relativité de la simultanéité. Des horloges placées sur la Terre et sur Mars auront un rythme différent. Et seront donc automatiquement désynchronisées. Il n’y a pas de grande horloge cosmique.

D’où provient notre intuition “humaine” du temps ? Serait-ce une simple construction du cerveau qui l’attache à la vie ?

Nous l’apprécions :

  • dans une structure linéaire
  • comme une droite sur laquelle chaque point représente un instant
  • avec un présent (seul instant réel) qui sépare le passé du futur
  • mesurable en secondes, minutes, jours, mois, années…
  • universel (le même pour tous) et indépendant

Or, tout cela est fondamentalement… faux.

Albert Einstein est passé par là avec sa théorie de la relativité. L’idée derrière les équations d’Einstein est que l’espace-temps est comme un tissu que la matière et l’énergie déforment et font se courber« La matière dit à l’espace-temps comme se courber et l’espace-temps dit à la matière comment se courber », expliquait le physicien John Archibald Wheeler.

La physique quantique est également passée par là. Nous savons que le temps n’est pas universel, il est poli-rythmique, pas orienté et pas linéaire. Plusieurs temps pouvant se superposer. Comme la couleur, notre temps d’humain est une construction mentale pour interpréter le monde qui nous entoure. La notion intuitive que l’on a du temps serait issue du comportement des systèmes thermodynamiques. C’est l’ « idée de temps thermique » proposée par le mathématicien Alain Connes et le physicien Carlo Rovelli. « Si cette vision est juste, le temps n’est, en somme, rien d’autre qu‘un effet de notre ignorance de l’état microscopique des systèmes macroscopiques », écrit ce dernier. Les frontières du temps seraient les frontières des connaissances actuelles.

« De même que la vie émerge de molécules organiques qui s’organisent, le temps pourrait émerger de quelque chose d’intemporel s’ordonnant » George Musser / Scientific American

Une des idées les plus fortes de la théorie des cordes (ou amas) est le principe holographique. Il suggère que notre Univers entier est un système de particules quantiques qui interagissent. Rien ne se touche, rien n’est vide, tout est interconnecté, actif et vivant, composé d’énergie. Toujours.

Mieux encore, la gravitation quantique à boucles confirme l’absence de temps et d’espace. Ce ne sont pas des réalités, nous explique le professeur Marc Henry. Dans l’infiniment petit on trouve une agitation intrinsèque et c’est la création de nœuds à ce niveau qui constitue l’espace et le temps. Les énergies qui se nouent créent une topologie non visible dans le vide mais qui sont le support de toute l’information.

En attendant, nous avons besoin pour vivre « ici et maintenant » de notre concept de temps, nous avons besoin socialement que la flèche du temps soit unidirectionnelle pour évoluer, nous avons besoin de durées de temps et d’échelles d’espace pour former des structures, nous avons besoin de causes et d’effets pour interpréter, nous avons besoin de séparations spatiales pour que nos corps puissent se penser comme des enclaves au sein d’un monde. Nous créons notre monde virtuel.

Dans notre ergonomie, nous “roulons” sur deux rails. Le premier est le « temps du corps », il est géré par l’horloge de l’hypothalamus. C’est le métronome biologique avec lequel nous organisons nos journées, les temps d’activité comme les temps de repos. L’autre rail est le « temps de l’esprit ». Il permet lui de considérer le passage du temps. L’ennui l’allonge en termes de perception, le bonheur le suspend par exemple. Le « temps de l’esprit » s’occupe du traitement mais aussi de l’archivage des faits en souvenirs, c’est la mémoire.

Ouvrons une parenthèse. On constate dans nos sociétés le développement d’une intolérance à l’attente, à vouloir obtenir tout sans délai dans un monde où les modes de vies s’accélèrent sur le tempo de l’interactivité sur le net. La perception (« Je n’ai plus de temps à moi ») de ce temps linéaire (qui n’existe pourtant pas) se transforme comme jamais. Nous tendons vers une accélération du temps que nous construisons. Parenthèse refermée.

Si le temps n’est pas linéaire, comment est-il ? Et que faut-il comprendre ? Dans notre monde très « informatique », nos ordinateurs, tablettes, smartphones utilisent un système d’exploitation (souvent appelé OS comme Operating System) qui permet de déchiffrer, d’interpréter et de comprendre des ressources. Un peu de la même manière, notre cerveau, assisté par nos cinq sens, se concentre sur un seul laps de temps à la fois (appelé présent) et relie des instants pour créer de lui-même une réalité linéaire sur une flèche du temps. Pourquoi ? Potentiellement, notre cerveau offre une ergonomie (un environnement optimisé) à notre esprit pour qu’il puisse travailler. Une modélisation qui permet de vivre une réalité à la fois. Dans un monde où des applications et des solutions traitent des quantités gigantesques de data, il devient plus aisé d’intégrer, d’appréhender cette approche ergonomique, ce moyen commode de conceptualisation humaine du temps.

Rassurons-nous. Ne pas “comprendre” le temps comme une ligne sur laquelle des causes engendrent des effets n’a rien d’anxiogène. L’aspect mouvant des phénomènes apporte une dimension « artistique » à nos vies. L’inattendu est au pouvoir. Hypnotisés par les nécessités du commun, portés par des hypertrophies de l’ego, nous avons tendance à rechercher les détails des rouages de la causalité là où il n’est question que de probabilités. C’est un des apports de la physique quantique. Et il doit nous servir. Cessons de croire à la causalité. Tout nous dit qu’il n’y a que des probabilités.

Au niveau quantique, rien n’est stable, rien n’est déterminé, rien n’est irréversible. D’autant plus que l’objet, quand il est en interaction avec un environnement, perd ses qualités quantiques pour devenir « classique ». Le fait même d’observer détermine la réalité émergente. L’attention est fondamentale dans le retour d’information.

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A cela il faut ajouter le rôle de l’intention. Elle joue sur la probabilité de réalisation d’un scénario plutôt que d’autres. Cette importance de l’intention, associée à l’intrication globale (tout est relié), donne force et vigueur à un principe de vie majeur. La plus noble des intentions étant l’amour, – tant que celle-ci est pure et sans limites – la porter et la diffuser en tant qu’énergie influence positivement le cours des choses, aussi mouvant soit-il. L’amour, comme ses pendants, la peur et la haine, déterminent la réalité émergente. Evidemment, cette réalité émergente n’est pas la même en fonction de ses influences. Et comme tout est lié, relié, vous comprendrez que ces courants s’opposent.

Bonne nouvelle, l’infiniment petit qui me/vous compose est lié à l’infiniment grand. A vrai dire, micro et macro sont identiques, nous l’avons vu. Chacun est donc associé à ces différentes dimensions. En conséquence, nous créons et participons grâce à notre libre arbitre. Et rayonnons.« Notre faculté d’agir, en se ressaisissant, s’intensifiera » disait Henri Bergson. Agir n’est pas combattre, agir c’est porter comme essence la plus noble des intentions, de manière détachée, et en toute liberté. Pour la faire rayonner. Une fois « éveillé(e) ».

Difficile à croire ?

Vous regardez à cet instant l’heure sur votre smartphone, votre montre, sur une horloge… Ce qui s’affiche n’est qu’une création humaine, un outil, une représentation ? Difficile à accepter ou à comprendre ? Notre socle de “vérités”, celui qui nous socialise, celui nous offre une grille de lecture sur le monde, serait-il une simple représentation ? Pourtant via ses gènes, même un bébé sait que “le monde est fait d’objets solides qui se déplacent quand on les pousse, sans jamais s’interpénétrer”. Effectivement. Il y a une approche innée héritée de l’évolution qu’on nomme “pensée objective”. Pour chacun d’entre nous le ciel – le jour, sans nuage, sans pollution ou éclipse – est bleu. Et pourtant, les couleurs n’existent pas. Ce qui ne veut pas dire que le fait n’existe pas. Une représentation est un fait. Même si les lois physiques le contredisent.

Les rapports au monde divergent. Il y a donc des conceptions de la vérité (adéquation entre la réalité et l’homme qui la pense). Elles varient en fonction du groupe culturel, religieux, philosophique, idéologique, etc. On pourrait presque parler de différentes “illusions de vérité” autour desquelles se réunissent des groupes dans un principe identitaire. Ou communautaire.

Se réunir autour d’une “illusion de vérité” renforce la cohésion du groupe. Cet acte de socialisation donne à l’individu la conviction qu’il “existe” auprès de ses pairs, qu’il compte, qu’il apporte sa pierre, voire même qu’il a un certain pouvoir. Il crée du lien. Et le Sapiens est un animal social. C’est même par ses stratégies collectives qu’il a pris “le contrôle” de la Terre. Et son moteur est parfois le récit même s’il tord la réalité. Ainsi on observe que l’individu tend à valider une information fausse quand son groupe lui transmet plusieurs fois alors qu’il sait initialement qu’elle est fausse !

“L’espèce humaine possède une capacité de pensée collective ou sociale, explique Pascal Huguet, du CNRS, à “Science et Vie”Notre vision du monde est très inspirée par les autres. Pour cimenter nos groupes d’appartenance l’évolution nous a dotés de l’aptitude à créer un récit collectif qui, même parfois dénué de réalité factuelle, acquiert la même “réalité” que les faits du monde physique.”

Construire seul(e) sa pensée de manière analytique est plus coûteux en temps, en travail et en énergie (le cerveau est énergivore). Et l’isolement qui en découle est moins utile socialement parlant. Mais c’est ici l’exercice que je vous propose quand même de faire, comme je le fais ici dans ma propre expérience de pensée, sans prétention, en toute humilité. Et sans ego. Car nous pouvons beaucoup nous apporter mutuellement par nos savoirs, expériences et pensées. Pas par du débat mais par de la transmission. Le but n’étant pas de convaincre mais de se connaître. Avec la meilleure des intentions. Rappelons que “la principale activité du cerveau consiste à produire des changements en lui-même. Le cerveau produit par exemple des souvenirs qui changent notre câblage cérébral et, par conséquent, nos façons de penser ultérieures”, comme l’écrivait le scientifique américain Marvin Lee Minsky.

Sans ego… ou ego neutre

Évoluer oui, mais de préférence sans ego car il nous fait croire automatiquement que chaque être est une enclave, unique, une goutte d’eau indépendante. Pour reprendre André Comte-Sponville, l’ego “est moins ce que je suis que ce que je crois être.”

Mais si on croit être ce qu’on est, c’est à dire en aucun central ou un motif de priorité ? L’ego peut être “neutre”, oui… Les dérives se nomment égocentrisme (tendance à se placer au centre de tout, à tout rapporter à soi. Ce qui est déjà un trouble de la perception et du discernement), égoïsme (attachement excessif à soi-même qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnel. Là, on se fiche des autres) et narcissisme (amour excessif de soi, associant survalorisation de soi et dévalorisation de l’autre).

Nouvelle parenthèse. Les réseaux sociaux – et particulièrement Instagram – sont un terrain de jeu, mais aussi de culture de l’égocentrisme, de l’égoïsme et du narcissisme (grandiose). Notamment quand l’outil digital est perçu comme un moyen de faire la promotion de soi.

Citons Matthieu Ricard, moine bouddhiste interprète du Dalaï-lama : “Si l’on vit avec le sentiment exacerbé de l’importance de soi, si l’on se représente l’ensemble de nos rapports aux autres et au monde en fonction de notre ego, on instrumentalise les êtres[…] L’univers apparaît comme une sorte de catalogue où l’on pourrait commander tout ce que l’on souhaite. […] On finit par être obsédé par le moindre plaisir et déplaisir.” Bref, on vit en consommateur ultime. Un consommateur ultime totalement à côté de la plaque… car :

Un ou des Univers où tout est instantané, un temps qui n’est pas linéaire mais dans lequel tout est simultané, des niveaux imbriqués et des effets en cascade, un enchevêtrement qu’on ne peut expliquer, une flèche du temps sans pertinence, la causalité remplacée par des probabilités, un monde indéterminé par essence, etc. Nul besoin de continuer. La physique quantique comme la relativité remettent en cause nos logiques établies. Avons-nous seulement réalisé l’importance de ces découvertes scientifiques dans nos approches du monde, de la vie ? La question mérite d’être posée puisqu’elle est fondamentale.

Il n’y a pas de temps physique car chaque objet a son temps propre. Il n’y a pas un gigantesque tic-tac. Depuis plus d’un siècle, on sait que temps et espace ne peuvent être appréhendés indépendamment. En fait, tout ne serait que corrélations qui ne dépendent ni du temps ni de l’espace. Tout n’est qu’un réseau immense et désordonné d’événements quantiques. Tout n’est qu’une création continue d’imprévisible nouveauté. Les particules atomiques n’ont pas de trajectoire déterminée.

La physique quantique nous apprend que l’aléatoire est fondamental. Il n’y a que des probabilités, pas de causalité. Les notions d’espace et de temps se sont fondues dans un espace-temps relatif à chacun. L’observateur n’est pas dissociable de l’objet qu’il observe.

Comme le dit Morvan Salez, docteur en astrophysique et techniques spatiales, “il n’y a pas de certitudes nous échappant pour cause de complexité, mais bel et bien une indétermination, un flou intrinsèque à la nature intime du monde.” Dans notre Univers, un atome peut se trouver à deux endroits à la fois, quelle que soit la distance. Deux atomes peuvent interagir, influer l’un sur l’autre, quelle que soit la distance, et les choses se produisent sans raison, en tout cas sans causalité. Revoyons notre copie ! L’Univers est fondamentalement imprévisible mais aussi granuleux.

Le vivant est tout autant probabiliste, assure Jean-Jacques Kupiec, biologiste et épistémologue français. La variabilité, l’inattendu… est la règle, de la molécule à l’être entier.

L’Homo Sapiens est face à une double vérité… alors que rien n’est certain et qu’il s’agit de mettre des mots, ou même saisir l’ineffable. D’un côté on trouve une “vérité relative et conventionnelle”. Cette vérité est adaptée à un monde intelligible. L’autre vérité est elle “absolue” et loin d’un ego illusoire qui pousse à l’acrasie (agir à l’encontre de son meilleur jugement, ce qu’on vérifie dans le traitement fait à la planète par l’espèce humaine). Dans cette vérité “absolue” et inexprimable, tout est impermanent et n’existe qu’en interdépendance. L’observation et l’intention créent la matière comme le prouvent les expériences de physique quantique. Bienvenue dans le domaine des possibles. Toutes les portes y mènent. Et parfois des synchronicités s’en mêlent.

Synchronicités

Définition : la synchronicité est l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit (Wikipedia). Par exemple, pour donner un cas de figure un peu grossier : qu’une perruche vienne exceptionnellement se poser sur le bord de votre fenêtre alors que vous hésitez entre faire un mémoire sur la “Femme à la perruche” d’Auguste Renoir ou sur le “Bal du moulin de la Galette”.

Sur ce thème de la “coïncidence” entre une réalité intérieure et une réalité extérieure, Carl Gustav Jung (1875-1961), fondateur de la psychologie analytique, est incontournable… puisqu’il a crée le terme après avoir travaillé avec le physicien Wolfgang Pauli (“La synchronicité, n’est pas une vue philosophique mais un concept empirique qui postule un principe nécessaire à la connaissance”). On pourrait parler d’un aiguillage. “Les couches les plus profondes de l’inconscient sont activées, ce qui met en route la métamorphose de la personnalité”.

Comme en physique quantique, dans le concept de synchronicité la causalité laisse place à l’aléatoire et aux probabilités. Là aussi la logique d’une conception d’un temps linéaire (chronos) ne tient plus puisqu’on est dans l’acausalité. La synchronicité est un moment décisif dans la perspective de l’accomplissement de son dessein (c’est le kairos des Grecs). Même si tout est contigu, tout est simultané.

Rappelons encore une fois que l’Univers est Un, puisque tout part d’un atome primitif sans cesse en expansion. Ce qui sous entend l’intrication que l’on retrouve dans la mécanique quantique. C’est à dire que deux particules peuvent être liées quelle que soit la distance qui les sépare. L’espace ne compte plus. Avec la synchronicité deux événements distants sont liés, au delà de tout.

L’Univers a-t-il une mémoire ?

L’Univers étant un objet, il porte ontologiquement de l’information en lui. L’intrication étant totale, cette information est partout dans les champs répartis dans l’espace. Donc accessible, donc intrinsèque. Si on peut supposer qu’au départ l’information était limitée, elle s’est enrichie aléatoirement. L’Univers est porteur d’information. Il a donc une mémoire.

Les trous noirs sont un mystère. Peut-être le plus grand car comprendre le phénomène du trou noir, c’est la clé. Où plutôt la serrure où mettre la clé… Rien ne résiste à un trou noir, pas même la lumière, pas même l’espace-temps. Le trou noir est entouré d’un “horizon des événements” qui représente un point de non retour. Les récents travaux nous apprennent d’ailleurs l’existence de trous noirs supermassifs au centre de chacune des galaxies. Cela vaut évidemment pour notre galaxie, la Voie lactée. Notre trou noir supermassif se nomme ainsi Sagittarius A*. Enchanté ! Les présentations sont faites.

Plus sérieusement, cette présence d’un trou noir supermassif au centre des galaxies n’est pas sans raison. Le trou noir joue un rôle fondamental dans le Cosmos. Scientifiquement on pense que de cette singularité (rien n’existe dans un trou noir à part la gravité dans sa forme la plus extrême) on peut voir tout le futur de l’Univers (dans notre conception humaine du temps) ou plutôt tout connaitre de l’Univers. Toute l’information (ou mémoire) y serait concentrée. Possiblement, dans le trou noir, aussi petit soit-il, tout est aussi grand que l’Univers tout entier… La structure est invariante par changement d’échelle. L’infiniment petit contient l’infiniment grand de même que l’infiniment grand contient l’infiniment petit (principe de fractalité).

Arts

Vibrations, imagination, inattendu, aléatoire, harmonie, chaos, dans notre expérience de pensée, tout renvoie à l’Art.

Parlons Art. Parlons musique par exemple. L’astrophysicien David Elbaz nous dit : “Il y a des résonances de la même manière que la musique contient des résonances qui vont bien au delà de ce que nos oreilles sont capables d’entendre. Peut-être qu’en laissant la musique nous imprégner on retrouvera cette musique originelle de nos cellules, de nos atomes. On sait depuis peu que la lumière dans l’Univers naît de la musique. A son origine il y avait une vibration qui se propageait dans l’Univers et cette musique cosmique primordiale s’est arrêtée d’un coup 380.000 ans après le Big Bang. Les notes de musique sont restées cristallisées sur place pour s’effondrer sous la force de la gravité et donner naissance aux étoiles et aux galaxies. C’est donc de cette musique qu’est née la lumière. C’est cette harmonie primordiale qu’on essaie de retrouver avec humilité.” Qui sait ce que nous entendrons si un jour nous parvenons à écouter la symphonie cosmique ?

Pensons cette musique primordiale (telle une information primordiale) capable de donner une émotion primordiale à celui ou celle qui l’entend. Et si la réaction intime provoquée par des notes, un air de musique, était le résultat d’une résonance avec une information primordiale que nous porterions en nous ? Cela comme un souvenir permanent inscrit au plus profond. Ce frisson, cette émotion, cette joie que peut nous offrir la musique – comme d’autres arts – viendrait de très loin (c’est une image car le son ne se propage pas), et de très près… En fait elle serait là-bas et ici, en nous-mêmes. Dans notre hypothèse, on parle d’une donnée ou information primordiale qui fait que des signaux électriques entre l’oreille et le cerveau produisent une émotion. Ou plutôt sont en capacité de le faire au delà des facteurs culturels et sociologiques. Si on admet que tout est essentiellement constitué d’information, d’énergie plus que de matière. Tentons de le dire plus simplement et de manière affirmative : si un air de musique touche une corde sensible chez nous (et d’autres), c’est qu’il la fait vibrer en renvoyant à une information universelle inscrite en nous. “Vous me demandez d’où viennent mes idées (musicales)… Ce qui touche le cœur doit venir d’en-haut, sinon, ce ne sont que des notes, un corps sans esprit”, disait Ludwig van Beethoven.

Le sens de l’eau

L’eau, c’est la vie. Cet élément, que nous croyons en général bien connaitre, qui nous fait (il est 70% de notre volume, 90% du volume de notre cerveau, 99% des molécules de notre corps). L’eau a des particularités peu connues du grand public. L’eau aurait notamment une mémoire (décidément l’information s’agrège en toute part !). Un constat issu des travaux de Jacques Benveniste dans les années 80, inspirés de chercheurs russes, et repris par le célèbre Luc Montagnier, prix Nobel pour avoir découvert le virus du Sida. 

L’eau peut capter et émettre des ondes électromagnétiques, a constaté le scientifique, quitte à indigner certains biologistes peu au fait de la physique. Et par conséquent avoir une forme de mémoire. L’eau peut détenir et recevoir de l’information par des fréquences. Une découverte révolutionnaire. Marc Henry, enseignant-chercheur à l’Université de Strasbourg, explique le processus (via ce qu’il nomme le “domaine de cohérence”) : l’information se fixe dans le vide (qui ne l’est pas… ce qui le compose n’étant juste pas visible) ou autrement dit dans un espace de stockage au sein d’un assemblage de millions de molécules d’eau. La matière ne peut pas entrer dans cet espace mais les ondes électromagnétiques, oui. Et c’est ainsi que l’eau peut détenir ou recevoir de l’information. Comme nous sommes composés d’eau les informations enregistrées et enregistrables dans notre corps peuvent atteindre des quantités exceptionnelles, à l’échelle de celui-ci.

Ce qu’il faut savoir également (et retenir pour la suite), c’est que l’information ne se détruit jamais. Elle peut être transformée, enrichie, complétée mais pas détruite. Il en reste toujours quelque chose.

Le cycle de l’eau

L’eau se recycle en permanence sur Terre. Des centaines de milliers de km3 d’eau s’évaporent chaque année des océans, des eaux de surface, des espèces vivantes, sous l’effet du soleil pour aller dans la biosphère, et sous forme de vapeur d’eau dans l’atmosphère. La condensation permet la formation de nuages (liquides parfois solides). Des centaines de milliers de km3 retombent (pluie, neige, grêle, rosée) sur Terre sous la forme d’eau douce. Cette eau tombée du ciel, quand elle ne s’évapore pas rapidement, alimente les nappes et les rivières souterraines, rejoint par ruissellement les cours d’eau et les océans. Cependant, certaines rivières s’assèchent progressivement en arrivant dans une zone aride, et n’ont pas d’embouchure à proprement parler. L’eau, sous sa forme liquide, sur Terre, peut connaître un cycle court ou peut passer 10 ans dans un lac, par exemple. Elle peut passer plusieurs dizaines de milliers d’années dans des nappes souterraines profondes. Ou se transformer en glace et passer mille dans une calotte. Bref, il existe une multitude de parcours. Mais bel et bien un cycle. De la Terre au ciel, du ciel à la Terre.

L’analogie tentante

Comme la composition et la croissance du chêne correspond à l’expansion de l’Univers ne pourrait-on pas faire un autre parallèle… entre le cycle du vivant et le cycle de l’eau ?

Prenons par exemple chez les êtres vivants l’Homo Sapiens. Ce sera plus simple et cela colle bien au profil des lecteurs de ce texte… Imaginons que chaque humain soit une goutte de pluie qui tombe sur une terre quelque part. Il est de l’eau douce, nouvelle, mais chargée d’information. Une simple goutte d’eau parmi d’autres, liée aux autres, et pas une enclave auto-centrée (rangez les ego). Il peut être une goutte éphémère ou pas. Les parcours, expériences, périples sont multiples (restons au présent), heureux ou malheureux. Notre goutte peut se retrouver dans un beau ruisseau ou dans un cloaque pollué. Ce passage sur la terre ferme permet d’engranger de l’information, de transformer ou d’enrichir l’information déjà écrite. Puis la phase terrestre touche à sa fin. La lumière du soleil et sa chaleur permet l’élévation de notre goutte qui redevient autre chose avant de repartir possiblement dans un nouveau cycle… par condensation puis grand saut dans l’inconnu, autrement dit retour sur Terre. L’information inscrite lors des précédents cycles reste enregistrée mais notre goutte d’eau douce est nouvelle. Elle repart dans des aventures qui lui apporteront – ou pas – plus d’information afin d’enrichir son essence même.

Dans cette analogie, certains y verront une forme de réincarnation, mais voyons plutôt un rebond. Pourquoi pas un cycle circulaire ? Il y aurait une forme de retour à un point initial vierge d’information nouvelle. Cela ne colle pas. L’hypothèse de l’agrégation peut paraître plus pertinente. C’est à dire le processus par lequel des fragments se lient entre eux pour former un amas, cycle après cycle dans ce cas précis. L’agrégation est d’ailleurs un principe créateur qui permet dans l’Univers ou dans l’eau de fournir un support pour que l’information se fixe par l’intermédiation de champs.

Dans cette analogie, on peut comprendre l’âme sans y mettre de la religion. Comme une spiritualité laïque. Le mot “âme” vient du latin anima, c’est à dire souffle ou respiration, en référence au principe vital qui animerait le corps d’un être vivant et qui perdurerait au delà. Avec pour objectif, se rapprocher d’une forme de sagesse absolue par expérimentation et compréhension, bref par un apprentissage aussi laborieux soit-il. Et si comprendre l’eau – donc 99% des molécules de nos corps d’Homo Sapiens – était une priorité ?

“Des que tu avances sur le chemin, le chemin apparaît” disait le poète mystique persan Djalâl ad-Dîn Rûmî. La physique quantique ne dirait pas autre chose.

Séparé et confondu

“En physique quantique, la dualité onde-particule exprime le fait que la lumière et la matière présentent simultanément des propriétés d’ondes et de particules” (Wikipedia). Et si dans ce grand Un, cet objet unique que nous appelons Univers, tout allait de… paires séparées et confondues. Comme toutes les étoiles naissent par paires. Comme l’expliquent des sagesses ancestrales. Comme le rapport matière-antimatière. Comme le Yin et le Yang. Comme l’ordre et le chaos. Comme le conscient et l’inconscient. Comme le macro et le micro… séparés et confondus. Tout est séparé et confondu.

Comme Berlin entre 13 août 1961 et le 9 novembre 1989, séparé par un mur mais confondu. Jusqu’à sa réunification qui avait provoqué des expressions d’amour. Ce qui arrive quand on rassemble ce qui est épars, quand une complémentarité féconde remplace une opposition stérile.

Amour

Aimer une activité, aimer un concept, aimer une chanson, aimer une chose, aimer une personne… Ici, vous l’aurez deviné, nous ne parlerons pas d’aimer la pizza ou le ski mais d’une forme d’amour plus intense, la plus essentielle : l’énergie d’amour.

Même après ce cadrage, définir l’amour en une ou deux phrases semble impossible. En tout cas les définitions proposées ici et là pour expliquer ce sentiment paraissent insuffisantes. Peut-être parce que dans le mot “amour” on place trop de choses diverses et variées. Les mots grecs storgê (amour familial), “philia” (amitié), “agapé” (amour universel) comme la référence à Éros pour l’amour physique, font des différences, et proposent un tri. Mais le plus sûr est de lier l’amour au beau, à la plénitude, à l’absolu. Car si on tombe amoureux, on s’élève en amour. La différence est à souligner. Etre amoureux est une affaire du mental (puisque la motivation est impermanente et puisque l’imagination construit une forme d’idéalisation), être en amour est une affaire de l’esprit. Ou du cœur. Ce qui revient au même.

En effet, le véritable amour est un don qui s’ignore car il est naturellement altruiste, il n’entend aucun calcul, il n’attend aucun retour, il ne peut être pragmatique, il est incompatible avec la jalousie. Il est épuré, simple. Et il n’a pas forcément besoin d’un partenaire pour s’exprimer. Pour le rendre plus intelligible avec des mots, prenons l’exemple de l’amour que l’on peut porter à un défunt. Il reste dans le cœur sans jeu d’interaction à cause de la barrière de la mort. Mais l’amour reste vivant sans attente d’un retour. Il existe en soi. Il est intemporel. Il élève.

Cette énergie d’amour est le carburant d’une vie épanouie et réussie. En effet, quoi de plus essentiel que de quitter la vie en amour, et de pouvoir offrir comme dernier message “Je t’aime” ou “Je vous aime”. Le grand récit de la vie se construit sur l’amour ou son absence. C’est d’ailleurs le grand sujet de l’art sous toutes ses formes.

Le plus important, c’est l’amour. Donc connaitre l’amour. Pas seulement le recevoir, pas seulement le donner… mais connaître l’amour, l’entendre comme l’énergie essentielle ou comme l’harmonie invisible. Puisque tout est UN – intriqué, intemporel, isotrope, homogène, indéterminé, séparé et confondu – et que nous sommes un reflet de ce UN, alors l’amour étant le plus important pour nous il est l’énergie primordiale et fondamentale partout. L’amour est l’essence de tout. Jusqu’à preuve du contraire.

Synthèse

  • Le fait que l’Univers soit composé à 95% de matière noire et d’énergie noire et qu’aujourd’hui la science ne sache pas trop de quoi il est question.
  • Le fait que l’Univers parte d’un simple point, un “atome primitif” qui se lance dans expansion effrénée sous l’action de l’énergie noire.
  • Le fait que l’Univers soit toujours UN, c’est à dire un objet et non une enveloppe, ce qui veut dire que nous ne sommes pas dans l’Univers mais qui que nous sommes une infirme partie de celui-ci.
  • Le fait que l’Univers soit homogène et isotrope.
  • Le fait que tout soit intriqué, donc interconnecté.
  • Le fait que toutes choses soient nées de cet atome primitif, par adaptation, par agrégation.
  • Le fait qu’une information ne disparaisse jamais mais se transforme.
  • Le fait que l’Univers porte ontologiquement de l’information en lui.
  • Le fait que nous ayons accès à toute information puisque tout est intriqué.
  • Le fait que par une expérience de pensée, donc par l’imagination, nous puissions accéder à de l’information non révélée à un moment donné de l’évolution civilisationnelle.
  • Le fait que toutes les lois de la physique moderne contredisent les informations perceptibles par nos cinq sens.
  • Le fait que la nature soit intrinsèquement indéterministe.
  • Le fait que la matière se constitue à partir de l’observation et de l’intention. Donc que le fait même d’observer détermine la réalité émergente.
  • Le fait qu’il n’y ait que des probabilités, pas de causalité.
  • Le fait que le temps ne soit pas universel, qu’il est poli-rythmique, pas orienté et pas linéaire.
  • Le fait que le temps disparaisse dans l’infiniment grand, l’infiniment petit, donc dans toutes les dimensions.
  • Le fait que nous soyons dans une conceptualisation humaine du temps.
  • Le fait que rien n’est stable, rien n’est déterminé, rien n’est irréversible.
  • Le fait que l’art soit une vibration créative en lien avec une émotion primordiale.
  • Le fait que nous soyons composés d’eau – 99% des molécules de notre corps – et que celle-ci porte de l’information.
  • Le fait qu’absolument tout soit fait de paires séparées et confondues.
  • Le fait que l’amour soit notre énergie primordiale en tant qu’être, soit notre essence en tant que conscience, et que cela suppose que l’amour ait une dimension universelle.

ne s’opposent pas. Il ‘y a pas de contradiction. Il y a une forme de cohérence, d’harmonie. Et du sens. La Connaissance est le préambule à l’Amour et réciproquement, l’Amour est le préambule à la Connaissance. Tout est bien, séparé et confondu. Rassemblé, on touche à la métamorphose.

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