Marilyn Monroe

Enquête Marilyn Monroe – Le samedi 4 août 1962

Le dernier jour

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Vendredi 3 août 1962

Robert Kennedy
Robert Kennedy

 Marilyn Monroe apprend que Robert Kennedy va se rendre à San Francisco. Elle appelle son ami Robert Saltzer. Elle se confie à lui. Elle lui dit qu’elle compte voir Robert Kennedy ce week-end là. Elle lui dit également qu’elle a énormément de soucis avec le clan Kennedy. Robert Saltzer se montre inquiet pour elle. Marilyn Monroe parle même d’une conférence de  presse qu’elle compte faire au sujet des Kennedy et d’une question de sûreté d’Etat. Robert Saltzer lui déconseille de la faire.

Plus tard, Marilyn Monroe tente de joindre Robert Kennedy à l’hôtel St Francis de San Franscico (confirmé par l’établissement) où il est descendu avec femme et enfants. Soit à 560 kilomètres de Los Angeles, où réside l’actrice.

Le soir, elle croit savoir que Robert Kennedy viendra chez des amis communs, les Lawford, pour une explication avec elle. Bobby a coupé tout contact avec Marilyn, sans explications. Il ne s’y rendra pas. Elle ira par défaut avec les Lawford au restaurant la Scala pour un dîner.

Mais d’après plusieurs témoignages, comme celui des policiers Daryl Gates, Lynn Franklin, et Tom Reddin, mais aussi de l’ancien maire Sam Yorty, le lendemain, samedi, Robert Kennedy sera bien à Los Angeles. Il  arrivera par hélicoptère vers 11 heures.

Samedi 4 août 1962

Matin : La gouvernante Eunice Murray arrive vers 8h30/9h00 à l’hacienda de Marilyn Monroe. Elle est levée, vêtue de son peignoir.  Il fait déjà 27 degrés. Norman Jefferies, l’homme à tout faire, s’occupe déjà de carreler le sol de la cuisine. Il sera quasiment toujours sur les lieux jusqu’à 7h30 le lendemain. L’attachée de presse Pat Newcomb dort dans la chambre d’amis.  Norman Jefferies   se souvient d’une Marilyn pâle.

Selon Jeanne Carmen, une amie de Marilyn Monroe, l’actrice lui a téléphonée à 6 heures du matin ce samedi-là pour lui dire qu’elle avait reçu des appels étranges durant la nuit. Notamment d’une femme qui l’aurait traitée de  « traînée » après  lui avoir dit « Foutez la paix à Bobby ! ». Marilyn voulait parler de certaines choses à Jeanne ce jour là, mais pas au téléphone. Rendez-vous fût fixé au dimanche.

Durant la matinée, selon l’enquête de Don Wolfe,  Marilyn  « s’entretint au téléphone avec Sidney Skolsky et mentionna qu’elle  comptait voir Robert Kennedy ce jour-là. » D’après Eunice  Murray,  le photographe Larry Schiller vint discuter d’un projet. Il devait se revoir lundi.

Pat Newcomb
Pat Newcomb
L’attachée de presse

Un peu avant midi, Pat Newcomb se lèveUne dispute éclate avec Marilyn. Possiblement la suite d’un conflit de la veille puisque l’actrice croyait rencontrer vendredi soir Bobby Kennedy afin de s’expliquer, par l’intermédiaire de Pat. D’où le renvoi de l’attachée de presse proche du clan Kennedy. Malgré l’ordre de quitter les lieux, Pat Newcomb est restée un bon moment, selon Norman Jefferies, c’est à dire jusqu’à l’arrivée de Bobby dans l’hacienda. L’attachée de presse  prétendra avoir déjeuner des hamburgers avec Marilyn Monroe. Selon Eunice Murray, l’actrice n’a pas déjeuné ce jour-là. C’est cette seconde version que confirmera l’autopsie.

Norman Jefferies
Norman Jefferies
L’homme à tout faire

Milieu d’après-midi : Norman Jefferies, l’homme à tout faire, se souvient que Robert Kennedy et Peter Lawford sont arrivés en milieu d’après-midi, entre 15 et 16 heures, qu’ils ont donné de l’argent à la gouvernante Eunice Murray et lui-même pour qu’ils quittent les lieux pendant une heure. Au retour, la voiture de Lawford avait disparu, Marilyn Monroe était en colère et effrayée, elle avait dit que Bobby l’avait menacé, raconte Jefferies : « Je ne l’oublierai jamais, Marilyn était complètement hystérique. Elle avait une trouille noire et en même temps elle était furieuse. »

Le coiffeur Sidney Guilaroff confirmera (en 1984 seulement)  l’état de Marilyn qu’il avait eu au téléphone à ce moment -là :  « Elle était complètement hors d’elle. Elle m’a dit que Bobby l’avait menacée, lui avait criée dessus, et l’avait bousculée. » Selon ses dires , Robert Kennedy lui aurait même dit  :  « Si tu me menaces Marilyn, on ne manque pas de moyens de te faire taire. »

La gouvernante Eunice Murray confirmera des années plus tard à la BBC (en 1985) que Robert Kennedy était bien venu cet après-midi là, ajoutant que des gardes du corps de Bobby avait dû s’interposer pour le protéger de la colère de l’actrice. Et qu’à ce moment, on leur avait demandé de partir.

C’est à son retour qu’elle a appelé Ralph Greenson, le psychiatre de Marilyn Monroe, très en colère après la rixe (version donnée en 1985 au New York Post). Interrogée dans le cadre d’un documentaire de la BBC (« Say Goodbye to the President ») élu meilleur documentaire anglais en 1985, Eunice Murray eut ce commentaire alors que la caméra ne filmait plus mais la bande son oui : « Pourquoi donc à mon âge dois-je continuer à cacher la vérité ? » en référence à ses témoignages de l’époque. Elle ajoutera qu’en 1962 elle avait dit « ce qu’elle pensait qu’il fallait dire »

Fred Otash, détective privé engagé par le mafieux Jimmy Hoffa, a confirmé sur ABC et au LA Times avoir enregistré via des mouchards les sons qui confirment la présence de Robert Kennedy sur place. Une dispute, voire bagarre, pendant laquelle Marilyn Monroe aurait lâché : « J’ai l’impression d’avoir été utilisée, j’ai l’impression d’être un morceau de viande ! ». Autre propos rapporté, celui de Robert Kennedy qui aurait crié « Où est-il ? Où l’as tu mis ? Il me le faut ! Ma famille te paiera pour l’avoir ».

Toujours selon Fred Otash, Robert Kennedy a appelé plus tard Marilyn Monroe, depuis la maison de Peter Lawford, qu’il espionnait également, pour la raisonner avec cette réponse de l’actrice : « Laisse-moi tranquille, sors de ma vie ! »

Vers 19h00, Le docteur Greenson quitte l’hacienda de Marilyn, lui conseille de prendre du Nembutal pour passer une bonne nuit. Il demande à Eunice Murray de passer la nuit sur place.

Peter Lawford
Peter Lawford

19h30 : A ce moment l’acteur Peter Lawford prétend avoir appelé, et avoir été inquiet pour Marilyn Monroe qui avait « une voix pâteuse » et prononçait des mots d’adieu, alors qu’il l’espérait pour dîner chez lui avec des amis. Or a cet instant elle était à priori au téléphone avec Joe Di Maggio, son second mari (les témoignages de Murray et Di Maggio concordent). S’il y a eu discussion avec Peter Lawford, elle indique plutôt (révélation de Fred Otash) une Marilyn remontée contre les Kennedy. Un coup de fil passé par l’actrice à Lawford, et non l’inverse.

20h/21h : Henry Ronsenfeld, ami intime, a eu Marilyn Monroe au téléphone, « fatiguée mais égale à elle-même ». Elle songeait se rendre jeudi à New-York, dit-elle. Son ami et coiffeur Sidney Guilaroff dit lui avoir parlé vers 20h/20h30 également.

21h/22h : Son amie Jeanne Carmen dit avoir reçu un appel de Marilyn Monroe, épuisée mais pas confuse, à l’élocution claire, mais « effrayée » et qui lui demandait de venir chez elle. Ce qu’elle ne fit pas. José Bolanos  (ami et informateur du FBI ?) aurait (d’après ses dires) également eu une discussion téléphonique vers 22 heures avec Marilyn Monroe, qui au cours de l’entretien a laissé le combiné suite à un claquement de porte sans jamais le reprendre.

Dans ce timing,   un des amis de Mme Pollard, voisine de Marilyn Monroe, s’écrit : « Oh regardez ! voilà Robert Kennedy ». Il est accompagné de deux hommes. Propos rapportés au sergent Jack Clemmons (West Los Angeles Police).

Norman Jefferies confirmera l’arrivée de Robert Kennedy avec deux hommes. Ils donnèrent l’ordre à l’homme à tout faire et à Eunice Murray de quitter les lieux. Ils sont allés chez les voisins, selon Jefferies.

Un peu avant 22h45 : Norman Jefferies et Eunice Murray retournent dans l’hacienda, dans le pavillon d’amis, raconte-t-il.  « J’ai cru qu’elle était morte. Elle était sur le ventre.  Je n’avais pas l’impression qu’elle respirait. Elle avait une couleur affreuse. Eunice a appelé une ambulance. Puis elle a téléphoné au Docteur Greenson. Il lui a dit qu’il venait immédiatement et d’appeler aussi le Docteur Engelberg.  »   Alerte est donnée quant à la santé de Marilyn Monroe. Une ambulance est envoyée sur place. « Je suis allé au portail pour attendre l’arrivée de l’ambulance. Avant qu’elle n’arrive, Pat Newcomb et Peter Lawford sont arrivés. Pat  est devenue hystérique, elle s’est mise à crier sur Eunice que j’ai dû conduire à la maison. C’était une loque. Je crois que l’ambulance est arrivée avant le Docteur Greenson », se souvint Jefferies.

Sur place également,  une voiture de police qui pourrait être celle du sergent Marvin Iannone, chargé en général de la surveillance de la maison de Peter Lawford quand JFK ou Robert Kennedy y étaient (Iannone a été promu lieutenant en juin 1963 et a intégré le renseignement).

James Hall, chauffeur d’ambulance, a expliqué, dans Globe, avoir été appelé le soir du 4 août 1962 pour se rendre rapidement chez Marilyn Monroe. « Nous étions tout près. Deux minutes plus tard, nous étions à la résidence. »

James Hall (qui est passé au détecteur de mensonges et entre les mains d’un hypnotiseur positivement) raconte qu’une femme hystérique (qui s’est avéré être l’attachée de presse Pat Newcomb) les avait conduit dans le pavillon d’amis (Guest Cottage) où ils ont trouvé Marilyn Monroe, sur le dos, comateuse, sans trace de vomi. Il dit avoir intubé l’actrice pour permettre la respiration et avoir débuté une réanimation qui commençait à fonctionner quand le médecin intima l’ordre de faire un bouche à bouche. Surpris, de cette décision, il obéit au médecin et ôta le tube. Celui-ci s’est mis à pratiquer un massage cardiaque. Les signaux vitaux se détériorant alors, il tenta une piqûre intracardiaque d’adrénaline. Mais l’aiguille a percuté une côte, et elle mourût.

Ralph Greenson
Ralph Greenson

James Hall (qui a été capable d’expliquer la décoration du Cottage) a identifié le médecin : Ralph Greenson, le psychiatre de Monroe. Il a parlé d’un policier (possiblement le sergent Marvin Iannone), ce qui confirmerait les témoignages ayant vu une ambulance et un véhicule de police vers 22h45 sur place. Mais aussi d’un homme en treillis  (l’acteur Peter Lawford qu’il pense avoir reconnu).

« J’était avec Eunice dans le living quand Marilyn est morte. On pouvait entendre Pat Newcomb hurler. On savait qu’elle était morte. Après, cela s’est mis à grouiller de partout », dira Norman Jefferies

En 1993, l’assistant de James Hall lors de l’intervention, Murray Leibovitz, confirma l’exactitude des propos. Marilyn Monroe était bien morte ainsi dans le pavillon d’amis.

Peu avant minuit,, le Docteur Engelberg arrive sur place. Le corps de Marilyn a été déplacé dans sa chambre, dans la maison.

…Une Mercedes noire fût arrêtée par la police, par l’agent Lynn Franklin, pour un excès de vitesse (plus de 90 km/h) vers l’est sur Olympic Boulevard, à Berverly Hills (voir plan ci-dessous). L’agent a reconnu sur le siège arrière l’attorney général des Etats-Unis Robert Kennedy. Au volant se trouvait l’acteur Peter Lawford. Un troisième homme était dans ce véhicule. Lawford dit au policier qu’il conduisait d’urgence Robert Kennedy au Beverly Hilton Hotel, avant de repartir. Un hôtel quatre étoiles non loin ou Bobby Kennedy a bien été vu ce jour là. Et non à San Francisco.

Olympic

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